‹ Lamartine: poète lyriqueChapitre 135 sur 218 · Souv. etPortr., t. I, p · texte numérisé non relu

Souv. etPortr., t. I, p

3. Cf. une lettre du duc do Rohan à Laraartino : « Le cœur, m'avez-vous dit souvent, lo cœur, c'est 1 infini. » 27 mai 1819. — Voir le recueil des Lettres à Lamartine, publié par la nièce du poète. Paris, Calmann-Lcvy, 1893.

ils connaissent l'ardeur de leurs désirs et les bornes de leur volonté ; car Lamartine a rarement l'attitude de Pascal qui maudit la faiblesse humaine avec son ûpreté terrible. Les poètes lyriques chantent ce qu'ils ne peuvent comprendre : il a donc chanté l'infini ; il s'y est transporté par le doux mouvement d'un essor magnifique, dans la vie d'imagination où s'exaltent les grands rêveurs ; voila pourquoi l'infini forme, si je puis dire, le fond et le décor où se meuvent ses poèmes.

L'intensité de cette vie intérieure dérobe le poète aux fatalités de l'Espace et du Temps :

Mais dans la minute qui passe, L'Infini de temps et d espace Dans mon regard s'est répété!

Et j'ai vu dans ce point de l'être La même image m 'apparaître Que vous dans votre immensité 1 !

Le temps est donc sans prise sur l'âme :

puissance de l'âme, ô jeunesse éternelle 1 !

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