‹ Lamartine de 1816 à 1830Chapitre 61 sur 89 · I.AMAUTINK · texte numérisé non relu

I.AMAUTINK

tôt trop bas. On dit que vous tous l'avez excommunié. Je ne puis le croire. Cela me rappelle les cris que l'on jeta parmi nous lors des premières Méditations ; par combien d'applaudissements les avons-nous éloufTées! Je n'ai reçu à son sujet aucune lettre de nous! J'ai lu attentivement à plusieurs reprises et seul, ses deux nouveaux ouvrag'es, et je veux vous dire ce que j'en pense pour savoir avec lequel de vous je me serai accordé. Je ne veux d'abord parler que de l'ouvrage, je vous dirai ensuite deux mots sur l'auteur. Je parierais que vous ne les avez pas assez distingués, vous êtes trop près.

(iSocrate est un ouvrage très bien composé et auquel on ne peut pas refuser une poésiegrave et majestueuse. Je veux bien que Platon en ait fait une partie, tout cela est plus beau par les vers, et il y en a d'une sévérité mâle qui m'a ému, et l'émotion ne se trompe jamais (i).Mais Psyché est trop longue et sans grâce, elle interrompt un puissant intérêt, et si l'auteur voulait mettre les tableaux de Raphaël, il fallait en choisir un, celui qui avait le plus de rapport avec le moment, l'immortalité de l'âme. Je renoncerais pourtant difficilement à ce rayon de poésie qui pénètre dans le cachot, mais je voudrais l'épurer. Il y a là un poignard, une goutte de bien mauvais goût, mais les deux gouttes pour les dieux me paraissent d'une grande beauté. Je trouve que Lamartine a manqué son ciel comme tous ceux qui en ont fait, car nous ne connaissons que le malheur. Je n'aime pas les âmes qui sefécondent,etPhédon est par trop anacréontique. Quel parti notre grand Soumet eût tiré de ce grand

(i) c'était déjà le^vers de Musset :

Mais une larme coule et ne se trompe pas.

ismvrtim: f.t i.'f:cot.r. udMASTioii: 279

sujrl! II m'en avait un jour confié le projet. Son plan était ailmirahle, et il sera peut-être forcé d'y renoncer; ce Socnitr ébauché fera peut-être trop de bruit pour qu'on ait l'air original en le traitant. Les sots iront toujours chercher le germe de ses beautés dans un hémistiche de l'autre. Je pleure tous les jours cette iiagédie, je la pleure avec les larmes de la postérité.

(( Quant aux Méditations, certes l'ensemble de ces nouvelles Mt'ilitations est fort inférieur aux premières; le ton est désuni et on a l'air d'avoir ramené toutes les rognures du premier et les essais de l'auteur depuis qu'il est né... Ce[)en(lant, je le dis avec vérité, je ne crois pas que M. de Lamartine ait rien fait qui égale les Préludes et les dernières strophes surtout, Bonaparte et le Chant d'amour. Il y a, en général, dans tous ses ouvrages une verve de cœur, une fécondité d'émotion qui le font toujours adorer, parce qu'il est en rapport avec tous les cœurs (i). »

Voilà ce que pensait Vigny de Socrate et des Médita t ions.

Les Harmonies ne firent qu'augmenter son enthousiasme. J'ouvre son Journal et je lis sous la date de

.\2'. « Je n'ai jamais lu deux harmonies ou méditai.uns de Lamartine sans sentir des larmes dans mes yeux. Quand je les lis tout haut, les larmes coulent stirma joue. Heureux quand je vois d'autres yeux plus humides encore que les miens! Larmes saintes! larmes bienheureuses, d'adoration, d'admiration et d'amour (2)! »

i; Victor Ilago avant iS.'io, pnr Edmond Biré.

