‹ Lambert DaneauChapitre 10 sur 136 · Mémoires de VEstat de France. Ed. de 1576. 1, p · texte numérisé non relu

Mémoires de VEstat de France. Ed. de 1576. 1, p

4. Il s'agit d'un cordelier entre les mains desquel on devait abjurer et promettre de vivre catholiquement. Il paraît, du reste, que ce n'était là qu'un artifice, et un moyen de découvrir les protestants cachés, et de les faire se li- Yrer eux-mêmes. Cf. Mémoires de VEstat de France, 1. p. 466.

de dagues et de pistoles. Ainsi estoyent traitez ces chétifs révoltez )) Si nous avons transcrit ce passage en entier, c'est

qu'il ne nous a pas paru équitable de parler de la faute sans présenter la défense. Il n'en saurait exister de meilleure que de montrer quelles alternatives étaient alors laissées au choix des réformés. La messe ou la mort; quoi d'étonnant dans le fait que quelques-uns aient préféré la messe? Ils étaient de froids protestants, et devenaient de mauvais catholiques ; une religion qui s'avilissait jusqu'à employer de tels moyens ne pouvait attendre que des prosélytes avilis comme elle. A cette différence près, toutefois, qu'il y avait pour eux des circonstances atténuantes, et qu'aucun juge, le moins du monde impartial, ne lui en accordera jamais que d'absolument insuffisantes ^

Lambert Daneau se maria deux fois. Une première fois en France, et la seconde à Genève, avec la fille d'un prévôt des marchands d'Orléans réfugié en Suisse. L'abbé Pataud indique même comme une des causes de la conversion de Daneau le décès de sa première femme, morte sans enfants.

D'après un Écrit de M. Masson, chantre de Sainte-Croix d'Orléans, inséré par Dom Gérou dans son Recueil de notices orléanaises, sa première femme se nommait Jeanne Coadreceaii, veuve de M. de Quinquampoix, seigneur des Grinettes. Malheureusement, il est bien difficile d'ajouter entièrement foi aux données de cet Écrit. Il nous suffira, pour le montrer, de citer les paroles de son auteur : « Il [Daneau] perdit son père fort jeune et fut mis sous la tutelle de Michel Daneau, seigneur de Villerouche, et d'Antoine Brachet, seigneur de laBouache, ses oncles. Ils le firent venir à Orléans étudier en l'Université de cette ville, où il prit le bonnet de docteur ' : bientôt imbu de

1. La Forme d'abjuration se trouve dans les Mémoires de T Estât de France 1. 1, p. 559.

2. Cette affirmation ne doit être acceptée que sous toutes réserves. Nous y reviendrons au chapitre suivant.

la nouvelle doctrine qui régnait alors, il se déclara publiquement en allant à Gien exercer la fonction de ministre. Il y épousa, en première noce, Jeanne Coiidreceau, veuve de M. de Quincampoix, seigneur des Crinettes, par contrat passé par Roland, notaire, en 1562. La mort de sa femme, qui mourut sans enfants, le supplice d'Anne du Bourg, qui lui avait donné des leçons, le déterminèrent à passer à Genève, où il épousa en seconde noce, le 19 avril 1573, demoiselle Claude Péguy, fdle de Jean Péguy, prévost des marchands d'Orléans, et d'Anne Mariette Jumeau. » Ces quelques lignes contiennent plusieurs erreurs K Toutefois, faute de mieux, — car c'est là le seul renseignement à nous connu sur le premier mariage de Daneau, — nous devons nous en contenter.

Son second mariage avec Claude Péguy fut célébré à Genève le 3 mai 1573, par le ministre Charles Perrot.

(( Ce dimanche 3 may, dit le registre, ont esté espousés Lambert Panneau et Claude, fille de Jean Piguey (sic) d'Orléans. Perrot.'^ »

Claude Péguy lui donna au moins six enfants, dont voici les noms :

Samuel, né vers le milieu de l'année 1574, et baptisé, très probablement, dans une église des environs de Genève, puisque son baptême ne figure pas dans les registres, tandis qu'on y rencontre les deux suivants ^ .

i. Sans nous arrêter aies relever toutes, nous ferons remarquer que le chantre Masson paraît supposer que la mort d'Anne du Bourg suivit l'année 1562. Au reste, on ne peut rien savoir de précis sur ce premier mariage, et l'abbé Pataud, oi faisant précéder la conversion de Daneau de la mort de sa première femme, place celle-ci avant 1560. 11 est possible que Daneau se soit en effet marié en 1562 (nous n'avons pu nous enassurer,les anciennes minutes de Gien ayant disparu, nous a-t-on affirmé), mais il ne saurait exister alors aucune relation entre son mariage, ou surtout son veuvage, et sa conversion.

