CHAPITRE II
JULIE BOUCHAUD DES HÉRETTES
I. — Origines paternelles de Julie Bouchaud des Héreltes. — Une vieille famille nantaise. — Armoiries des Bouchaud. — Tableau généalogique de la famille Bouchaud depuis le xvn« siècle. — La mère de Julie. — Michel-Louis de Bergey, son oncle maternel. — Comme quoi Julie n'élait créole que par sa mère. — Les propriétés de ses parents à Saint-Domingue. — Description de Port-de-Paix. — Les Bouchaud aux Antilles. — Une fausse légende accréditée par Lamartine. — Après la Révolution de Saint Domingue, Julie est ramenée à Nantes par son père. — Elle est recueillie par un oncle au Plessis-la-Musse, aux portes de Nantes. — Elle y demeure jusqu'en 1790. — Situation embarrassée de son père. — 11 la confie à son oncle de Bergey, qui la fait élever à Paris.— Les pensionnats sous le Directoire et le Consulat. — Une page inédite des Mémoires de Guttinguer. — Le pensionnat de la citoyenne Maisonneuve. — Relations de la famille de Julie avec le Consul Lebrun. — Julie lui recommande son père.
— Lettre de Lebrun à Letourneur, préfet de la Loire-Inférieure, eu faveur de Sébastien-Raymond Bouchaud des Héreltes.
II. — M. de Bergey est nommé membre du Corps législatif. — La propriété de la Grange-Saint-Martin, achetée par lui, comme bien national. — Julie y habite à la fin du Consulat.
— Comment elle fit la connaissance du physicien Charles. — Charles deTalmours, procureur du roi à Saint-Domingue. — La maison de Charles à Tavers, près Beaugency. — Son portrait par Lamartine. — Désirée Pelleport et Bernardin de Saint-Pierre. — La réputation d'aéronaute de Charles. — Ses difficultés avec le père de Julie, qu'il compare au person-
3 LAMAIUINE
nage de Western, du roman de Tom Jones. — Le contrat de mariage de Julie. — Soa apport et celui de Charles. — Fausse déclaration de ce dernier au décès de sa femme. Mariage de Julie à Saint-Palerne, près Tours. — Sonportrait, d'après Lamartine et d'après la miniature d'Elouis. — M. et Nfme de Vindé. — Caractère de Julie. — Son antipathie pour M|iie Suard. — Sa correspondance avec le baron Mounier. — Mme de Tilly, M. de Landriève et M. de Loménie. — Le mariage de ce dernier. — Sa carrière militaire. — Elevé et poussé par Julie, qui le recommande au prince de Poix et à M. de Vaudreuil. — Origines des familles Landriève et Legardeur. — La dot de Thaïs Landriève-Desbordes lors de son mariage. — Les thés de Julie sous la Restauration. — Parlementaires qui fréquentaient chez elle : Lally-Tollendal, Laine, de Bonald, de Rayneval, etc. — Son indifférence en matière de religion. — Sa mentalité, lors de sa rencontre, en 1816, avec Lamartine.
Julie-Françoise Bouchaud des Hérettes appartenait par Sébastien-Raymond, son père, à une ancienr" famille de négociants nantais dont plusieurs fure échevins, juges-consuls des marchands, auditeurs aux comptes et trésoriers généraux des finances.
Sébastien-Raymond Bouchaud, qui avait vu le jour à Nantes le 6 août iy38, était le dernier né de huit enfants issus du mariage de René Bouchaud dos Hérettes, auditeur aux comptes, et de Jeanne Charet, dont le père, natif de la Salle, diocèse d'Orte, Italie, avait été naturalisé au mois de mai i683.
Ce nom de des Hérettes ne constituait pas un titre de noblesse; René Bouchaud ne l'avait pris que pour se distinguer de ses frères qui s'appelaient, l'un de la Pignonnerie, et l'autre de la Foresterie.