GÉNÉALOGIE
Le nom primitif de la famille est Alamartine (1) : ce 11‘est cpie vers 1609 qu’ Etienne, en acquérant une charge de conseiller secrétaire du roi qui l’anoblissait, l’a écrit de la Martine. Cette orthographe a été constamment suivie par ses descendants ; le poète l’a simplifiée en signant : Lamartine.
(1) Nous trouvons, dans les preuves de la maison Dubost de la Blanche (Histoire delà Curée), un changement d’orthographe exactement semblable.
Dans un titre « devant Pierre Agnetier, notaire au bureau du Beaujolais, le jour du dimanche teste de la purification de la bienheureuse Vierge Marie, l’an du Seigneur 1416, à Lestra, furent personnellement établis Jean et Guichard Dubost alias Alablanche... » Ce nom d’Alablanche était devenu, à la fin du xvP siècle, de la Blanche.
La famille est originaire de Bourgogne, où elle est anciennement connue dès le milieu du XVIe siècle. Trois de ses membres firent officiellement enregistrer leurs armes à l’Armorial Général de France, dressé par d’Hozier, en vertu de l'édit de Louis XIV de novembre 1696.
Bourgogne, Registre Ier :
Folio 103. Jean Baptiste de la Martine, écuier, conseiller au bailliage et président à Mâcon, porte : de gueules à deux fasces d’or, accompagnées en cœur d’un trèfle de même et brisé en chef d’un lambel d’argent.
F° 113. Philippe delà Martine, écuier, seigneur d’Hurigny, porte : de gueules à deux fasces d’or et un trèfle de même en abîsme, posé entre les deux fasces.
F° 114. Jean-Baptiste de La Martine, écuier, seigneur d’Hurigny, porte de gueules à deux fasces d’or et un trèfle de même posé en cœur entre les deux fasces.
Nous voyons par ces enregistrements que les Lamartine, seigneurs d’Hurigny, formaient la branche aînée de leur famille : la brisure du lambel, suivant l’usage établi à cette époque, indique Jean-Baptiste de la Martine comme représentant une souche cadette.
Nous ne saurions dire pourquoi Alphonse de Lamartine qui descendait de ce dernier, portait, sans brisure : de gueules au trèfle d’or entre deux bandes de même (1).
(1) Il semble, d’après les enregistrements officiels faits par* d’IIozier, que M. de Lamartine devrait porter : de gueules au trèfle d’or entre deux fasces du même ; mais la lettre du 7 février 1861, que nous avons reproduite, est scellée d’un sceau en cire rouge portant deux bandes .
Les armoiries du poète sont, au reste, ainsi blasonnées dans Y Armorial historique de la noblesse de France par de JMilleville.
Paris, Vaton, 1845, p. 140 — Cet ouvrage, dit M. Guigard,
Supports : deux lions.
Devise : A la grâce de Dieu.
La filiation s’établit depuis (1 ) :
I. Pierre Alamartine (2), qui vivait en 1 577, bourgeois de Cluny, n’eut qu’un fils.
Bibl. héraldique, Paris, Dentu, 1861, que l’Institut a couronné en 1858, est l’un des meilleurs et des plus consciencieux qui existent sur la matière.
Par respect pour le poète, qui lui-même en a consacré l’usage, nous n’hésitons plus à maintenir dans la description de ses armoiries, deux bandes d'or qui peut-être ne sont qu’une erreur de la part du graveur.
M. Arcelin pense que la substitution des fasces aux bandes est une véritable brisure, brisure dont le motif ne s’explique pas, le poète se trouvant par l’extinction de la branche aînée chef de nom et d’armes.
(1) N$tre travail était déjà achevé lorsque nous avons reçu de M. Lacroix père, pharmacien à Mâcon, collectionneur érudit et l’un des membres les plus actifs de l’Académie de Mâcon, communication d’un manuscrit fort important pour la filiation des la Martiae, manuscrit qui eût été dispersé, au profit des consommateurs de sucre et de canelle, sans l’initiative intelligente de son heureux possesseur actuel . Nous publions en entier, à la suite de la généalogie, les deux extraits qui se rapportent à notre œuvre.
(2) Indicateur héraldique du Maçonnais.
