LES ORIGINES
Louis XV et avait reçu la croix de Saint-Louis à la bataille de Fontenoy. Ptentré dans sa province avec le grade de capitaine de cavalerie, il avait rapporté les habitudes d'élégance, de splendeur et de plaisirs contractées à la cour et dans les garnisons. >
Louis-François eut six enfants, dont trois fils: l'aîné, François, admis à l'école de la compagnie de chevaulégers de la garde du roi, se retira bientôt du service en raison de sa santé délicate, traîna une vie solitaire et morne. Il se fiança, sans se marier, à la fille de Saint- Huruge et s'éteignit à soixante-quinze ans. Le second, Jean-Baptiste, entra dans les ordres et fut vicaire général du diocèse de Mâcon. Le troisième, le chevalier Pierre de Lamartine de Pratz, était né le 21 septembre 1751. A dixsept ans il entra dans l'armée, et. en 1781. il était nommé capitaine dans Dauphin-Cavalerie.
Ses deux aînés n'avaient pas d'enfant; bien que le dernier et d'une situation modeste, il se décida au mariage. Une des filles, à quinze ans, était entrée, après preuves (9 degrés de noblesse, côté paternel, et 3, côté maternel), au chapitre noble de Saint-Martin de Salles en Beaujolais où elle se lia avec Alix des Roys. Pierre de Lamartine, en allant rendre visite à sa sœur Suzanne, fut présenté à la jeune chanoinesse-comtesse qui lui plut fort et qu'il épousa à Lyon, en l'église d'Ainay, le 7 janvier 1790. La même année, Alphonse-Marie-Louis de Lamartine, le futur poète des Méditations, naissait à Màcon, le 21 octobre.
Le chevalier Pierre de Lamartine, demeuré fidèle à son roi, participa, la nuit du 10 août, à la défense des Tuileries, fut blessé et arrêté. Grâce à un officier municipal, jardinier d'un oncle de sa femme, il put regagner Mâcon où il fut presque aussitôt jeté dans l'ex-couvent des Ursulines qui servait de prison. Ses deux frères et son oncle le chanoine étaient envoyés à Autun. Tous, ils étaient désignés pour l'échafaud, lorsque Thermidor leur rendit la liberté.
Les terres de Franche-Comté apportées par Eugénie
Dronier à Louis-François, mort le 9 germinal an V, avaient été confisquées comme bien d'émigré, sous prétexte que François-Louis, l'aîné, avait quitté quelque temps la France ; mais les domaines de Bourgogne étaient intacts. Il fallut donc procéder au partage, et le chevalier Pierre eut pour lui l'hôtel de Mâcon et la terre de Milly où Alphonse de Lamartine passa son enfance avec ses cinq sœurs, nées après lui : Cécile, Eugénie, Césarine, Suzanne et Sophie.
Cécile de Lamartine devint marquise de Glands de Cessiat.
On sait donc que l'ascendance paternelle de Lamartine est essentiellement bourguignonne. La famille de sa mère était originaire du Velay et du Bugey à la fois; car nombreux sont dans la région lyonnaise, entre 1100 et 1400, les Rex, Régis, Rege ou Reis. « Au début du xvi« siècle, nous apprend M. Pierre de Lacretelle, nous nous trouvons en présence d'une famille des Roys établie de longue date à Montfaucon, près du Puy; la branche dont est issu Lamartine nous est connue en la personne de « vé- « nérable et discrète personne Denis Des Roys », dont nous possédons le testament rédigé en 1528. On y voit qu'il eut deux frères dont l'un, Mathurin, fut curé de Raucoules, et l'autre, Louis, prêtre à Montfaucon. De son mariage avec Isabelle Vacherelle, il eut sept enfants, deux filles et cinq fils. »
Jusqu'à Jean-Louis Des Roys, né à Champagne en Vivarais, la famille n'offre aucun type remarquaûle. Celuici, grand-père de Lamartine, fut échevin de Lyon en 1766 et premier échevin en 1767. De son mariage avec Marguerite Gavault, fille de François Gavault, lieutenant civil et criminel de l'élection de Lyon, résultèrent de curieuses alliances que M. Pierre de Lacretelle a soigneusement rapportées (1).
« Par sa mère, Lamartine se trouvait allié à Grimod de
(1) Les Origines maternelles de Lamartine. {^Mercure de France, 16 février 1911.)