' •) C'est à peu de chose |irès re que pensait Eucrénie de Gucrin : • Tous les soirs, f'crivait-ellc à son frcro, je lis quelque Harmonie de I^nmarline; j'en apprends des morce.nux par cœur, et cette élude me . 'i.irmc et fait jaillir je ne sais quoi de mon âme qui me transporte

aSo LAMAr;riNE

Juste Olivier, qui le fréquentait en i83o, raconte en ses Souvenirs, qui sont si précieux pour l'histoire littéraire de ce temps, une conversation à laquelle il assista chez Alfred de Vig-ny,un soir qu'elle était tombée sur les Harmonies, qui venaient de paraître:

« On a parlé de M. de Lamartine (en ce moment à Mâcon),en sorte que je ne l'ai point vu. M. de Viijny en a vanté encore les derniers vers {les Harmonies). — « C'est si beau! c'est si large!... peut-être trop ! » a-t-il ajouté en riant, et la petite critique est venue. J'avoue qu'elle m'a fait plaisir ; elle sentait un peu le confrère. Ces Messieurs trouvaient fat le Dernier regret, surtout l'endroit: Ainsi quand je partis, etc. M. de Vigny a cité ce vers : Dans sa première larme elle noya son cœur. « C'est joli, c'est gracieux, » disaitil. Tous critiquaient Idipremiâre étoile dans mon ciel ; « Il y a quelques vers enjambés dans ses Harmonies , ajoutait M. de Vigny, mais peu. Il n'ose pas encore. Il n'ose pas toujours dire les choses par leur nom : l'eau qui sort d'une urne écumante au lieu d'une boni l lotte .hdLm^v\AV.Q me dit il y a quelque temps qu'il avait acheté les tableaux de Martyns : le Festin de Balthazar, etc. Quelle gravure ?demandai-je, les gravures anglaises, j'espère. — Non. — Oh! bien, mon ami, on vous a volé ; les autres ne valent rien. — Qu'est-ce que cela me fait ? Ce ne sont pas les détails que je veux, c'est l'idée. » — Et M. Gustave Planche de laisser échapper une exclamation de dédain. — Sans doute, ce n'est pas amusant, disait Vigny à Musset, en parlant àt^ Harmonies, mais, tenez! la Bible,

loin du livre qui tombe, loin de ceux qui parlent auprès de moi ; je me trouve où sont ces esprits qui balancent les astres sur nos tètes, et qui vivent de feu comme nous vivons d'air. » (Journal d'Eugénie deGuérin, Il avril i835.)

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croyez-vous que ce soit amusaut ! La Bible n'est pas amusante, je le sais bien, moi!... — Enfin, dit xMussct, je ne sais pas, ces Harmonies... tout cela ne vaut pas

" niblas ! ... »

(Suivre Musset! il ne devait pas toujours préférer

Fanhids aux poésies de Lamartine. En ce temps-là le dandy blond et rose qu'il était s'amusait, entre une ballade à la lune et quelques strophes de don Parc, à effrayer les bourt^eois de son quartier en se promenant le soir dans la rue avec une tète de mort allumée sur la sienne. <JueI(jucs années plus tard, sa liaison avec George Sand allait mettre tin à ces folies, et des chants désespérés a qui sont toujours les plus beaux», les vers des Xuifs allaient jaillir de soncœur, comme le sani^- d'une blessure mortelle, a Tout cela ne vaut pas Faublas l » Ah! si Lamartine avait eu vent de celte boutade qui, prise au sérieux, serait un pur blasphème, quel parti il en eût tiré dans l'admirable Entrctirn qu'il fit sur la mort de Musset, pour s'accuser d'avoir méconnu son génie ! Je l'entends encore exprimer le regret, à propos des Stances à la Malibran, que le poète qui les avait écrites n'eut [)as uni sa destinée à celle qui les avait inspirées : « Voilà, s'écriait-il, la vision à la fois charmante et surnaturelle que le hasard aurait dû placera temps sur la route du poète dont nous parlons! \o\\k\t Sursiim corda qu'il fallait à ce jeune homme pour l'empécher do regarder jamais ailleurs. Ils étaient jeunes, ils étaient libres, ils étaient beaux, ils étaient poètes au moins autant l'un que l'autre; ils pouvaient s'attacher saintement dans la vie l'un à l'autre aussi indissolublement que la musique s'attache aux paroles dans une mélodie de Cimarosa !... »

