‹ Lambert DaneauChapitre 20 sur 136 · Th. de Bèze, op. cit., II · texte numérisé non relu

Th. de Bèze, op. cit., II

2. Denys Armenauld est désigné comme min. à Gien dans le Registre des réfugiés à Genève aprèsla Saint-Barthélémy. —Voy. encore : Livre du Recteur, p. 7 et 8. — 11 mourut et fut inhumé à Montauhan : « Du 24 Juin 1586. M. Denys Armenauld, ministre de la parole de Dieu, natif et habitant de Giensur-Loyre. » Reg. des sépultures de 1580 à 1028, fol. 12. (Communie, de M. le prof. Nicolas, de Montauhan.) Cf. France protestante, 2" éd., I, 351.

3. L. Daneau fut rappelé à Gien par son ancienne Église au mois de juillet 1576. {Reg. des délib. de la vén. comp. des pasteurs de Genève, II, f. 106 b)* Ce fut sans doute à ce moment-là que M. de Fontaines y fut envoyé à sa place. — En 1582, M. de Fontaines est admonesté par le synode du Berry et de l'Orléanais réuni à Benegon (Banegon) « de continuer sa charge en l'Eglise de

ce moment-là, il avait pour collègue le ministre Pinette*.

Tels sont les différents ministres qui desservirent l'Église de Gien pendant le xvi° siècle, et particulièrement avant la Saint- Barthélémy.

Nous n'avons pas cru devoir faire une place parmi eux à François Bourgoin, sieur d'Agnon, ancien chanoine de Nevers, puis ministre aux environs de Genève, et plus tard (1545) à Genève même, dont Jean Bruneau, dans son Discours chrestieii (v. p. 35, note 4), dit : ce carie pauvre homme, estant chanoine en l'église de Nevers, pippé de ce masque de réformation et chastoillé de ses affections charnelles, vendit son bénéfice, comme ont fait plusieurs autres, puis emmena avec luy une femme et s'en alla à Genève, d'où il retourna bien piètre avec sa femme, et vint en nostre ville de Gien. Je scayla charge qu'il me donna avec grande prière, pour parler à ses parents en la ville de Paris,

Gien, en tant que sa santé lui pourra .permettre... » (Bibl. Nat.,FonfZs Franc. i5829, Synodes du Berry et de l'Orléanais.) En 1590, et le 27 mars, on lut dans la séance de la Vén. Compagnie des lettres du procureur du roi à Gien, demandant que M. de Fontaines fût accordé pour ministre défniitif. Il le fut le 3 avril suivant (Registre II, f. 175). — En 1598, se tint à Gien un colloque oîi P. du Moulin fut entendu et examiné. 11 reçut ensuite l'imposition des mains. Dans son Autobiographie, il raconte qu'il vit, à cette occasion, les sieurs Fontaine et Pinet (sic), ministres de Gien {Bulletin, VII, 338). Pinette y était donc depuis 1598 au moins. Enfin, en 1G03, dans la liste des pasteurs de France présentée au Synode nat. de Gap, nous trouvons, pour Gien, MiM. La Fontaine et Pinette.

1. Nous n'avons pas de renseignements sur ce ministre. 11 était, en tous cas, mort lors du Syn. prov. tenu à Gien en mars 1609, puisqu'il est question de la pension à payer à sa veuve. M. de Fontaines paraît également avoir été mort à cette époque. Nous voyons, en effet, dès 1G05, le Syn. prov. de Geryeau prendre des mesures pour ne pas laisser en souffrance l'Eglise de Gien « l'une des plus importantes » de la province. L'Église était en souffrance à cause d'un certain ministre nommé Chartier (peut-être celui qui avait été min. à Piomorantin ; Cf. France protestante, art. Chartier), auquel on défendit d'y prêcher. — A sa place on mit le pasteur Bourguignon père, auquel son fds succéda à Mer. — A Pinette paraît avoir succédé François Oyseau, dont nous avons déjà parlé (p. 33, n. 1.). Celui-ci présenta ses lettres d'envoi, à lui données par le Syn. nat. de Saint-Maixent (1G09), au Syn. prov. de Sanccrre (juill. IGIO), dont il fut élu modérateur. — Dès 1623, nous trouvons à Gien le min. Daniel

qui sont gens de bien et bien qualifiés, qui avoient un merveilleux regret de sa cheutte, comme de sa part il eust voulu retenir sa chanonie; elle luy eust peu davantage servir que sa femme. »

Ce passage, indépendamment de la prétendue abjuration ou défaillance du ministre Bourgoin,dont nous n'avons pas à nous occuper ici (V, France prot., ^'^ éd., I, 1127), ne permet pas de supposer autre chose qu'un séjour accidentel de Bourgoin h Gien, pendant lequel il remplit, peut-être, occasionnellement des fonctions pastorales, mais sans devenir à proprement parler ministre de cette Église.

