‹ Lamartine: poète lyriqueChapitre 116 sur 218 · Harm. t livre III. Milly ou la Terre natale · texte numérisé non relu

Harm. t livre III. Milly ou la Terre natale

Le souvenir de ce jardin où fleurissent les songes de son imagination d'enfant se mêle souvent à ses descriptions de poète. On voit qu'il se platt à teindre les lieux qu'il contemple, des couleurs qui enchantaient ses yeux dans l'enclos symbolique de Milly, et toute une floraison de belles images se lève alors spontanément dans son esprit :

Tout m'y parle une langue aux intimes accents, Dont les mots entendus dans l'âme et dans les sens, Sont des bruits, des parfums, des foudres, des orages, Des rochers, des torrents, et ces douces images, Et ces vieux souvenirs dormant au fond de nous Qu'un site nous conserve et qu'il nous rend plus doux 1 .

Dans ce jardin s'étend un lac dont les ondes bercent doucement les rêves de l'amour : c'est le lac du Bourget, ce sont les lacs de l'Italie : c'est surtout le lac de joie ou le lac de tristesse que traverse l'imagination.

Tout autour se déploie l'immensité d'un Océan . Que de fois Lamartine a comparé^ l'Océan so n âme ag itée et profonde ! 11 y voyait le morne déroulement de flots

innombrables, il y entendait le grondement des solitudes marines :

Et, comme un océan où toute larme coule, Mon âme a bu toutes ces eaux 8 .

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