‹ Lamartine: poète lyriqueChapitre 157 sur 218 · Harm., livre I. Hymne du soir dans les temples · texte numérisé non relu

Harm., livre I. Hymne du soir dans les temples

Plus douce qu'à mes sens l'ombre des arbrisseaux, Ou que l'air rafraîchi qui sort du lit des eaux 1 .

Tout ce qui entrait dans cette âme y dépouillait toute souillure et s'imprégnait d'une senteur purifiante :

Car mon âme est un feu qui brûle et qui parfume Ce qu'on jette pour la ternir 1 t

En se répandant sur les choses, elle sème les parfums dont elle est chargée ; et comme elle s'arrête sur ce qui a la marque de la beauté, de l'héroïsme et de la vertu, c'est la vie vertueuse, héroïque et belle que le poète nous représente odorante et embaumée: de là des phénomènes de projection très curieux qui nous montrent les effets de cette existence sentimentale, sa force de création, sa prise de possession de l'univers.

La pureté morale exhale une sorte de brise qui apaise la fièvre de nos tourments :

Oh! qui jamais s'approcha d'elle Sans éprouver sur son tourment D'une brise surnaturelle Le divin rafraîchissement 3 .

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