‹ Lamartine inconnuChapitre 18 sur 50 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

après le coup d'état

I. Le Civilisateur remplace le Conseiller du peuple. — II. Projets sur la terre de Burgaz-Owa. — III. Mon père accompagne Madame de Lamartine en Angleterre. — IV. Lettres remarquables. — V. Traite avec la Porte. — VI. Le général Caillé. — VII. Les dernières lettres Je 1852. — VIII. Histoire de la Restauration. Manuscrit de mo;i père sur les journées de juillet 1830.

Au lendemain du coup d'Etat, Lamartine, moins surpris en réalité que ses articles de revue ou de journaux le feraient supposer, comprit que la politique active était finie pour lui. Il y renonça définitivement avec une noble résignation, et n'eut plus qu'une pensée, régler ses affaires honorablement au mieux des intérêts de ses créanciers. Il espérait atteindre ce but louable par son travail littéraire auquel viendraient s'ajouter les revenus de sa concession en Orient.

« Je me retirai, dit-il au livre trente-cinquième et dernier de ses Mémoires politiques, dans la solitude et dans l'abstention, prêt à l'exil, heureux de n'être point persécuté. Quelles qu'eussent été ma vigueur et ma sagesse

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contre la démagogie, il ne m'appartenait pas de servir, ni directement, ni indirectement, celui qui à bon droit ou à mauvais droit renversait la République. Je devais mourir citoyen attristé, mais inoffensif; mon rôle était fini.. l'acceptai mon destin.

« Je ne pensai plus qu'à sauver de ma ruine mes créanciers qui comptaient sur mon honneur. »

Le Conseiller du peuple, organe politique, ne pouvant plus subsister, Lamartine fonda d'abord le Civilisateur, publication exclusivement littéraire.

Retenu à Monceau, il chargea mon père d'être son intermédiaire dans ses négociations avec les éditeurs. Tout naturellement, ceux-ci essayaient de l'entraîner le plus possible sur le terrain politique; l'ancienne situation de Lamartine eût rendu très intéressante et très piquante pour les lecteurs son intervention dans la polémique si effacée des événements contemporains. Un immense succès de librairie était assuré.

Lamartine tint bon; son parti était pris irrévocablement; et, dans les grandes circonstances, quand il en était ainsi, c'est en vain qu'on essayait de le faire changer. Il refusa donc toutes les propositions, même les plus tentantes, les plus dorées, ainsi que le témoigne la lettre suivante :

« Monceau, 29 décembre 185t.

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