‹ Lamartine de 1816 à 1830Chapitre 11 sur 89 · b.mrl · texte numérisé non relu

b.mrl

au PIcBsis-

3^^(,vncr

né à Saint-Jean-

marié le

Baptiste (SninuDomineue)

t-n-Chantcnay

i/| avril 1766 à

il 11 Parlement

de la Clastièrc

cembre 1783

â Cécile-Jeannc-

Scholasliqne

Plumard de 11ieu\,

1737 né le ag seplembre né le :t

à Saint-Nicolas à Saint-Nicolas

Il ^tnrgiiPfîm.Iwnnn dc BCTZCV dijcédi r Nantes, lé 7 jlTnvier

i Jarijucs' orlc â Pari« le

thermidor Charles

déc. 1817

JULlt: UUl CHAUD UtS HÉUETTES 5l

Cependant la famille Bouchaud devait avoir été anoblie au quinzième 'ou au seizième siècle, car Pieire iJouchaud, que nous trouvons établi àXantcsen i(»ao, portait : d'arçenl au clievron d'azur, accompaiçné eu pointe d'une mouclietuie de sable, au chef cousu d'or, chargé de dftjux roses de y^ueules.

La mère de Julie était une demoiselle Marg'uerite- Jeanne de lîerçey, sœur de Michel-Louis de nerej-cv, écuyer, lequel, après avoir été lieutenant de dragons sous Louis XVI (i), administrateur du département d'Indre-et-Loire et puis inspecteur des Contributions directes à Tours, sous la Révolution, lut nommé conseiller de préfecture au début du Consulat (2), et siégea au Corps législatif, de 1802 à 1807.

LUc était d'origine créole comme son frère (3), mais elle s'était mariée en France, et, d'après la déclaration faite par Sébastien-Raymond Bouchaud dans l'acle de mariage de sa fdle, celle-ci était née à Paris, le 'i juillet 1784.

Julie n'était donc créole, fjue ])ar sa mère et par le séjour de sept à huit années qu'elle fit à Saint-Dominirue, car il est hcjrs de doute qu'elle habita celte île jusqu'en 1792.

Ses parents y possédaient une propriété « établie en indigo » au Petil-Saint-Louis, quartier de Port-de- Paix. Son père y avait été attiré probablement par

(il II osl qiialifit- ainsi dans un acte de donation d'nne rente viaifcre de 24<t livres riinspDlie [isr lui au l\ . P. Guy H'-doii des Hi-yères, religieux des Minimes, le 19 juin ]-><2. .\()l<- de M. IJaljiti.)

(2| 11 fui nomme conseilliT de préleclurc en l'an VIII, sur la pr<'-sciilalion de Kis, sénatrur d'Indrc-ct-Loire, el de Fonlenay, li-eislatcnr. (Arrh. Nal. F. 1' II, i56 it. )

.'.) Micliel-Louis de Hcriicy t'iail né au petit Sainl-Louis-du-Nord, à Sainl-Dominipie, le iG octobre 1751, cl avait quitté cette ile vers 1778. Il mourut à Tours, rue Richelieu, 71, le 33 mai 181 1.

52 LAMAUTINIL

deux cousins-germains qui, vers 1770, remplissaient les fonctions decapitainesd'infanteriedanslamilice (i), et pai leur sœur, qui avait épousé un M. Chabanon, que nous retrouvons un peu plus loin.

A cette époque, la place de Nantes faisait de grandes affaires avec les colonies françaises, notamment avec Saint-Domingue, dont l'indigo, le sucre et le café entraient pour les trois quarts dans le commerce d'exportation.

Port-de-Paix avait à lui seul 82 caféteries, 71 indigoteries et 6 sucreries, qui occupaient toute la population, composée, en 1790, à la veille de la révolte des noirs, de 4-'^o blancs, i3o affranchis et 8.972 esclaves.

La ville, sans avoir la réputation d'élégance de Jacmel, qui comptait jusqu'à trois perruquiers et deux marchandes de modes, faisait encore bonne figure, à la fin du xvni^ siècle, avec son lieutenant du roi et son major, seuls restes de sa grandeur passée. Elle avait été longtemps, en effet, la capitale de l'île, mais elle était si malsaine avec ses marais, qui engendraient le mal de Siam, que peu à peu elle avait été délaissée par les colons, malgré la fertilité de son sol qui produisait en abondance les pois verts, les asperges, les artichauts et le muscat cher aux abeilles.

Le père de Julie était à Nantes quand éclata la Révolution de Saint-Domingue. La légende veut, et c'est

(i) D'après une note qui m'est fournie par l'archiviste du ministère des Colonies, l'un de ces deux Bouchaud de la Foresterie, Sébastien probablement, fut nommé cadet le 20 mai 17.39, puis enseigne le i'^"' juin 1742. Il servit comme tel au Cap, à la compagnie Chasteooye jusqu'en octobre 1748, puis au même lieu- à la Compat^nie Baunay. Nomme lieutenant le i«' février 1749, il figura à partir d'octobre 1701 sur les contrôles de la compagnie de Forestier, en garnison au Fort-Dauphin. En J753 on le trouve à Port-au-Prince, capiiaine commandant de la Compagnie de Foresterie.

JULIE HOirCIIVLD DES MEIIKTTES

Lamartine qui Ta accréditée dans /î^//>//a/'7, que sa mère ail péri dans le naufraii;e d'une chaloupe eu voulant fuir de l'île, et que, après avoir été jetée par la lame sur le rivage et allaitée par une nég^resse, Julie ait été rendue à son père qui, dépouillé, proscrit, malade, la ramena en France à l'ilue de six ans, avec une sœur plus âgée qu'elle, et mourut, peu de temps après son retour, chez de pauvres parents, en Bretagne, où ils avaient été recueillis (i). Mais cette légende e^st aux trois quarts fausse. Il n'y a de vrai (jue la ruine du père el la mort de la mère, encore ne suis-je pas sûr qu'elle ait péri de la façon tragi<pie (|u'on vient de voir. Des documents authentiques que j'ai sous les yeux il appert seulement que M""-' Bouchaud desHérettes n'accompagnait pas son mari quand il débarqua à Nantes à la Hn de l'année 1792. Bouchaud, qui ne devait mourir que le 7 janvier 1821, n'avait ramené avec lui que sa fille Julie. L'autre, Marie-Chantal, fpii devait avoir une dizaine d'années de plus qu'elle, était resiée avec son mari à Saint-Domingue, où ils avaient de grands intérêts et où elle mourut en 1795. Juli(; fut recueillie à son arrivée à Nantes par un oncle à la mode de Bretagne, Pierre-Julien Bouchaurl, marié à Cécile Plumard de Uieux, sa cousine, qui était né à Saint-Domingue et possédait à Chantenay, aux portes de Nantes, un très beau castel, dit le Plessis-la-Musse (-.î). Elle demeura dans cette ancienne maison seigneuriale tout le temps que dura la Terreur, car elle était tombée de

I) Raphaël, dcrni<Te édition, p. .')!».

(a, Le i'Iessis-la-Musse est un caslcl de style Louis XIII, qui fut b.-Ui en 1634 et qui porte encore à son fronton le chiffre des Houchnnd : F. B. Comme je le dis au chapitre liminaire de ce livre, il esi siiii»'- en bordure d'un ancien chemin ouvert dans ses df^pendanccs, auquel on a donné j>ar hasard, il v a environ deux ans, le nom de Lamartine.

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