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rolc, d'ail liuirs, eût clé à la liaiiltMir d'un U'I lioniiiu' !
La journée a élé sjdi'inlido. La nature senihlail se réjouir de scnlir son poêle à raidi (It'S laligues el des douleurs. Le malin encore les campagnes éUiienl blanches de neige ; mais à mesure que le soleil s'élevail dans un ciel sans nuages, la neige fondait. Au départ, on eût dit un immense linceul ; au retour c'était la verdure et la joie du printemps. Et ce n'est pas seulement i»our les arbres de la route que le printenq)s avait en quelques heures renq)lacé l'hiver : c'était surtout pour celui que dans notre langue mortelle on ap}ielait Alphonse Lamartine.
« Que Dieu t'accorde le repos éternel ! »
a dit le prêtre d'une \oix entrecoupée
par les sanglots. Que les hommes t'ac-
cordent la gloire éternelle ! ai-je ajouté dans mon cœiu% car tu as bien mérité devant Dieu et devant les hommes.
Dieu exaucera la prière du prêtre et les hommes ne rejetteront pas la mienne.
Oui, de ce jour Lamartine est immortel au ciel et sur la terre! Et pourquoi donc? Est-ce parce qu'il a écrit Jocelyn et créé la nouvelle poésie française? Est-ce parce qu'il a écrit les Girondins et créé une nouvelle forme de l'histoire? Est-ce parce qu'il a été prophète inspiré et orateur souverain ?
Non ; s'il n'avait été que tout cela il aurait des rivaux. Il est l'incomparable parce qu'il est le seul qui ne se soit jamais asservi aux petitesses des partis ; parce qu'il est le seul qui ait pratiqué la pohtique de la générosité et de la grandeur
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d'âme; parce «lu'il isl le seul (jiii ii'.nl jamais proiKuicé contre personne une parole de colère ; parce qu'il esl le seul qui ail liaversé sans haine ce monde de la luùnc ! N'esl-il pas dès lors naturel qu'd ait éié si souvent méconnu par des hommes auxquels il resseniLlail aussi peu? Ivorsque Dante et Virgile s'avançaient au milit'u des cercles de l'enfer, les ombres poussaient des cris de colère contre les deux êtres au corps vivant.
A la liàle et tout à vous.
Emile Ollivier.