lùid., pago 25 (Oina
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que Lamartine en goûta le charme jusqu'à l'ivresse. Tout un monde aux perspectives lointaines, et traversé de formes fantastiques, se dressa devant sa pensée avide d'émotions et agitée par le sens du myslèro 1 .
Ce qui devait séduire une ftme jeune, en quête d'attitudes sentimentales, c'est la mélancolie d'Ossian, diffuse et chantante. Notons d'abord que ces. guerriers dont le barde raconte les exploits aiment comme des poêles. Leurs élégies d'amour dans ces tableaux de bataille ont une tristesse singulière. Et puis l'aile de la mort semble déployée sur ces terres lointaines. La nature y est presque toujours en deuil; les brouillards jettent sur la plaine une ombre mélancolique ; la lune a des lueurs frissonnantes et incertaines ; le soleil même n apparaît que pour s'évanouir, et son éclat amorti fait toujours redouter qu'il ne s'éteigne dans l'ombre. Une sorte d'effroi plane sur
1. « Ne sent-on pas, comme éparses dans ses vers, quelques traces vaporeuses des poèmes dOssian qui lavaient surtout enchanté? » au lv-Prudhommc. Discours prononcé lors de l'inauguration de la statue do Lamartine a Passy.
cette œuvre, et en fait le poème des regrets ; car, pour ces guerriers, l'univers s'agite sous une fatalité inéluctable. Tout ce qu'il y a d'inquiet dans la nature semble descendre en eux et les induire en une immense tristesse.
« Les ténèbres s'amassent sur l'Ame d'Utha 1 . »
ce La tristesse, comme un nuage sur le soleil, répand son ombre sur l'urne de Clcssammor'. »
Pendant la bataille, leur énergie se tend désespérément : ils ont l'impétuosité des héros homériques ; mais, avant et après la lutte, ils ressentent l'amertume de funèbres pressentiments. Us ont l'exaltation des bardes et leur goût des complaintes; Ossian leur prête son âme endolorie par la pensée que les vertus des ancêtres sont désormais sans emploi.
Ainsi le passé glorieux ne vit plus que dans le souvenir des générations qui disparaissent. Dans l'écoulement irréparable des choses, rien ne demeure. Le soleil lui-même s'éteindra ; ses rayons qui jettent la joie sur la terre seront effacés par la nuit. Souvent, dans le poème d'Ossian, la mort du soleil est prévue et décrite lyriquement dans un chant de deuil :
1. Traduction Lacaussade, pago 33, Paris, Dclloye, 1842. — Toutes les citations des poèmes d'Ossian seront faites d'après cette traduction, précise et ferme.