Voy. Bulletin, etc., XII
3. Alliance Dupré-Constans : « Du 13 décembre 1627; Entre M^ Paul Dupré, sieur Dujau, d'une ^art, et dam"" Olimpe Constans d'autre. -»Reg. des mariages de 1623 à 1648 fol. 35 b. — Olimpe Constans était fdle d'Etienne, conseiller. — Alliance Daneau-Dupré : « Entre M° Lambert Daneau, l'un des pasteurs de l'Église de Castres, d'une part, et demoiselle Marie de Dupré d'autre. Fiancés le 31 mars 1659. » {Reg. des mariages de 1648 à 1668, fol. 88.) Communie, de M. le Prof. M. Nicolas.
4. Il resta à Caussade, comme pasteur, jusqu'en 1669. Pour ce fait spécial, et sur toute l'affaire, cf. C. Rabaud, Histoire du Protestantisme dans l' Albigeois elle Lauragais (Paris, Sandoz et Fischbacher, 1873), p. 313 et suiv.
« En février 1668, j'allay exprès deNérac à Montauban pour y conférer avec M. Daneau, mon beau-frère, sur les mesures que j'avais à prendre pour le voyage que luy et M. Laporle, son parent S gendre de M. de Baux, ministre, me priaient de faire à Paris pour demander au Roy la révocation de l'arrêt du Conseil qui avait banny de Castres tant lesdits sieurs Baux et Daneau que les sieurs Jaussaud, Ladeuze (sic) et Lacaux, tous cinq ministres de Castres, et pour demander leur rétablissement...
)) 1669. J'obtins un arrêt en commandement qui révoque celuy quy avait banny lesdits ministres de Castres en [1663], mais il ne rétablit que lesdits sieurs Baux, Daneau et Lacaux, m'ayant été impossible d'obtenir la même grâce pour les sieurs .Jaussaud et Ladeuze...
)) Je partis de Paris avant que ledit arrêt fût rendu, mais on me promit de me l'envoyer à Montauban où j'arrivay vers la fin du mois d'avril audit an 1669...
)) 1669. Etant mad. mère (il s'agit, on l'a vu plus haut, d'Olympe de Cdnstans) dans la résolution de suivre sa fille pour résider à Castres avec elle et ledit sieur Daneau, son gendre..., elle partit de Montauban pour Castres, le 6 dudit mois d'octobre 1669.
y> 1669. Après l'avoir rétabli à Castres en 1669..., il se souleva contre luy une caballe à Castres... »
Il résulte de ce qui précède que L. Daneau était déjà rentré à Castres avant le mois d'octobre 1669. Nous ignorons de quelle « caballe » il est ici question, mais nous voyons que sa famille, tout au moins, prit la chose fort à cœur. En effet, Etienne Dupré raconte dans son Journal les différentes démarches qu'il fit en 1670 et 1671 pour placer son beau-frère à Bordeaux, àNérac, ou même à Paris; en 1671, pour le placer
i . Nous ignorons quels étaient les liens de parenté qui unissaient ce M. Laporte au ministre Daneau.
à Bergerac; en 1674, pour le faire devenir professeur à Puylaurens, car L. Daneau, comme son père et son grandpère, était docteur en théologie.
D'autre part, dès 1G72, on proposa à Daneau l'église de Pau Il dut être sollicité à plusieurs reprises, puisque ce ne fut que vers le milieu de l'année 1675 qu'il se rendit dans cette ville. Citons encore le Journal d'Etienne Dupré sur ce point :
(H Le 22 juin 1675, ma mère, M. Daneau, ma sœur son épouse, et M. Gaux, jeune proposant, vinrent chez moi àNérac où ils restèrent peu, et M. Gaux et M. Daneau partirent pour aller à Pau, où M. Daneau était appelé pour y être ministre. Ma mère et ma sœur partirent après pour Pau, où elles arrivèrent le 6 du mois d'août... »
Daneau devait rester à Pau jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes. Dans l'intervalle, il fit, en 1681, l'acquisition de la propriété de Poumarède. La même année il fit décider, de concert avec Etienne Dupré, le mariage de Gamille Dupré, fils de celui-ci, et de Marie Daneau, de Gastres, fille de son frère David. Le contrat fut signé à Poumarède le 20 janvier 1682, et le mariage célébré, comme nous l'avons dit, le 2 février suivant à Montauban.
