‹ Lambert DaneauChapitre 19 sur 136 · Th. de Bèze, op. cit., I, 163, IGl · texte numérisé non relu

Th. de Bèze, op. cit., I, 163, IGl

3. La prospérité de la ville de Gien Jura jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes, mais ne lui survécut pas. « Le commerce de Gien, dit l'abbé Vallet (p. 120), était autrefois très considérable ; mais depuis 1685, la ville d'Orléans a tout attiré à elle seule. Les bois, les grains, depuis la révocation dr l'édit de Nantes, sont également tombés parce que ceux de la R. P. U., et qui étaient les plus riches des habitants, se retirèrent dai.s les pays étrangers. )>

4.. Outre le Discours chrcsttcii dont nous avons parlé, Jean Bruneau

(( Vous sçavez, dit-il dans son Epistre à Messieurs de la Religion prétendue Réformée, que pour la dresser (afin que je commence à son enfance) il y a environ dix-sept à dix-huit ans, vint en ceste ville un certain personnage que nous ne cognoissions que par les lettres de son envoy de Genève, desquelles lettres ' le nom de Calvin n'estoit soubssigné, mais d'un autre nom lequel ledit Calvin prenoit (comme vous sçavez). Aussi que le nom de ce personnage qui se disoit estre envoyé de l'Église de Genève n'estoit congneu, et ne nommoit son propre nom, ains d'un nom inventé à plaisir, comme aussi vous sçavez, et cet homme se disoit ministre de la parolle de Dieu, et prcschoit aux lieux où vous sçavez, et nous estans ainsi accommodez, les charges furent distribuées tant d'anciens, ou surveillans, que diacres et hostiaires, pour le commencement qu'on allait de nuict, outre la charge de ceux qui alloient advertir du jour lieu et heure du presche. Les choses estant ainsi establies et les personnes receues avec un serment solemnel par devant ce ministre et en plaine assemblée. Ceux qui vouloient estre receus renonçoient à messes, vespres, et tout autre service introduict en la papauté, pour estre ainsi mal nommé de vous, et dès lors

iivait publié le 20 avril et le 20 jaillet 1578 (ce sont du moins les dates de ces lettres) deux Épistres. La première aux catholiques de Gien; la sei;onde aux prétendus réformés de Gien. Ces deux lettres ou épîtres furent réimprimées en 1581 avec le Discours chrestien. — C'est dans son Épistre aux prétendus réformés de Gien, pages 21 et suiv., qu'il raconte comment l'Église réformée de Gien fut dressée. — Bruneau aurait encore écrit, d'après l'abbé Lebeuf, une Histoire des choses arrivées à Gien. Le fait n'est pas impossible. Nous ferons remarquer toutefois avec la France protestante ([u'aucun catalogue n'en fait mention. L'abbé Lebeuf lui-même, en donnant le titre de l'ouvrage, déplore qu'il ne soit pas venu jusqu'à lui. Il avait donc déjà disparu au commencement du xviii^ siècle. Il affirmait son existence, parce que le grand-cbantre Criçon l'avait vue et tenue, il est possiljle que c'ait été une bistoire manuscrite qui ne tarda pas à disparaître. Voy. Lebeuf, o^ c/f., p. 2G3. not(!d, et la Franco protestante, à l'art. Brlneau (.lean).

1. Pour la sûreté des uns et des autres on était obligé d'avoir une formule de recommandation générale. Calvin signait, mais de l'un des noms qu'il prenait tels (jue d'Espeville, Passelius, etc.

chacun s'opiniastra tellement à soiistenir son opinion, et ce nouve édifice d'Église »

Nous devons maintenant indiquer les noms des diiïérents ministres qui desservirent successivement ou conjointement l'Église de Gien.

Le premier nom que nous rencontrons est celui d'un certain Jacques duPui. ce Or ces jours passez, lisons-nous dans une lettre adressée à Calvin, le 10 juillet i559, par l'assemblée de Gien, est arrivé du pays d'en Guienne ung nommé maistre Jacques du Pui, lequel dict avoir exercé le ministère en plusieurs églises dudict pays, et mesmes quayant sa femme par devers TOUS (laquelle il veult visiter en brief) et ayant long temps demeuré à Lozanne est cogneu de Mess. Viret et de Beze, le tesmoignage desquelz nous trouvons et tenons pour suffisant. Il s'est présenté à Mess. Cleriau et de la Garde, lesquelz nous lonl envoyé pour nous ayder pendant que nous vous supplierons de nous pourveoir de luy et l'autorizer s'il a tesmoignage tel qu'il dict (quant à nous il nous semble versé es lettres divines et humaines), sinon d'autre à vostre discrétion\ » 11 suit de là que Jacques du, Pui ne peut pas être le ministre dont vient de parler Jean Bruneau, et qui vint à Gien muni des lettres de Genève, mais qu'il faut sans doute voir dans celui-ci le ministre Aigna, gendre du prieur (ou peut-être Aignan, gendre de Prieur»), envoyé effectivement de Genève à Gien en août 1559, et dont le vrai nom connu à Genève, naturellement, put ne pas l'être à Gien. Nous ne savons rien sur le compte de Jacques du Pui, ni sur celui d' Aigna. Ni l'un ni l'autre ne paraît être resté longtemps à Gien. Peut-être cependant Aigna était-il

