Canz. % XI 11. In viladi Laura
Ed in un punto n'è scurato il sole 1 . .
L'univers se ternit comme s'il ne vivait que pour accomplir lès rites de l'amour, et le poète laisse entendre quelques cris déchirants où s'exprime le mépris de ce monde si décoloré depuis qu'elle n'est plus. « Sur mes pieds errants, solitaires et las, j'emporte un cœur douloureux et des yeux humides et fermés au monde qui est pour moi un désert alpestre :
Che co' piè vaghi, solitari e lassi
Porto 1 cor grave, e gli occhi umidi e bassi
Al mondo ch' è per me un deserto alpestro 1 .
Déjà pendant la vie de Laure le poète avait dit : « Tout lieu m'attriste où je ne vois pas ces beaux yeux suaves. »
Ogni loco m attrista, ov* io non veggio Que* begli occhi soavi*.
On croit entendre cette lamentation de Lamartine :
Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente N'éprouve devant eux ni charme ni transports: Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante: Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.