‹ Lamartine: poète lyriqueChapitre 122 sur 218 · Prem. Méd. t La Foi · texte numérisé non relu

Prem. Méd. t La Foi

tendus ont des vibrations plus retentissantes, les formes qui s'agitent ont des attitudes plus joyeuses ou plus désolées, et le poète s'émeut de cette trépidation intérieure produisant dans toutes les images qui se lèvent des mouvements fantastiques ;

Et, comme un insensé, je marchais à grands pas, Et je croyais saisir dans l'ombre du nuage L'ombre de Jévohah qui passait dans l'orage, Et je croyais dans l'air entendre en longs échos Sa voix que la tempête emportait au chaos*.

Ce monde peut prendre trois aspects : ou bien il reste intérieur et présent, et le poète en parcourt les avenues profondes, contemplant les tableaux qui s'y déploient, et chantant ce que disent les formes qui l'habitent; ou bien il est projeté dans le passé et il symbolise le paradis et ses joies perdues, car le paradis est bien pour le poète son paysage intérieur qu'il projette dans les commencements du monde ; enfin il apparaît dans la gloire de l'avenir, et il est symbolisé en Dieu.

De là les trois formes de son lyrisme qui nous permettent de distinguer l'élégiaque ou le rêveur, — le mélancolique ardent et désolé, — le prophète enthousiaste.

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