I.XMAUTINE ET l'ÉCOLE nO.MANTIQUE
1ère de la Justice coiiiine secrétaire j^éiiéral de M. de Courvoisier. Lors delà retraite de ce dernier (mai i83o) il devint conseiller à la Cour de cassation. Nommé, après le coup d'Etal, meinlire du conseil supérieur de l'instruction [)ubli(]ue, il quitta, en i8r)(i,la magistrature pour aller remplir les fonctions de recteur de l'Académie de Toulouse. Mais il rimait encore dans ses heures de loisir (i), et je suis convaincu qu'on trouverait dans ses papiers plus d'une pièce de vers, ne fûtce que des traductions d'Horace, du temps qu'il portait la robe rouij^e fourrée d hermine. Ge qui me fortifie dans cette croyance, c'est qu'au printemps de 1861 la mort du fils de M, de Carbonel, receveur des finances de Toulouse, lui ins[)ira les vers suivants que je dois à l'oblig-eante communication de M. Marsan, professeur à la Faculté des lettres de celte ville :
Le front enveloppé de deuil,
Des inorls je visitais la cendre :
Qui de nous, au [)icd d'un cercueil,
N'a pas des larmes à répandre?
J'errais, d'un pieux trouble en secret aqité, Sur ces confins du temps et de rélernité. L if aux pâles rameaux m'appelait sous son ombre ; Car l'astre qui remplit limmensilé des cieux, En couvrant ces tombeaux d'un rcllet radieux, De mon cœur attristé rendait la nuit plus sombre.
Je me disais : Ce flambeau qui nous luit Kclairc le néant de nos vaines pensées, Tant de stériles vœux, tant d'ardeurs insensées, Puis ce morne silence après un peu de bruit ! Si du moins on n'entrait dans ces muets abîmes Diip [>ar de lonçs détours sur le sol des vivants !
Mais la mort choisit ses victimes
1) Il resta fidèle aussii à ses premières amitiés liltéraires. BriPaut
. rivait à Lamartine le 26 octobre iSafj, à propos de sa candidature à
1 Acadi'mii- franraise, qu'il i'cntj.'iL'cail à venir iasoutcnirdc sa personne:
• Voln- ami Rocher, qui a dîné hier chez moi, est tout à fait de mon
avis. Voire résistance le désespère. »
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Dans une vie en fleur comme au déclin des ans. Approchons de ce lertre où des mains fraternelles, Tremblantes, ont jeté des toufles d'immorlelles ; Un nom, type d'honneur consacré par le temps.
Au sein du marbre noir rayonne ; Naguère il abritait, ainsi qu'une couronne, Uq front paré de ses dix-sept printemps.
Ce lys déposé sous la pierre S'élevait au matin, embelli par l'espoir.
Et ce n'est pas le vent du soir
Qui Ta fait pencher vers la terre ! Sur quelle haute cime as-tu pris ton essor. Jeune àme, de tendresse ineffable trésor, Parfum que recelait un vase plein de grâce?
Dieu du ciel, découvre ta face!
Sacrés parvis, ouvrez vos portes d'or!
Mon œil, comme un rayon qui traverse la nue. De la voùle de feu sondant les profondeurs, Entrevoit sous l'éclat des divines splendeurs Ces nobles traits empreints d'une joie inconnue. C'est là (dernier refuge offert à nos douleurs, Terme de notre exil sur la rive étrangère) Que le retrouverait le regard d'une mère.
S'il n'était voilé par ses pleurs.
En haut comme ici-bas veillant sur ceux qu'il aime,
Au passé liant l'avenir, Invisible à leurs yeux, il guidera lui-même Leurs pas mieux assurés jusqu'à l'heure suprême
Oui doit un jour les réunir.
Son souffle affermira leur force qui succombe ; De leurs communs deslins resserrant le faisceau.
Il fera tenir à sa tombe
Les promesses de son berceau.
Oh! descends de ton ciel! sur eux plane en silence! Le calme leur viendra d'où leur vient la souffrance; Qui fait couler leurs pleurs peut seul les essuyer. Par ton magique attrait révèle ta présence;
Comme aux jours de ton enfance, *
Sois l'ange de leur foyer !
Ces vers n'ont rien de romantique et font effectivement plutôt song-.er à Fonlanes qu'à Lamartine; mais ils sont faciles, d'un tour agréable, et j'exprime