On dit que cette union si bien assortie quant au talent avait été un moment le rêve de Musset, mais il laissa passer l'heure, et, quand la IMalibran mourut, s'il l'immortalisa en des vers qui sont comme un écho direct des Méditations et des Harmonies^ ce n'est pas lui qui fit son épitaphe, c'est le poète « vieilli» à qui il reprochait un jour de le traiter en enfant (i). Car Lamartine aussi aimait beaucoup la « sainte artiste » et il était fier d'avoir remué son « cœur d'ange et de lion » avec les vers que Musset sacrifiait si cavalièrement aux Aventures de Monsieur de Faublas (2).

Je reviens à Vigny. Il disait donc à Musset que la Bible n'est pasamusante. Oui a jamais soutenu lecontraire? Mais c'est la source incomparable, unique, où les poètes épris du merveilleux et du divin, les poètes élégiaques comme les poètes épiques, Racine, Milton, Klopstock, sont venus puiser et puiseront toujours. Et si Lamartine et Vigny ont tant d'affinités entre eux, si j&Zoa semble une page détachée du poème des Visions que Lamartine ne fit malheureusement qu'ébaucher, si les Elévations de l'un font songer aux Méditations de l'autre, cela tient à ce que la Bible fut leur livre préféré à tous les deux.

Mais, de même que le vers de Lamartine est moins sobre, moins ramassé^ que celui de Vigny, plus moliniste que janséniste, de même aussi son esprit est beau-

(i) Voici cette épitaphe:

Beauté, génie, amour furent son nom de femme Ecrit dans son regard, dans son cœur, dans sa voix, Sous trois formes au ciel appartenait celte âme : Pleurez, terre, et vous, cieux, accueillez^la trois fois. (2) Lire dans les Lettres à Lamartine celle que la Malibran lui écrivait de Balh (Angleterre), le ii août i83o.

J'aurais beaucoup à dire sur l'admiration de i\russet pour Lamartine, mais c'est un sujet que je me réserve de traiter à fond dans mon livre sur le poète de RoUa.

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coup plus larço. On sent, à la hardiesse de ses conceptions, qu'il a respiré l'air lil)re du mont Liban, Un soir qu'ils causaient ensemble dans le salon de la marquise Edouard de La drançe, Vi;,niy, lui ayant demandé s'il pensait comme Inique l'islamisme n'est qu'un c/irisfiani'sme corrompu, hilficandaiVisi' de l'entendre lui répondre que c'était au contraire un cJiristianismc purifié.

C'est aujourd'hui l'opinion d'un ancien prédicateur de Notre-Dame qui, malgré ses variations, est demeuré profondément chrétien. J'ai nommé le Père Hyacinthe. Du temps qu'il portait la robe de carme il rapprochait déjà l'islamisme et h* christianisme. Depuis qu'd a visité l'Orient sous l'habit du siècle, il met à certains éî^ards le premier au-dessus du second. Pourquoi? Vi^ny disait à Lamartine « que le Coran arrête toute science et toute culture; que le vrai mahométan ne lit rien parce tout que ce qui n'est pas dans le Coran est mauvais et qu'il renferme tout( i) ». Et Lamartine lui répondail queles mahomélans étaient plus civilisés que nous à cause de la charité extrême entre eux. C'est évidemment pour cela que le Père Hyacinthe, sans mettre le Coran au-dessus de l'Evançile, donne la pré-

rence aux sectateurs de Mahomet. Il ne suffit pas, en ertet, qu'une relit^ion soit basée sur la charité, il faut encore, il faut surtout qu'elle soit pratiquée dans cet esprit, et malheureusement le christianisme laisse beaucoup à désirer sur ce point (2).

(i) Le Journal d'an poète, p. i.3o.

