Souw et Portr., t. I, p
intérieur surgissent les images qu'elle appelle. « L'air était tiède et savoureux comme un parfum évaporé sur un charbon de feu, ou comme le myrte du paysan à la gueule d'un four qui pétille dans un village de la Calabrc 1 , » La sensation est nettement saisie, réfléchie par des organes subtils, exprimée avec éclat : avec quel art elle fait lever les images endormies au fond de la mémoire !
De tout ce qui précède nous pouvons dégager une loi qui se vérifie toujours dans les œuvres de Lamartine. Quand deux images s'associent, la plus chargée de sentiments absorbe l'autre ; l'image offerte par la réalité s'évanouit après son expression, l'image suggérée par le rêve ou le souvenir demeure, et autour d'elle se déploie la richesse d'invention du poète, c'est-à-dire le tableau des émotions de sa vie intérieure*.