Harm. t livre III. Le Génie dans l'obscurité
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un souffle des rives lointaines, c'est-à-dire des longues avenues intérieures :
mon âme! de quels rivages Viendra ce souille inattendu 1 ?...
De quel vent soufflera l'esprit que l'homme appelle*?
x. Ce souffle parait être l'esprit de Dieu. C'est une émanation de ce vent de la vie qui parcourt l'univers, anime les bois sonores, fait se gonfler la sève des êtres. Il en a la puissance de fécondation, les frissons harmonieux, la saveur épandue et ardente.
Quand le souffle divin qui flotte sur le monde S'arrête sur mon âme ouverte au moindre vent, Et la fait tout à coup frissonner comme une onde, Où le cygne s abat dans un cercle mouvant 3 ...
Ces souffles et ces brises ont une force de projection qui entraîne les paroles harmonieuses :
Ne sens-tu pas, mon cœur, quelque chose qui brûle, Et qui demande à s'exhaler 4 ?
Quand la vie intérieure s'anime sous le frémis^ sement des émotions, ce souffle inspirateur a la furie d'un vent de tempête :