(t) Après avoir lu es lignes, que j'avais cru devoir lui sonmettrc, le P. " " ' " TJvit ; « La remnrque que vous faites est justf : il y

a ; ■.Ire les musulmans riu'entrc les eiiri'liens. J'ajoiile

qii . siiperslilions, je devrais dire pciil-rtre des idolâtries

par lesquelles uuiis avons détii^uré la reliçion de l'Evanijile, ils ont conservé un monothéisme aussi grandiose que simple. » (Lettre du lo scp- ■ mbrc 1905.)

Quoi qu'il en soit, le mot de Lamartine le ju^e et nous donne la mesure de son inlellig'ence et de son cœur. Chrétien de naissance, il avait appris de sa sainte mère à mettre ses actes d'accord avec ses principes, et l'on peut dire que le çrand ressort de sa vie privée et de sa vie publique fut la charité évangélique et chrétienne.

Vigny, qui avait été élevé à la même école, avait mis plus d'une fois sa bonté à l'épreuve. Après avoir, dans Chatterton, réclamé pour le poète le droit de vivre, il avait songé à le faire consacrer par le Parlement et avait proposé, en i838, à Lamartine de rédiger en forme de pétition un projet de loi conçu dans les termes que voici : « Si un poète a produit une œuvre qui obtienne l'admiration générale, il recevra une pension alimentaire de deux mille francs. Si après cinq ans il produit une œuvre égale à la première, sa pension lui sera allouée pour sa vie entière. S'il n'a rien produit dans l'espace de cinq années, elle sera supprimée (i). » Mais la générosité native de Vigny n'avait d'égale que sa naïveté. Il fallait effectivement être bien naïf pour supposer que le gouvernement de Louis-Philippe, qui avait tant à se plaindre de l'opposition du prince des poètes qui siégeait au plafond de la Chambre, s'intéresserait au sort de ses malheureux congénères. Il s'y intéressait si peu que, deux ans après, si Lamartine n'avait fait parmi ses collègues de la Chambre une quête qui produisit 455 francs, Lassailly serait mort de faim. Vigny, qui avait demandé pour lui un secours au gouvernement, n'en avait même pas obtenu de quoi le nourrir pendant dix

(i) Journal d'an poète, p. 129.

LAMARTINE ET I.KCOLK nOMVNIIcJl'K 2^5

jours (i). Un peu plus tanl, c'était Jaiis les premières années de l'Empire, Lamartine, ayant ap[)ris par Auîi^uste Barbier que lîrizcux n'avait pour vivre qu'une pension de 2./|()o francs, alla trouver M, Fortoul, ministre de l'instruction publique, qui lui avait des obligations personnelles, et obtint que cette pension fût portée à S.ooo francs (2).

Toute sa vie se passa ainsi à secourir les uns et les autres.

Cependant Vig-nVjqui était si bien fait pour le comprendre, ne comprit jamais son rôle ^0(7V//(3). Je me sers du mot que Lamartine avait créé pour définir sa politique. Il lui avoua lui-même un jour qu'il n'était d'accord avec lui sur rien. Sur rien! c'était beaucoup dire. Il lui fut reconnaissant au fond d'avoir mis la poudre et la mèche sous le trône de Louis-Philippe dont l'avènement avait ruiné à tout jamais ses espérances. Quand le peuple l'eut fait sauter, il applaudit comme tout le monde à cette révolution du mépris public; il brii^ua même, sous les auspices de son ami, le mandat de député dans le département de la Charente. Mais la Charente était déjà convertie au bonapartisme; il fut battu par un partisan de la politique césarienne. « Il n'y a plus, éciivait-ildans son journal en i8/jo, il n'y a plus dans notre organisation toute démocratique et républicaine, depuis 179.', qu'une forme qui convienne : c'est une république avec une aristocratie d'intelligence et de richesse élégante. Le ♦'Mups en refera une autre. » Mais il n'avait pas prévu

[\) Journal d'un pn. le, p. ir>3.

' (2) Souvenirs d'Auf/uste Barbier, p. 27g.