Voici enfin ce qui arriva à L. Daneau à l'occasion de la révocation. Nous citons toujours le Journal à'^Ai. Dupré :
« 1685. M. Daneau, mon beau-frère, ministre de Pau, était alors chez lui à Poumarède, et sa femme, ma sœur, à Toulouse, où j'allais d'abord que ledit Édit eut passé, pour la voir et lui témoigner la douleur que j'avais et tonte la famille de notre séparation '.
y> Elle arriva le qu'ils partirent de Poumarède pour
aller en barque à Bordeaux ; mais ils ne furent pas plus tôt
1. On sait que l'art. IV de l'édit qui révoquait celui de Nantes ordonnait aux ministres de sortir du royaume « quinze jours après la publication de noire présent édit » , comme disait le roi.
arrivez, que M. l'intendant les fit arrêter et les mit en prison dans l'hôtel de ville, ayant de môme fait prendre les livres dudit S'Daneau, qui étaient considérables et de valeur de plus de 6000 livres. On les retint quelque temps dans les prisons, croyant les faire changer; mais n'y trouvant nulle disposition, on les mit en liberté avec ordre de partir incontinent, ce qu'ils
firent le mais on fit perdre audit S' Daneau les livres
qu'on lui avait pris, que les jésuites de Bordeaux ont eu depuis '. »
Quant aux biens de Daneau, ils passèrent, comme il en exprima la volonté, et comme Etienne Dupré l'obtint du roi en 1688, à Camille Dupré et à sa femme Marie Daneau. ' Daneau et sa femme se réfugièrent à Leeuwarden (Frise), on Is moururent, lui en 1699, elle en 1707 ^
Nous avons dit plus haut qu'ils n'avaient point d'enfants, et comme d'autre part leur frère David Daneau n'avait point conservé d'enfant mfde, en eux s'éteignit la famille des Daneau, après avoir duré environ deux cent soixante-dix ans dans l'histoire.
La famille des Dupré existe encore ; elle se glorifie de descendre par les femmes des Daneau de la Thiérache et de l'Orléanais, et c'est un usage déjà ancien, que chez les Dupré de Pomarède,l'un des fils reçoive, comme prénom, le nom de Daneau. Enfin la propriété de Pomarède est encore aujourd'hui habitée par la famille.
Nous avons mentionné tous les membres h nous connus^ de
1. C'était, comme on le verra plus loin, la troisième bibliothèque perdue par la famille.
2. On voit dans les Actes du Synode umllon de la Haye (septembre 1688), conservés à la Bibliothèque du Protestantisme Français, à l'art. XIII, un jugement rendu par le synode à l'occasion d'une dispute, qui paraît avoir été très vive, entre Daneau, « pasteur réfugié entretenu par la province de Frise et M. Jean Le Febvre, pasteur dans la même condition. » (Communication de M. le pasteur 0. Douen.)
3. On trouve encore dans le Bulletin de la Sociélé de llilstoire du Proies-
la famille Daneau; nous ne nous occuperons dès lors plus que de Lambert Daneau, fils de Lambert, et père de Josias.
tantisme, XII, 43, un Jacques Daneau, pasteur à 3Iarchenoir. — Le Livre du Recteur, à l'année 1657 (p. 132), cite un Mathaeus Dannaeus, Pedemontanus. Nous ne savons s'il appartenait, non plus que le précédent, à notre famille Daneau. — Aux Archives Nationales , et dans une liste de fugitifs (TT. 267), on trouve un pasteur du nom de Benoit Daneau, de Moncraheau (Lot-et-Garonne, à 12 kil. de Nérac). Nous pensons qu'il y a une confusion de noms, et qu'il s'agit de Lambert Daneau, qui se trouvait alors, comme nous l'avons vu, aux environs de Nérac. En tout cas, nous n'avons trouvé aucune autre trac(! d'un BenoU Daneau. — Enfin nous avons rencontré, dans les registres de l'état civil de la commune d'Huisseau-sur-Cosson (département de Loir-et- Cher), un certain Paul Daneau, garde des chasses du parc de Cdiambord. Il était noble, eut une nombreuse famille, et appartenait, ainsi que tous les siens à la religion catholique. Peut-être descendait-il soit de l'un des nîombres de la famille Daneau restés catholiques, soit de l'un de ceux qui abjurèrent.