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protluisait ces inorvcillcs ? Un mousquetaire réformé de viut^^l-neuf ans (i). «
J'ai cité tout au lont^- ce passai^e des Mriiwircx de Brifaut, parce qu'il est inconnu et qu'il donne bien l'idée de l'action exercée par Lamartine sur tous ceux (jui l'entendaient.
Ce récit est d'ailleurs confirmé par tous les témoignages du temps. Nous savons que Villcmain fut transporté par les Mèdit<ilions,(\\x(i Talleyrand passa toute une nuit à les lire, que Mole, Pasquier, JNIounier et tous les doctrinaires qui étaient les plus anti-poètes de la terre en parlaient avec enthousiasme, que le roi Louis XVIII, fjui était un tin lettré, accorda une pension au jeune poète après les avoir annotées de sa main, bref, que les Parisiens « frappés de folie comme les Abdéritains qui répétaient sans cesse le chœur d'Euripide : Amour, puissant amour ! s'abordaient en récitant quelques stances du Lac. »
« ( )n ne saurait s'imaginer aujourd'hui, dit Théophile Gautier, après tant de révolutions, d'écroulements et de vicissitudes dans les choses humaines, après tant de systèmes littéraires essayés et tombés en oubli, tant d'excès de pensée et de langage, l'enivrement universel produit par les Méditations. Ce fut comme un
iflle de fraîcheur et de rajeunissement, comme une pal[>itation d'ailes qui passaient sur les âmes. Les jeunes gens, les jeunes filles, les femmes s'enthousiasmaient jusqu'à l'adoration. Le nom de Lamartine était sur toutes les bouches... Jamais succès n'eut de proportions pareilles (2 . »
i) Œuvres de Charles Brifaut, piiljlif'es en i8."8 cliez l'iuspcr Diard, t. I, p. /i'ji cl suiv.
(3) Cf. Portraits contemporains.
Il n'y avait guère que les classiques attardés qui, pour contrecarrer l'opinion générale, s'évertuaient à tourner le jeune poète en ridicule. « On l'appelle le poète des prosateurs^ écrivait Soumet à Jules de Rességuier, et l'on ne se doute pas de l'éloge que renferme ce jugement (i). »
Quant à M'"^ de Genlis qui, au dire de la duchesse de Broglie (2), faisait cause commune avec Luce de Lancival, Legouvé et Baour-Lormian, je crois bien qu'il y avait dans son opposition un peu de rancune. Elle n'ignorait pas que Lamartine était le petit-fds de de M'"*^ des Roys, ancienne sous-gouvernante des enfants du duc d'Orléans, et comme elle avait eu mainte fois maille à partir avec elle, du temps qu'elle l'avait sous ses ordres au Palais-Royal, elle ne devait pas être fâchée de faire payer au jeune poète des Méditations les arrérages de sa vieille antipathie contre sa grand'mère.