Il ne nous reste plus qu'à ajouter, d'après l'abbé Vallet, que les protestants de Gien auraient eu deux temples dans les faubourgs * : l'un, au bout du pont dans le faubourg du Berry, l'autre dans le faubourg de la Génabie (p. 167).

Nous allons maintenant revenir en arrière, et entrer dans quelques détails sur les péripéties par lesquelles passa l'Église de Gien durant les guerres de religion.

Jamet. Il y reste au moins jusqu'en 1641 (Syn. prov. de Mer, mai 1623, et mai iCiii). — A Jamet succède le min. Isaac Babault (Syn, prov. de Mer, mai lGi3). Ce dernier vivait encore, mais n'exerçait plus le ministère, le 27 octobre 1658, jour où fut donnée l'imposition des mains à Henri Drelincourt par Charles Drelincourt, son père. A ce moment-là le pasteur ordinaire de Gien était Jacques Rouveau, ou Rouvean. Deux ans plus tard, le 28 août 1660, ce même pasteur Rouveau ou Rouvean prononçait un sermon sur I. Cor., iv. 1,2, « au sujet de l'établissement par l'imposition des mains, du sieur Jacquse (lautier en la charge de pasteur de l'Église réformée de Gien. » Nous ignorons quel est ce Jacques Gautier, et s'il succédait à Rouveau, comme II. Drelincourt avait succédé à Babault. — Sur tous ces ministres, voy. Bibl. Nat., Fonds fr., n" 15829; la France protestante, aux différ. noms; le Pasteur Fidèle, ou sermon sur Act., xx, 28, pron. en l'Église réf. de Gien le 27 octobre 1658, par Ch. Drelincourt. Ce sermon, publié à part (Charenton, 1658?) se trouve également dans la III <= vol. du Recueil de Sermons (Gen., de Tournes 1664) de Ch. Drelincourt, p. 112-20i. Enfin, le sermon de J. Rouveau: Les devoirs et qualités des ministres du Christ (Saumur, Lesnicr, 1665). 1. Dans les faubourgs, à cause de l'Édit de janvier.

g II. l'église de gien durant la première guerre de religion

« L'Église que le Seigneur avoit recueillie à Gien avant ces tempêtes, dit Crespin % estoitdes plus belles du pays^. » Aussi, après le massacre de Vassy (que l'abbé Poupard dans son Histoire deSancerre et d'après lui l'abbé Vallet (p. 168) appellent, — ces bons abbés! — une étourderie des gens du duc de Guise), les protestants de Gien, sur le conseil de l'amiral Coligny, qui était à Chatillon-sur-Loing, se tinrent-ils « coys », se bornant à se faire rendre leurs armes qui étaient au château, et à faire publier « le jeusne et les prières deux jours continuels, attendans ce que Dieu leur envoyeroit. ï» Mais sur la nouvelle que le prince de Condé s'était emparé d'Orléans, les magistrats, tous protestants, sauf l'avocat du roi Bizot, « ordonnèrent que gardes seroient assises jour et nuict aux portes des murailles sous la conduite de ceux de la religion, pour avoir grande occasion de craindre quelque surprise à cause du grand passage par ceste villede Gien, pour la commodité du pont. » De plus ils envoyèrent trois mille livres au prince de Condé dès le sixième jour d'avril, avec un zèle si extraordinaire, dit l'abbé Vallet,que pour achever

i. Nous nous bornerons à raconter cî qui concerne spécialement Gien, sans nous occuper des faits généraux de la 1''* guerre de religion. — L'ab])é Lebeuf et l'abbé Vallet ont suivi la relation de Th. de Dèze. Nous ferons comme eux, en ajoutant, toutefois, lorsque l'occasion s'en présentera, ce que l'un ou l'autre des deux abbés pourrait raconter de particulier. — Poiii^ éviter de multiplier les notes déjà nombreuses, nous dirons ici, une fois pour toutes, que dans ce qui va suivre, tout ce qui sera, entre guillemets, sans indication spéciale, est emprunté à l'Histoire ecclésiastique f/îïc de Th. de Bèze, tome II, pp. 444 à 457, éd. de 1580.

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