JULIE-FRANÇOISE
née à Paris le 4 juillet 1784 mariée le 0 thermidor au XII
à Jacques-Alexandre-César
Charles
morte à Paris le 18 aie. 1817
JULIE BOUCOAUD DBS HBAETTE3 .") I
Cependant la famille liouchaud devait avoir été anoblie au quinzième ou au seizième siècle, car Pierre liouchaud, que nous trouvons établi à Nantes en i63o, portait : d'argent au chevron d'azur, accompagné en
pointe d'une moucheture de sable, au chef cousu d'or, chargé de deux roses de gueules.
La mère de Julie était une demoiselle Marguerite- Jeanne de Bergey, sœur de Michel-Louis de Bergey, écuver, lequel, après avoir été lieutenant de dragons sous Louis XVI (i), administrateur du département d'Indre-et-Loire et puis inspecteur des Contributions directes à Tours, sous la Révolution, fut nommé conseiller de préfecture au début du Consulat (2), et siégea au Corps législatif, de 1802 à 1807.
Elle était d'origine créole comme son frère (3), mais elle s'était mariée en France, et, d'après la déclaration faite par Sébastien-Raymond Bouchaud dans l'acte de mariage de sa fille, celle-ci était née à Paris, le 4 juillet 1784.
Julie n'était donc créole, que par sa mère et par le séjour de sept à huit années qu'elle fit à Saint-Domingue, car il est hors de doute qu'elle habita cette île jusqu'en 1792.
Ses parents y possédaient une propriété « établie en indigo » au Petit-Saint-Louis, quartier de Port-de- Paix. Son père y avait été attiré probablement par
(1) Il est qualifié ainsi dans un acte de donation d'une renie viagère de 240 livres consentie par lui au R. P. Guy Hédou des Brvéres, religieux des .Minimes, le 19 juin 1782. Note de M. Rabin.)
(a) 11 fut nomme conseiller de prélecture en l'an VIII, sur la présentation de Ris, sénateur d'Indre-et-Loire, et de Fontenav, législateur. (Arch. Nat. F. i« II, i56 n.)
{3) Michel-Louis de Bergey était né au petit Saint-Louis-du-Nord, ;ï Saint-Domingue, le 16 octobre 1701 , et avait quitté cette île vers 1778. 11 mourut à Tours, rue Richelieu, 71, le 23 mai 1811.
LAMAIlTINIi
deux cousins-çermains qui, vers 1770, remplissaient les fonctions de capitaines d'infanterie dans la milice (1), et pai leur sœur, qui avait épousé un M. Chabanon, que nous retrouvons un peu plus loin.
A cette époque, la place de Nantes faisait de grandes affaires. avec les colonies françaises, notamment avec Saint-Doming-ue, dont l'indigo, le sucre et le café entraient pour les trois quarts dans le commerce d'exportation.
Port-de-Paix avait à lui seul 32 caféteries, 71 indig-oteries et 6 sucreries, qui occupaient toute la population, composée, en 1790, à la veille de la révolte des noirs, de /po blancs, i3o affranchis et 8.972 esclaves.
La ville, sans avoir la réputation d'élég-ance de Jacmel, qui comptait jusqu'à trois perruquiers et deux marchandes de modes, faisait encore bonne figure, à la fin du xvme siècle, avec son lieutenant du roi et son major, seulsrestes de sa grandeur passée. Elle avait été long-temps, en effet, la capitale de l'île, mais elle était si malsaine avec ses marais, qui eng-endraient le mal de Siam, que peu à peu elle avait été délaissée par les colons, malgré la fertilité de son sol qui produisait en abondance les pois verts, les asperges, les artichauts et le muscat cher aux abeilles.
Le père de Julie était à Nantes quand éclata la Révolution de Saint-Doming-ue. La lég-ende veut, et c'est
(i) D'après une note qui m'est fournie par l'archiviste du ministère des Colonies, l'un de ces deux Bouchaud de la Foresterie, Sébastien probablement, fut nommé cadet le 20 mai 1739, puis enseigne le 1er juin 1743- 1! servit comme tel au Cap, à la compagnie Chasteuoye jusqu'en octobre 1 74S, puis au même lieu à la Compagnie Baunay. Nomme lieutenant le ier février 1749, il figura à partir d'octobre 17JI sur les contrôles de la compagnie de Forestier, en garnison au Fort Dauphin. £u 1733 on le trouve à Port-au-Prince, capitaine commandant de la Compagnie de Foresterie.
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Lamartine (jui l'a accréditée dans Raphaël, que sa mère ait péri dans le naufrage d'une chaloupe en voulant fuir de l'île, et que, après avoir été jetée par la lame sur le rivage et allaitée par une négresse, Julie ait été rendue à son père qui, dépouillé, proscrit, malade, la ramena en France à l'âge de six ans, avec une sœur plus âgée qu'elle, et mourut, peu de temps après son retour, chez de pauvres parents, en Bretagne, où ils avaient été recueillis (i). Mais cette légende est aux trois quarts fausse. Il n'y a de vrai que la ruine du père et la mort de la mère, encore ne suis-je pas sûr qu'elle ait péri de la façon tragique qu'on vient de voir. Des documents authentiques que j'ai sous les yeux il appert seulement que Mme Bouchaud desHérettes n'accompagnait pas son mari quand il débarqua à Nantes à la fin de l'année 1792. Bouchaud, qui ne devait mourir que le 7 janvier 182 1, n'avait ramené avec lui que sa fille Julie. L'autre, Marie-Chantal, qui devait avoir une dizaine d'années de plus qu'elle, était restée avec son mari à Saint-Domingue, où ils avaient de grands intérêts et où elle mourut en 1790. Julie fut recueillie à son arrivée à Nantes par un oncle à la mode de Bretagne, Pierre-Julien Bouchaud, marié à Cécile Plumard de Rieux, sa cousine, qui était né à Saint-Domingue et possédait à Chantenay, aux portes de Nantes, un très beau castel, dit le Plessis-la-Musse (2). Elle demeura dans cette ancienne maison seigneuriale tout le temps que dura la Terreur, car elle était tombée de
11 Raphaël, dernière édition, p. 52.
Le l'Iessis-la-Musse est un castel de style Louis XIII, qui fut bâti en i634 et qui porte encore à son fronton le chiffre des Bouchaud: F. B. Comme je le dis au chapitre liminaire de ce livre, il est situé en bordure d'un ancien chemin ouvert dans ses dépendances, auquel on a donné par hasard, il y a environ deux ans, le nom de Lamartine.