Harm., livre III. Le Cri de l'Ame
4. Bec. Poét., Cantique sur la mort de la duchesse de BrogHe.
Mon âme est un vent de l'aurore
Qui s'élève avec le matin,
Qui brûle, renverse, dévore
Tout ce qu'il trouve en son chemin 1 .
Le poète nous dit encore que ce souffle brûle son âme. Il sent en lui une « chaleur surabondante \ » un « feu divin * » qui le consume. Ce feu peut couver longtemps dans le silence et dans la nuit; mais qu'un souffle parte de ces rivages lointains et invisibles sous l'influence de la beauté ou de l'héroïsme, et le génie s'éveille, emporté sur des ailes de flamme :
Tout à coup la flamme engourdie S'enfle, déborde, et l'incendie Embrase un immense horizon 4 !
Le vent qui parcourt les avenues intérieures n'a pas toujours une violence d'ouragan ; d'ordinaire il arrive avec des mouvements doux, qui font flotter les sons d'une musique divine où chantent les souvenirs du passé dépouillés de leur amertume :
Voluptueux oubli des peines de la vie, Musique de l'esprit, brise des temps passés, Dont nos soucis dormants étaient si bien bercés • !