‹ LamartineChapitre 57 sur 113 · Nouvelles Méditations : les Préludes · texte numérisé non relu

Nouvelles Méditations : les Préludes

Après voir quitlé le service militaire en 1815, il était revenu dans sa famille, désenchanté. « Ma mère me vit avec douleur rentrer sans carrière et sans avenir dans la solitude et l'oisiveté de notre pauvre demeure de Milly... Je m'y enfermai deux ans, souffrant mais résigné, dans une chambre haute, plongé dans la lecture, dans de fortes études, et attendant je ne sais quoi, que l'on attend toujours tant qu'on est jeunet.. »

Il avait alors essayé de la vie mondaine , secouant par la dissipation ses longs ennuis; il avait joué et perdu. La mère le tirait d'embarras, non sans peine, à l'insu du père. Les oncles et les tantes faisaient de leur mieux pour l'aider. Dans un moment où Tune d'elles est venue à son secours, il s'écrie gaiement : « Domine, salvam fac ma tante ! »

Pendant quatre ans, de 1816 cà 1820, il s'évertue vainement : chaque échelon qu'il essaye de monter rompt sous ses pieds. Il avait d'abord songé, comme Virieu, à quelque fonction diplomatique. Virieu nommé au Brésil (mars 1810), Lamartine lui écrivait : « Puisses-tu revenir heureux, riche, être nommé ensuite à quelque cour d'Italie, et nous emmener, Vignet et moi, pour notre été, dans ce beau pays où nous avons commencé à vivre !... Écrivons-nous beaucoup... Il n'y a que l'amitié qui soif quelque chose de réel dans les sentiments d'ici-bas. » Une

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