‹ Lamartine: poète lyriqueChapitre 184 sur 218 · Prem. Méd. t Le Soir · texte numérisé non relu

Prem. Méd. t Le Soir

lile s'agite ainsi dans une pénombre mystérieuse qui s'éclaire de reflets, entre le monde des apparences dont le poids est si pénible, et le monde du rêve qui est si frôle. Le poète s'y repose avec complaisance, comme dans un séjour de choix, parce qu'il échappe aux nécessités des lois intellectuelles. Dans ce domaine, mobile et brillant, il transporte ceux qu'il ne peut plus voir sur la terre, et le passage de la réalité au rêve, c'est-à-dire de la terre au ciel, se fait spontanément, par le mirage du reflet :

Non, tu n'as pas quitté mes yeux; Et quand mon regard solitaire Cessa de le voir sur la terre, Soudain je te vis dans les cieux 1 .

Dans ce passage de la vie à la mort, les êtres ont une telle puissance de rayonnement que l'œil le moins perçant peut saisir l'éclat qu'ils répandent avant de s'effacer :

La lyre en se brisant jette un son plus sublime; La lampe qui s'éteint tout à coup se ranime Et d'un éclat plus pur brille avant d expirer*.

Ce sens du reflet a donné au poète sa conception

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