‹ Lamartine et sa famille d'après les documents authentiquesChapitre 6 sur 12 · C. Hélène de Ligonnès · texte numérisé non relu

C. Hélène de Ligonnès

I). Marie de Ligonnès, sœur de Saint-Vincentde-Paul.

E. Charles, vicomte de Ligonnès,

VIL Alphonse-Marie-Louis de Lamartine, né à Mâcon, le 21 octobre 1790.

Son acte baptistère, dont nous devons communication à l'obligeance de M. le Maire de Mâcon, est ainsi conçu :

Extrait des registres des actes de V État-civil de la

ville de Mâcon ( Saône-et-Loire) .

a Le vingt-deux octobre mil sept cent quatre-vingt-dix a été baptisé Alphonse-Marie-Louis, né dhyer fils de Pierre de Lamartine capitaine de cavalerie au régiment dauphin , et de Françoise Desroys , chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, cy devant élu de la noblesse du pays et comté de Maconnois, seigneur de Monceaux et autres lieux, demeurant en cette paroisse, ayeul paternel malade et représenté par François Louis de Lamartine son fils ainé, cy devant officier delà maison militaire de Sa Majesté, seigneur de Montculot Nery et autres lieux, résidant en cette paroisse, et la marraine dame Marguerite Darvault, cy devant sous-gouvernante des princes de la maison d’Orléans, épouse de Jean-Louis Desroys cy devant écuyer seigneur de Rieux et autres lieux,

résidante ordinairement à Paris, paroisse Saint-Eustache. ayeule maternelle, qui ont signé avec le père.

Signé : Lamartine père, Lamartine Duvillars, Lamartine fils, Barthelot de Rambuteau, Rambuteau fils, Boyer de Ruffé, Noly veuve de Prusilly, Ladrehette de Rambuteau et Focard curé.

Pour copie certifiée conforme :

Le Maire de Mâcon, signé : Vauclin.

La mère d’Alphonse de Lamartine fut sa première institutrice, jusqu’au moment où il quitta Je manoir de la famille pour le collège des Pères de la Foi, à Belley; ses études achevées, il voyagea en Italie et revint à Paris en 1 81 4, pour être garde-du-corps jusqu'à la fin des Cent Jours. La poésie lui allait mieux que les armes ; il s’y donna tout entier et enthousiasma la France entière de ses premiers vers ; nous ne rappellerons pas toutes ses publications qui alternèrent sa carrière de diplomate, d’académicien, de membre du Gouvernement provisoire. D’abord attaché à la légation de Naples, secrétaire à Londres de l’ambassade de France, puis chargé d’affaires en Toscane, en 1 826, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur. L’Académie française lui ouvrit ses portes en 1829, où il eut l’honneur de s’asseoir sur le 37e fauteuil qui avait eu pour premier titulaire, en 1662 (1), Jean Chapelain, le malheureux auteur de la Pucëlle. Quel contraste ! Chapelain et Lamartine !... (2)

En 1830, Charles X le nommait ministre plénipotentiaire en Grèce ; la révolution de Juillet survint , Lamar-

(1) Pellisson, Histoire de l’Académie française, Paris, Coignard,

(2) M. de Lamartine était, en outre membre associé de l’Académie de Lyon.

tine refusa , malgré l’offre qui lui en fut faite, de garder ses fonctions ; candidat aux élections à Toulon et à Dunkerque, il échoua et s’embarqua alors, le 20 mai 1832, pour son fameux voyage d’Orient, où il eut le triste malheur de perdre sa fille unique, Julia.

A son retour, il se trouva député de l’arrondissement de Dunkerque en 1834 ; en 1837, il revint de nouveau à la Chambre, député de Bergues et de Mâcon : il opta pour Mâcon qu’il représenta jusqu’en 1848.

Au 24 février 1848, il était membre du Gouvernement provisoire dont il avait la présidence ; le coup d’Etat du 2 Décembre le rendit à la vie privée et à la littérature.

