Mémoires, fin du liv. I" et commencement du liv. II
autre lettre dit: « Écris-moi bien souvent et bien longuement, c'est tout le sel de l'existence. »
Il fait des démarches afin d'obtenir aussi un modeste poste d'attaché; mais pendant fort longtemps il n'obtient rien. C'est donc à la poésie seule qu'il demandera des consolations. Le 28 juin 1816, il écrit, non sans mélancolie, à son ami Vaugelas : « J'ai été d'abord plongé dans des antichambres et même des salons de grands personnages, dont le crédit m'était nécessaire, et s'est évanoui, comme une douce fumée, entre mes mains malhabiles. Je me suis jeté alors avec une fureur nouvelle dans le sein des Muses. Ces divinités douces et consolantes m'ont mieux traité : du moins, je l'espère ; et je leur consacre désormais sans inconstance les restes d'une existence à moitié usée !» (Il a vingt-six ans.)
Cependant, l'exemple de Virieu le tentant, il se hasarde, de loin en loin, à des démarches nouvelles.
c. S'il se trouvait par hasard dans le nombre de vos amis, écrit-il à madame de Raigecourt^ quelque ambassadeur ou ministre... qui eût besoin d'un secrétaire, vous me rendriez un grand service de lui parler de moi... Je trouve l'oisiveté si pesante et mon existence si vide que je voudrais à tout prix en changer. »
Sa santé s'altérait des tristesses d'une si longue attente: (A Virieu, 1" mars 1818.) « Je suis aussi