Mais il avait les deux frères qui suivent, savoir (1) :
Gabriel Alamartine, notaire à Mâcon en 1573, marié à Claudine Mor estel, dont il eut :
Une fille mariée à Jean Durantel, notaire et procureur de Cluny en 1 594 ,
Et Benoît Alamartine , tanneur de Cluny, qui fut père de :
1° Françoise Alamartine, femme de Claude Tupinier (2) ;
2° Benoît Alamartine , avocat à Mâcon , juge de l’abbaye de Cluny, lequel laissa :
Guyot Alarmartine (3) , marié en 1621 à Philiberte Paillet.
La famille Alamartine, qui appartenait alors à la religion réformée, est citée dans la Légende de saint Nicaise, satire célèbre du huguenot Jean Dagonneau de Mâcon, comme ayant été alors en butte aux persécutions pour le fait de sa religion. L’abbé de Cluny, Claude de Guise, prédécesseur du célèbre cardinal de Guise Louis de Lorraine, aurait « tiré des Alamartine de grosses sommes d’argent (4). »
Il paraît que les tracasseries continues de Claude de
(1) Notes communiquées par M. Arcelin.
(2) La famille Tupinier (Tuppinier au milieu du xvin® siècle) appartenait à la bourgeoise de Cluny : elle est encore aujourd’hui fort honorablement représentée.
(3) La forme du nom Alamartine est commune en Maçonnais et particulièrement à Cluny où il y avait, dès le xvie siècle et où il y a encore des Alamartine, des Alamagny, des Alaberthe. — Communiqué par M. Arcelin.
(4) Edm. Chevrier. Le Protestantisme dans le Maçonnais et la Bresse aux XVIe et XVIIe siècles, Mâcon, Protat, 1868. Note de la page 19. — Le pamphlet de Dagonneau a été imprimé cà la suite des mémoires de Condé, Londres, 1743.
Guise auraient amené les Alamartine à conversion, puisque nous trouvons leur fils Etienne, dont l’article suit, en possession d’une charge très-importante à la nomination du puissant abbé de Cluny, dont l’autorité s’étendait alors sur 472 prieurés, tous riches.
IL Noble Etienne Alamartine , bourgeois de Cluny, avocat au bailliage de Mâcon, le 25 octobre 1604, jugemage (1 ) et capitaine de Cluny (2) : il régit quelque temps les biens de cette célèbre abbaye. Il fut pourvu, le 28 août 1609, d’une charge de conseiller au bailliage de Mâcon, puis devint secrétaire du roi, charge alors fort recherchée et qui anoblissait (3) son titulaire pourvu qu’il l’eût exercée vingt ans ou fût mort en étant revêtu.
En premières noces, il épousa, le 14 septembre 1605, Aimée de Pise, fille de noble Antoine de Pise, président en l’élection de Mâconnais, seigneur de Flacé, et d’Antoinette de Rymon ;
Et en deuxièmes noces Anne Galoche, fille de Guillaume Galoche, procureur du roy en la châtellenie de Saint-Laurent-les-Chalons , et de Nicole Gon, 18 novembre 1619.
Étienne eut pour enfants :
1° Philippe-Etienne, qui continue;
2° Jean-Baptiste, auteur de la branche de Montceau qui sera rapportée après son aînée.
(1) Le juge-mage était le magistrat chargé d’exercer la justice dans le ressort de l’abbaye de Cluny : il était à la nomination seule de l’abbé ; ses sentences relevaient, pour les appels, du parlement de Paris. — Yoy. Piganiol de la Force, Description de la France, Paris, Legras, 1722, t. 3, p. 517,
(2) Indicateur héraldique.
(3) V. de La Roque, Traité de la Noblesse, cb. 41 : De la noblesse des secrétaires du Roy.
3° Philiberte de la Martine, femme d’Antoine de la Blettonière, lieutenant particulier en l’Election (1).
4° Anne de la Martine , femme de Simon Dumont, élu en l’élection.
5° Françoise-Madeleine de la Martine , religieuse à la Visitation de Mâcon.
