‹ Lamartine, orateurChapitre 2 sur 108 · LE 14 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

LE 14 DÉCEMBRE

INTRODUCTION

LOUIS Vbuillot n aimait pas les poètes que V ambition de devenir des hommes d'État jette dans C action politique, A ces législateurs égarés il retrait éCappliquer les rigueurs d'une législation exceptionnelle. Il consentait à leur pardonner des péchés de jeunesse^ mais sa sévérité leur refusait les partages de Vâge mûr, « Dans une société sage^ disait-il, il y aurait sinon une loi, du moins une coutume, qui interdirait toute fonction civique à tout homme convaincu d! avoir fait des vers pa^sé l'dge de trente ans. Le poète ne pourrait être relevé de cette incapacité qu'après V examen d'un jury de prêtres^ d^ artisans^ de magistrats et de médecins^ qui déciderait si la qualité morale de ses strophes et de son intelligence peut le faire absoudre du cas de métromanie. » Et il ajoutait : « Un peuple qui donne la parole aux poètes sur les affaires de l'État est un peuple abêti ^. »

Cette terrible boutade du spirituel écrivain, dont l'excèé même démontrait Finjustice, lui était suggérée par les discours de Victor Hugo, Mais elle n'épargnait pas La" martine.

Pourtant Louis Veuillot n'avait pas toujours été aussi sévère à l'égard du poète de Jocelyn. Son jugement impar-

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