Ses productions sont trop nombreuses pour que nous ayons à les rappeler ici : il les sigmait du nom de Lamartine ; cette orthographe est désormais acquise à son nom.

Lamartine avait épousé, le 5 juin 1820, « une jeune Anglaise qui avait reçu une brillante éducation littéraire et qui avait conçu pour le poète un vif enthousiasme » , Marie-Anne Elisa Birch , fille de William Henry Birch, gentilhomme de S. A. R. le prince de Galles, commandant du génie dans l’armée anglaise.

Vapereau rapporte que le mariage eut lieu à Naples ; nous savons que l’union fut célébrée civilement à Chambéry, dans la maison de campagne de la marquise de la Pierre, le lendemain catholiquement dans la chapelle du gouverneur de Chambéry, le marquis d’Andezanna, et le surlendemain à Genève, selon le rite protestant.

Le précieux document (1) que nous allons rapporter

(1) Nous en devons communication à l’obligeance de M. le maire de la ville de Chambéry, auquel nous nous étions adressé, d’après les renseignements qu’a bien voulu nous donner l’excellent M. Mayet, maire de Pratz (Jura).

suffira pour détruire cette nouvelle erreur du savant auteur du Dictionnaire des Contemporains.

Extrait du registre des actes de mariages de la paroisse de Mâché (Chambéry), conservé à l’Archevêché.

Le six juin mil huit cent vingt, après une publication canonique faite dans les églises paroissiales de Saint- Pierre de Mâché de Chambéry et de Saint-Vincent et de Saint-Louis de Mâcon, dispense obtenue des deux autres, vu l’acte attestant la liberté de demoiselle Marianne Elisa Bircb, et sans avoir d’ailleurs découvert aucun empêchement ni entendu former d’opposition, je soussigné muni d'autorisation de Monseigneur l’archevêque, et délégué par les curés des deux parties, ai donné dans la chapelle du château à M. Alphonse Marie-Louis de la Martine de Prat , fils majeur de sieur Pierre, chevalier de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, et de Françoise Alexis Desrois, son épouse, domicilié de fait et de droit en la paroisse de Saint-Vincent et Saint-Louis de Mâcon, d’une part ; demoiselle Marie-Anne Elisa Birch, fille majeure de sir William Henry Birch, g’entillomme de S. A. R. le prince de Galles, commandant du g*énie dans l’armée anglaise, et de dame Christine ( illisible ), son épouse, née en Languedoc, domiciliée de droit en Angleterre et domiciciliée aujourd’hui à Chambéry. La dite cérémonie a eu lieu à sept heures du matin, en présence de ( illisible J, colonel, chevalier de Maltlie et du chevalier Louis Vignet, témoins requis.

Ainsi est.

Signé : Favre, curé.

Pour copie conforme:

J. -B. Dunoyer, secrétaire de T Archevêché.

Lamartine avait épousé, nous l’avons dit, Marie- Ann e- Elisa Birch, dont il n’a eu qu’un fils, mort à (leux ans, et une fille, Julia de Lamartine, morte à Beyrouth, à l’âge de 1 1 ans.

Avec M. de Lamartine s’éteint la famille dont nous venons d’esquisser rapidement la filiation : humble à l’origine, elle s’était élevée au plus haut degré de gloire et d’honneurs où puisse arriver l’homme sur la terre. La mort, en quelques instants, a ravi pour l’éternité le grand poète « dont le nom (1) a si souvent retenti et a été si haut acclamé, l’écrivain qui a remué tant de cœurs et fait

rêver tant d’imaginations Il est mort triste, découragé,

plutôt frappé par les revers et le désenchantement que par la vieillesse. Il repose aujourd’hui entre sa femme et sa fille dans ce poétique Saint-Point que toute l’Europe connaît »

(1) Revue du Lyonnais, mars 1869, p. 247.

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