Harm,, livroll. La Source dans les bois
De l'arbre, de l'antre sonore, Du vallon sous l'ombre dormant!
Tu prends les sons que tu recueilles Dans les gazouillements des flots, Dans les frémissements des feuilles, Dans les bruits mourants des échos,*
Dans les voluptueuses plaintes Qui sortent la nuit des rameaux, Dans les voix des vagues éteintes, Sur le sable ou dans les roseaux!
Et celte voix mystérieuse Qu'écoutent les anges et moi, Ce soupir de la nuit pieuse, Oiseau mélodieux, c'est toi 1 !
Grâce à un sens exquis des correspondances qui éveille et dirige le choix des symboles, Lamartine prête au regard une puissance mystérieuse de vie sentimentale. Le regard est « une langue secrète » et « révélée » dont les paroles disent génie, ivresse, amour :
Une femme aux cheveux de soie Qu'on voit marcher sur mon chemin,
Oh! n'est-ce pas un mot divin*?
•1. Harm., livre IV. Au Rossignol.