Registres de la vén. Comp., séance du 13 octobre
3. Henri Fazy, La Saint-Barthélémy et Genève, Étude historique. Genève, Alavoine, 1879.
qui, spécialement pour Daneau, confirmerait notre supposition, c'est qu'il paraît avoir fait alors à Gien un séjour d'une certaine durée. C'est là, en effet, qu'il écrivit très certainement la préface de son ouvrage lElenchi haereticontm , etc.,* et très probablement l'ouvrage lui-même. Cela suppose un séjour de quelques mois, surtout si l'on joint à cela des occupations d'atfaires.
D'autre part, nous allons donner la preuve qu'il était de retour dès le 2 mars.
Parmi les réfugiés français à Genève, se trouvaient deux des plus grands juristes de l'époque : François Hotman et Hugues Doneau. La compagnie des pasteurs, voulant faire profiter les écoliers genevois ou au très de leur présence, prit une délibération (le 13 octobre) tendant à demander au petit conseil de prier ces deux hommes éminents de donner quelques leçons de droit. Ils acceptèrent, et leur enseignement fut assez suivi, pour qu'on pensât peu après, au commencement de l'année 1573, à leur adjoindre le professeur Ennemond Bonnefoy, de Valence.
Les ministres firent une réclamation, paraît-il, car le conseil prit, à la date du 2 mars, la délibération suivante :
« Profession en droict. — Messieurs de Bèze et Perrot, ministres de la paroUe de Dieu, ont comparu et après avoir remercié messieurs du soing qu'ils ont de favancement de la gloire de Dieu et de ceste escole, principalement à ce que l'estude des lois soit icy dressée et continuée, comme il avoyt esté commencé cy-devant, ce qu'ayant proposé en leur compagnie, combien ({u'il y a grande apparence que ce seroit le profit de la ville, néantmoings ils y trouvent des difficultés comme dressant icy l'estude des loix, ce seroit pour obscurcir tôles les aultres sciences, ainsy qu'il se voie aux aultres universités; davantage que ceulx qui s'adonnent à telle profession sont pour la pluspart débauchés, estans gens de maysons et de qualités, qui ne se
l. La préface en question est du 1" janvier i573.
vouldroient aysément assubiectir aux ordonnances et discipline de ceste église, joingt qu'il y escherra grande despence, car ung seul lecteur ne suifiroit pas ; se trouvans pour ces raisons perplex en ceste délibération, remettans à messieurs d'y adviser selon leur prudence, prians au surplus adviser à ce qu'il n'y a que ung professeur en théologie au moyen de quoi M. de Bèze est fort chargé, se tenant M. Daneau aultre lecteur au village; sur le premier poinct a esté arresté,si onpeult avoir Bonnefoy pour six cents florins d'estat pour totes choses, qu'on le retienne pour essaier ladicte profession; arresté, quant à l'aultre faict qu'on leur die qu'on n'y peult faire aultre, mais qu'ils advisent entre eulx de faire venir en la ville ledict Daneau et en sa place en mettre ung aultre de leur compagnie ^ »
Nous ne nous arrêterons pas h examiner ici la conduite de la compagnie en cette occurrence. M. Fazy s'est peut-être montré un peu sévère pour elle; c'est tout ce que nous en dirons. Mais nous concluerons de cette délibération, d'abord que Daneau était revenu à Genève; en second lieu qu'il était placé dans un village des environs, c'est-à-dire à Jussy; enfin, que déjà alors il était « lecteur en théologie. » Le Livre du Recteur (p. 372) le fait professer, effectivement, dès 1573- .