2. Archives de l'hôtel de ville de Genève, rcg. des maria(/es, à la date indiquée.

3. En mars 1581, au moment oîi il se rend à Leyde (Cf. eh. TV, § II), Da-

« Avril 1577. Ce lundy 8 a esté baptisée Marie, fille de Lambert Daneaii et de Claude, sa femme, présentée par noble Michel Rozet, conseiller, née le dernier du mois passé. Th. de Besze. »

« Juin 1579. Ce lundy '29 a esté baptisée Anne, fille de Sp. Lambert Daneau et de Claude, sa femme, présentée par Sp. Jehan Salvard, née le 18. Th. de Besze * . »

Suzanne, née à Leyde, et probablement peu de mois après l'arrivée de Daneau dans cette ville.

D'autre part, le 6 mars 1585, le pasteur Solon, d'Orthez, baptisait « un fi,ls légitime à M. Daneau, docteur, présenté par M. Sonis , ministre, et nommé Théodore. »

Le 7 décembre 1587 était baptisé par le ministre Sonis « l'enfant légitime de Lambert Daneau, docteur en théologie ; le parrain Armand de Verteuil, la marraine Johanne de Pourtau. Et a nom Josias. »

En outre, Daneau paraît avoir eu un fils tout à fait aîné, de son premier mariage, nommé Jean. C'est du moins ce qu'il est permis de conclure de l'extrait de baptême suivant, tiré, comme les deux précédents, du registre I de rétat civil des Réformés d'Orthez -, et peut-être aussi de la lettre 56.

« May 1586. Le 2 de may 1586 fut baptizée une fille légitime de M. Jean Daneau, théologyen, présentée par M. Soulet (Cholet?) et noble Marguerite de Sponde. Nommée Marguerite. Sonis. »

neau a trois enfants, dont l'aîné, dit-il, n'a pas encore sept ans révolus. (Juelque temjis après, nous le savons par le registre de ville de Leyde, que M. le Dr. du Rieu a bien voulu consulter pour nous, il en a quatre : Samuel, Marie, Anne et Suzanne. l\ en résulte que Samuel était bien l'aîné, qu'il était né en 1574., et que Suzanne naquit un laps de temps assez court après l'arrivée de Daneau à Leyde.

i. Archives de l'hôtel de ville de Genève, reg. des baptêmes de l'église Saint-Pierre, aux dates indiquées.

2. Ce registre et quelques autres du même genre se trouvent à laniairie delà ville d'Orlhez.

Cela ferait sept enfants en tout, et il n'est pas impossible que Daneau en ait eu d'autres encore de son premier mariage ^

Ajoutons enfin que seulement deux de ses enfants lui survécurent : Josias , dont nous allons parler, el Marie, qui demeurait à Orthez, où elle avait épousé M. Daniel de La Borde, marchand'. Quant à la veuve de Daneau, elle se remaria avec M. Bernard du Brail, médecin à Castres ^.

Josias Daneau fut également pasteur et docteur en théologie. En 1610, on le trouve à Saint-Rome ", en 1620, à Lombers ; enfin en 1622, il devient pasteur et professeur en théologie à Castres, en remplacement de Philippe Dupin, mort en 1621. Il y reste jusqu'à sa mort, arrivée en 1644^.

De son mariage avec Marie Contes, en 1614, il eut au moins quatre enfants : David et Lambert, dont nous allon nous occuper; Marie, qui fut baptisée le 30 mai 1625 par le pasteur Mermet, de l'église de la maison de Rohan. Elle eut pour parrain Moyse de Baux, pasteur de l'église de Mazamet. Le 20 mars 1644, elle épousa l'avocat J.C. Capelle, de Montauban. Enfin, Raymond, qui fut baptisé le 8 octobre 1627.

David Daneau porta les armes pendant sa jeunesse ; il paraît être devenu ensuite avocat'. Il habitait Castres, et y mourut vers la fin du xvif siècle. De son mariage avec Renée de Cabrol naquirent quatre enfants : Marie, qui fut mariée à

1. Voy. HP partie, Lettre 23, où il dit à P. Daniel qui lui a promis d'allerle voir à Gien: Es tu expectatiisimus veniesque gratissimus et mihi etmeis omnibus. Ces mots supposent une famille.

"2. Voy. la brochure de M. le Chanoine Pelletier indi(juée plus haut, et, à la lin du chapitre V, le testament de Daneau.

3. Mémoires de Jacques Gâches, éd. Gh. Pradel (Paris, Sandoz et Fischbacher, 1879), p. 459.

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