(3) Je b>'nirais los rûvoliilions, lui ('crivail-il le 24 mars i83a, si elles ne faisaient d'autre mal que de rendre à la soliliidc les vcrilable-; cl grands poêles, tels que vous, mon ami... (Lettres à Lamartine, p. i/|0.)

les journées de Juin. Elles mirent fin à son enthousiasme qui n'avait été que de surface. Il alla se terrer dans ses bois du Maine-Giraud et pendant quatre ans ne donna aucun signe de vie. Rentré à Paris après le coup d'Etat, il se rallia doucement et sans bruit au gouvernement de celui qui, à ses yeux, avait sauvé l'ordre, a II était trop honnête homme et trop patriote, a dit Lamartine, pour chercher dans le socialisme un appui ou une vengeance. Il se repentait de l'avoir flatté et encouragé littérairement dans Chatterton, ce toast de vin de Champagne, an dessert^ d'une utopie mal conçue et malfaisante ; il le redoutait pour la société comme la mort. Pvépublique comme moi, empire comme Napoléon, celui qui le délivrerait de ce cauchemar des prolétaires était son idole,, il voulait un sauveur à tout prix, même au prix du parlementarisme, qu'il n'estimait pas plus que moi... Il se décida pour Napoléon (i). »

Cela ne l'empêcha pas de garder à Lamartine son estime et son amitié : il avait tant de raisons pour lui demeurer fidèle. Quand il avait perdu sa mère — et sa mère était tout pour lui — Lamartine était allé lui porter moins des consolations que des larmes, sachant par expérience tju'il y a des pertes dont on ne se console jamais (2). Lors de sa réception à l'Académie française,

(i) Souvenirs el portraits, p. i6o.

(2* Lui-même, après la mort du père de Lamartine (août i84o), écrivait à son ami : « Votre blessure a fait saisçner la mienne, si récente encore. Et comme je sais qu'il n'y a point de consolation, je ne tenterai pas de vous en donner ». Seulement, et c'est là qu'éclate la différence de leur éducation et de leur philosophie, après chaque perte cruelle, Lamartine se contentait d'élever son âme à Uieu, disant comme le vrai chrétien : Fiat voluntasl tandis que Vigny, se raidissant sous les coups qui le frappaient, « parcourait en vain, pour trouver des consolations, les cercles d'idées philosophiques et relitçieuses, et quand il répétait à des amis affligés ou à lui-même ce qu'elles enseignent de plus doux, il

i.vMvrvriNH li ;. uOMVNTuaii

il n'avait pas liôsilé i\ hlilmer le discours de M. Mole, qui lui avait répondu. Vinij;^t ans après, il se souvenait encore de l'injure qui lui avait été faite ce jourlà par le directeur de l'Académie, et en quelques mots sévères où perçait quelque ressentiment personnel, il avait soulig-né l'inconvenance de cet homme d'Etat qui, n'ayant « jamais rien écrit que quelques passes t\ vin;jt ans pour flatter le despotisme dont la faveur donnait des emplois et de l'or, » n'avait su ni être poli ni être juste.

Enfin quand Viçny mourut(Ie 17 septembre i863), voici en quels termes il terminait Y Entrpticii qu'il lui «consacra dans son Cours funùlier de littérature :

(( Adieu, mon cher Vi^ny, vous voiI:\ arrive, quoique plus jeune que moi, devant Celui qui nous crée et qui nous juge, dans ce monde où toutes nos petites passions meurent avant nous, où nous ne serons appréciés ni par nos amis ni par nos ennemis, mais sur le type éternel du bien ou du mal que nous avons fait I Vous n'avez fait que du bien ! Je vous tends la main d'ici- bas, tendez-moi la vôtre de là-haut. Il n'y a plus d'hommes où vous êtes, il n'y a que l'Etre infiniment bon. Vous êtes bon, allez à lui I »

C'était la fin d'une oraison funèbre.

3c; -icnlait tout spmblablo A un naviicatcur qui embrasse ses compagnons en leur disant : ■/'.' vuisia p'irte devant nous, et qui cependant a le cœur scrn- du soaibre a'ijirot de l'iiorizua. Les espi ranccs, disait-il, ne sont jamais asâcz ardentes pour sécher toutes les larmes, i) (Lettres à Larnar' Une, p. 177.)

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