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Lamartine

SANS être trop entiché de sa noblesse, Lamartine disait volontiers qu'il descendait des Sarrasins et que l'établissement des Alamartine dans le Maçonnais datait de l'invasion; affirmation purement gratuite, puisqu'on ne peut guère faire remonter les origines paternelles de Lamartine avant le xvr siècle.

En 1572, on voit figurer un Alamartine, dans les mémoires de Condé, parmi « les seigneurs et signalés » dont Claude de Guise « a tiré de grosses sommes de deniers ». Mais, dès le début du xvie siècle, des Alamartine vivaient à Cluny, et l'un d'eux, vers 1530, installé dans les dépendances de l'abbaye, exerçait l'état de cordonnier. II s'appelait Benoît Alamartine. Il eut une fille et trois fils dont l'aîné épousa Jehanne de la Roue. On suppose que les Alamartine furent favorables à la religion réformée et résistèrent à l'autorité despotique de Claude de Guise, abbé de Cluny. Cependant, le fils de Pierre-Estienne Alamartine est dénommé bourgeois de Cluny, juge-mage, capitaine de l'abbaye de Cluny, conseiller-secrétaire du roi en 1609. Il fut reçu au Parlement de Paris en 1651 et considéré comme noble. Marié deux fois, il eut de son second mariage trois filles et deux garçons.

Selon M. Pierre de Lacretelle, le grand-père du poète, Louis-François de Lamartine, aurait falsifié les livres de l'état civil à partir de cette époque pour substituer «de

Lamartine » à « Alamartine ». Quoi qu'il en soit, avec les deux fils d'Estienne Alamartine, la famille se scinda en deux branches : la branche aînée, celle des seigneurs d'Hurigny, la branche cadette, celle de Montceau.

Le dernier des Lamartine d'Hurigny étant mort en 1789 sans avoir été marié, la branche aînée se trouva sans postérité masculine. La branche de Montceau, qui commence à Jean-Baptiste, fils cadet d'Estienne Alamartine, devait prospérer longtemps et donner naissance au poète. Jean-Baptiste de Lamartine fit construire la maison de Milly au commencement du xviii« siècle sur ce domaine de Montceau que sa femme lui avait apporté en dot.

A cette époque, Jean-Baptiste de Lamartine possédait encore à Mâcon la maison située au n» 18 de la rue des Ursulines, qui devait être la maison natale d'Alphonse de Lamartine. Jean-Baptiste de Lamartine, conseiller-magistrat au bailliage et présidial de Mâcon, fut le très puissant fondateur de la branche cadette, puisque de son mariage avec Françoise Albert il eut seize enfants, neuf fils et sept filles.

L'aîné, Philippe-Etienne, se maria et eut huit enfants, dont Louis-François de Lamartine, seigneur de Montceau, de la Tour de Mailly, de Péronne, de Champagne, d'Eurcy, Montculot, Poinot, Quéminé et autres lieux, capitaine aux régiments de Tallard et de Monaco, chevalier de Saint-Louis.

Louis-François épousa à Mony (Jura), Jeanne-Eugénie Dronier de Pratz. Il quitta l'armée en 1746 pour administrer ses domaines de Franche-Comté et de Bourgogne. Il faisait partie des états particuliers du Maçonnais; en 1789, il fut de l'assemblée du bailliage de Mâcon. Bien que l'ayant fort peu connu, Lamartine a laissé de son aïeul un beau portrait : « Il avait été superbe sous les armes dans sa première jeunesse. En garnison à Lille, sous Louis XV, il avait frappé les yeux de M^^ Clairon, qui débutait alors, et en avait été très remarqué. J'ai encore vu les restes de ses équipages, tels que sa magnifique argenterie de campagne... Il avait servi longtemps dans les armées de

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