III. Philippe-E tienne de la Martine (2), seigneur d’Hurigny, conseiller, secrétaire du roi, marié le 19 juin 1 657, à Claudine de la Roue, fille de noble Antoine de le Roue, avocat, et de Marie Galopin.
De cette union naquirent :
1° Jean-Baptiste, qui va suivre;
2° Philippe qui, marié en 1708, à Anne Constant, n’eut point d’enfants.
3° Ursule de la Martine, femme d’Antoine Desbois, seigneur de Choisi , bailli de Maçonnais , d’une famille bourgeoise de Cluny qui s’éleva rapidement au premier rang à Mâcon, où elle prit séance en la chambre de noblesse, le 29 juin 1697.
4° Marie de la Martine, religieuse à la Bruyère;
5° Anne de la Martine, religieuse de Sainte-Elisabeth de Lyon.
IV. Jean-Baptiste de la Martine, écuyer, après avoir servi cornette dans le régiment de la Lande-Dragon, acheta une compagnie dans le régiment de Gévaudan-Dragon. Il épousa Eléonore Bernard , fille de Me Philibert Ber-
(1) La Bletonnière, famille àlliée aux Albert, des armes desquels ils ont écartelé, descendant d’un bourgeois de Cluny au milieu du XVP siècle, était possessionnée à Igé. — Indicateur héraldique.
(2) Indicateur héraldique.
nard (1), conseiller au bailliage et présidial de Mâcon, secrétaire du roy, seigneur de Lavernette, et de Jeanne Bollioud de la Roche, sa femme. Il eut :
1° Jean-Baptiste qui suivra.
2° Philibert de la Martine, capitaine au régiment de Piémont, chevalier de Saint-Louis (2).
Il est rappelé dans l’acte de mariage de sa nièce, du 9 février 1756.
4° Françoise de la Martine, morte jeune.
V. Jean-Baptiste de la Martine, volontaire, puis capitaine dans Villeroy, seigneur d’Hurigny, suivant l’acte de 1756; il avait épousé damoiselle Anne de la Martine, sa cousine, qui le rendit père de :
1 ° J eanne-Sybille-Philippine de la Martine , laquelle épousa, suivant contrat passé à Mâcon, le 9 février 1756, Puthod, notaire, messire Pierre de Montherot de Montferrand, chevalier, demeurant à Lyon, veuf en premières noces d’Elisabeth Richéry (3).
(1) La famille Bernard est sans contredit une des plus illustres de la ville de Mâcon.
Saint Julien de Baleurre, au xvie siècle, Origine des Bourgongnons, Paris, 1581, in-f°, p. 366. disait d’eux : « Je ne pvis ny ne doibs passer sovbs silence l’aornement et singvlier lvstre que les seigneurs Bernard (hommes novrris à la vertu) donnent à leur Mascon »
Elle est aujourd’hui très honorablement représentée par MM. Bernard de Lavernette et leurs enfants. — Voir dans M. Arcelin, Indicateur du Mâconnais, la glorieuse notice consacrée à cette noble et antique maison qui remonte au milieu du xve siècle, fut toujours richement possessionnée, alliée aux meilleures familles du pays et revêtue des charges les plus honorables de noblesse.
(2) Acte du 22 novembre 1751.
(3) Histoire de la Curée, généalogie de Montherot, Preuves.
Il fut constitué à la future une somme de 34,000 livres en contrats de constitution de rente à 5 pour °/0, ensemble la terre et seigneurie d’Hurigny avec les châteaux, domaines, etc. , en dépendants.
Dame Marie- Anne de la Martine, veuve de messire Claude Chambre, trésorier des Etats de Maçonnais, constitua à la demoiselle future, sa 'petite-fille , par donation entre vifs, une somme de 6,000 livres qu’elle lui avait léguée par son testament.
De ce mariage naquirent :
a. Pierre de Montherot de Béligneux, garde du roy de la Compagnie écossaise.
b. Jean-Baptiste-Marie de Montherot, mort à Dijon le 20 août 1850.
c. Marie-Jeanne de Montherot, mariée à M. de Malmont, sans enfants.
2° Marie-Anne de la Martine , mariée à Pierre- Abel Desvignes, seigneur de Davayé.
3° Ursule de la Martine, mariée à N... Pâtissier de la Forestille.