‹ Lamartine de 1816 à 1830Chapitre 62 sur 89 · V. SAINTE-BEUVE ET GUTTIXGUER · texte numérisé non relu

V. SAINTE-BEUVE ET GUTTIXGUER

Quand cet Entretien tomba sous les yeux de Sainte- Beuve, il aurait dû le faire rougir ou tout au moins lui faire regretter l'article moitié sel et moitié vinaigre qu'il venait de publier sur son ancien camarade, mais je crois bien qu'il ne fit que l'irriter, car,en plusieurs endroits, notamment dans le passage où Lamartine avait exécuté M. Mole de la verte façon que nous avons dit, cet Entretien avait l'air d'un reproche à son adresse. N'est-ce pas lui qui, dans les coulisses de l'Académie, avait machiné cette scène scandaleuse?

Je me suis toujours demandé et je me demande encore quelle avait été la raison véritable de l'animosité de Sainte-Beuve contre Alfred de Vigny. Si le poète de Joseph Dclorme avait fait du théâtre comme le poète de Moïse, on pourrait croire que ce furent les rivalités de théâtre qui les divisèrent : elles en ont divisé tant d'autres! Comme il n'ajamais touché àl'art dramatique.je me perds en conjectures. Mais c'est un fait qu'à partir de 1882 ou i833 il n'y eut plus d'intimité entre eux. Elle ne dura guère plus longtemps entre Sainte-Beuve et Lamartine. Seulement Lamartine, avec ses airs détachés de grand seigneur et son mépris inné de la critique, n'attachait aucune importance à ce qu'on pouvait écrire sur lui(i). Du moment qu'il s'était donné à quelqu'un, c'était fini; ce quel-

(i) Il écrivait, le i3 novembre 1820, à Victor Hugo, à l'occasion de l'article peu flatteur que \d Muse française avait consacré à ta Mort de Socrate : «... J'ai lu quelques-unes des petites diatribes en question, mais cela ne mord guère sur mon impassibilité poétique. Je ne suis pas en ce sens du genus irr Habile. Chacun fait dans ce monde de son

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