Prem, Méd. t Souvenir
Tandis que la terre sommeille, Si j'entends le vent soupirer, .
Je crois t'en tendre murmurer Des mots sacrés k mon oreille 1 .
Ainsi l'influence des poèmes d'Ossian est souvent reconnaissable. Les images dont le poète s'était nourri pendant sa jeunesse gardèrent toujours leur pouvoir d'enchantement ; il reproduisit la grâce ou la force de leurs symboles. Surtout il sentit la valeur poétique de ce merveilleux qui donne aux désirs de l'ûrne une expression si étrange ; il aima ces couleurs et ces formes pâlies, errantes sur les brouillards, au-dessus des étangs, et dans le silence des bruyères. Il goûta le charme de ces paysages de rêve, indécis et flottants, qu'éclaire une lumière pâle, où se meuvent les fantômes des êtres que nous avons perdus, et où s'encadrent si heureusement nos souvenirs. Enfin tous ces presliges, ces mystères et ces enchantements, tout ce décor mouvant qui se dresse au fond de notre imagination et qui s'anime et se colore aux heures de rêve-
i. Prem. Meâ. % Souvenir.
rie, voilà qu'un barde antique, renaissant à une vie nouvelle, y trouvait une matière d'art, agrandissant ainsi l'horizon de la poésie, et y faisant entrer le monde infini de l'âme. Lamartine s'est imprégné de ces images, et il verra flotter souvent leurs apparitions mélancoliques avec lç mirage de leurs reflets, sur sa terre de Milly, et jusque sur les côtes italiennes, pleines de soleil et de chansons.