1. Bautn, Cunitz, et Ed. Reuss, Thésaurus Epistolicus Calvinianus, leUre

2. Registre des délibérations de la Vén. Comp. des pasteurs de Genève, à la date indiquée. C'est là que nous avions lu Aignan, gendre de Prieur. Mais le Bulletin du Protestantisme (VIII, 73) et après lui la France protestante {t éd. 1, col. 53), lisent Aigna, gendre, etc.

encore là lorsque l'un des ministres d'Orléans, Pierre Baron, « homme d'une éloquence et d'une habileté incroyables* », y fut envoyé. Baron parait être resté à Gien jusqu'à la lin de l'année 1561 -. Daneau, qui avait été appelé pour le remplacer, arriva, comme nous l'avons dit, dans les prefniers mois de cette même année. Il est probable qu'il eut cependant Baron pour collègue jusqu'à l'arrivée de Nicolas Folion ou Foulcon, dit La Vallée, qui dut arriver à Gien à la fm de l'année 1561, et, en tous cas, après le colloque de Poissy (terminé le 9 octobre), auquel il avait pris part. La Vallée mourut en 1566. Il resta donc environ quatre ou cinq ans avec Daneau \

L'incertitude où nous sommes touchant la date exacte de son arrivée à Gien nous empêche de pouvoir affirmer s'il assista

1. Thésaurus Epist. Calv. Lettre n° 3729. Siirœus Calvino. « Rediit ad nos Baro, vlr in explicando Dei verbo incredibilis eloquentiae et dexteritaiis ».

2. De 1561 ancien style. La lettre où Sureau annonce à Calvin le retour de Baron, — et rien ne prouve que Baronne fût pas rentré depuis un certain temps lorsque cette lettre fut écrite, — est en effet du 1" mars 1562, c'est-à-dire d'avant Pâques.

3. Dans une lettre de Sureau à Calvin, lettre à laquelle nous avons déjà emprunté un renseignement (voy. p. 26, n. 1), il est dit que Vallacus a demandé son congé, et qu'il veut cesser d'exercer le ministère. Nous avons mis cette lettre en 1560 (28 décembre). Nous admettons qu'il se reposa quelques mois ; qu'il prit part au colloque de Poissy; puis que, cédant aux instances des ministres d'Orléans, qui voulaient récupérer Baron, resté à Gien avec Daneau, il finit par accepter d'aller lui-même à Gien; qu'il y alla à la fin de 1561 ancien style, c'est-à-dire avant Pâques 1562, nouvenu style, et qu'alors Baron rentra. Mais nous sommes tout prêt à avouer qu'il y a là des difficultés de dates desquelles nous ne pouvons pas sortir à notre satisfaction, et qu'il nous est notamment presque impossible de faire concorder l'affirmation de Daneau, qu'il a été douze ans ministre en France, avec les autres renseignements que nous avons. Nous espérons que cet aveu nous vaudra l'indulgence pour les erreurs que nous aurons pu commettre sur ce point.

Quant à la date de la mort de La Vallée {Vallaeus), voy. dans la III* partie, la lettre n» 17, et les raisons qui nous ont déterminé à lui assigner la date 1566.

.\joutons enfin que Vallaeus ou La Vallée pourrait ne pas être Nicolas Folion. Nous croyons, personnellement, qu'il s'agit bien de lui, mais rien n'est venu nous en donner la certitude.

ou non au synode provincial réuni dans cette ville avant le 25 avril 1562, c'est-à-dire à la fin de l'année 1561 (Aymon, I, 28), auquel très probablement Daneau prit part.

L'Église s'étant beaucoup accrue, La Vallée et Daneau durent s'adjoindre un collègue. Ils choisirent ce môme Etienne de Brulières ' dont il a été question plus haut; il compte donc parmi les ministres de Gien.

Après la mort de La Vallée, très vraisemblablement, arriva à Gien le ministre Denys Armenauld. Il était natif de cette ville, et avait été immatriculé à Genève en même temps que Etienne Petit, et André Ferreus (Defer ou de Fer?) aussi natifs de Gien. Leurs noms sont inscrits dans le Livre du Recteur à la date de 1563. Nous ignorons le moment de l'arrivée deD. Armenauld; nous ne pensons pas, toutefois, qu'il ait exercé le ministère à Gien avant la lin de la deuxième guerre civile, soit avant 1568. Il y resta jusqu'à la Saint-Barthélémy 2.

Nous aurons lieu de voir que quelques années après la Saint-Barthôlemy, l'Église de Gien redemanda Daneau. Il n'y revint point, sinon en passant et pour affaires, et, à sa place, on envoya de Genève M. Fontaines ou de Fontaines. Ce n'était, il est vrai, qu'à titre provisoire, mais ce provisoire devait durer. En 1590, il fut définitivement accordé à Gien, où nous le trouvons encore en 1603 ^ A

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