‹ Lamartine: poète lyriqueChapitre 71 sur 218 · Lettre du 28 mars · texte numérisé non relu

Lettre du 28 mars

ments moraux s'unissent si intimement aux pensées religieuses, déconcertaient ce jeune homme de vingt ans. Mais, avec le temps, sa conception de l'amour se spiritualisa et son admiration pour Pétrarque grandit. Nous allons voir dans son œuvre, sans forcer les rapprochements, sans y voir surtout d'imitation trop directe, une façon de sentir et de peindre la vie de l'âme qui reproduit la manière poétique de Pétrarque ; aussi, vers la fin de sa vie, dans un de ses entretiens littéraires, décrit-il les beautés des Sonnets et des Chansons, avec les images qui conviennent aux Méditations et aux Harmonies.

Dans ses premières pièces, Lamartine se rattache moins à Pétrarque qu'aux élégiaques anciens. Le Golfe deBaia\ Elégie* t A Elvire*, sont les œuvres d'un adolescent à la fois ardent et timide, épris des mélancolies de l'amour plus que de l'amour même. Il mêle encore à ses émotions personnelles le souvenir de ses études classiques. Rien de profond, rien de passionné : c'est la plainte d'Horace sur la brièveté des joies de l'amour et de la vie. Une tristesse légère répand son charme sur ces chansons. L'amour y parait ce qu'il est à vingt ans dans une âme bien

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