AVANT-PROPOS. VII
tant de jours d'éclat que nous aimions à croire éternels, il ne nous resterait plus etfectivement qu'à nous envelopper de notre deuil silencieux et à dévorer nos amertumes en voyant la race humaine fleurir glorieusement dans des régions plus favorisées et en attendant qu'un souffle inconnu vint raviver les sources du vieux génie français. Mais non^ les plus heureux aujourd'hui, ceux qui n'ont pas essuyé^ comme nous^ les brutalités de la fortune ne sont pas beaucoup plus riches que nous. Il y a^ en France, au moins autant de talents que dans la plupart des pays de TEurope^ et dans la plupart des pays de l'Europe il n'y a pas plus de génie qu'en France. Partout le niveau tend à baisser au sein d'une certaine confusion, et cest vrai dans la politique comme dans les lettres, chez les
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nations les plus florissantes sous d'autres rapports comme chez les plus abandonnées.
Tout ce qui s'est produit en Angleterre depuis assez longtemps n'a pu éclipser ou égaler ce qui s'est vu dans les premières périodes du siècle. Nul n'a recueilli la royauté poétique d'un Byron, et les hommes d'Etat^ si distingués qu'ils soient, ne sont pas de la stature d'un Pitt ou d'un Canning, de ce Canning dont M. Disraeli disait un jour : « Je me rappelle l'éclair, l'éblouissant éclair de ce regard et la puissance de ce front impérial. » En Italie, Cavour, le puissant patriote, le grand libéral est mort sans laisser un successeur de sa taille; l'héritage d'Alexandre a été partagé. Ceux qui ont préparé par le génie des lettres l'indépendance italienne, ceux