II. Fazy, op. cit., p
2. Une nouvelle preuve nous est fournie par l'extrait suivant, Reg. Vén. Comp., liée. 1573 : « Environ le commencement de ce mois les frères des champs demandèrent en la Compagnie, que M. Daneau qui comme estant le dernier venu se seoit es derniers d'entre eux, s'asseist doresp.avant os premier de leur rang, pour quelques grâces qu'ilz estiment que Dieu luy ait faict, et mesmement qu'il faisoil f^uelques leçons eu théologie en l'escliole. A esté advisé que combien que cela ne feust fort nécessaire et d'assez dangereuse conséquence, toulesfois il pourroit estre accordé, considérant (?) que la modestie dud. Daneau scroit telle qu'il n'en abuseroit poinct. » — Celle demande, aussi flatteuse pour ceux qui la firent que pour celui qui en fut l'objet, ne nous montre pas seulement que Daneau donnait alors quelques leçons, mais aussi le sérieux avec lequel étaient traitées les questions d'étiquette. Inutile de dire que les frères des champs étaient les pasteurs des villages avoisinant Genève.
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Cependant il semble résulter du passage suivant du Registre de la vénérable Compagnie, que ce ne fut guère avant le milieu de l'année 1574, qu'il donna régulièrement des leçons.
(( Le sabmedy [25 Juin 1574], M. L. Daneau, oultre ce qu'il avoit ja proposé en François devant les frères, a ancores en leur présence faict leçon en latin du 29' d'Isaïe. Après laquelle a esté arresté qu'il seroit mis à Vandeuvres, et nostre frère M. Estienne Groz à Jussy. Et que dès le lendemain l'un iroit annoncer l'aultre aux paroissiens afin qu'au plus tost ils feussent présentez. Notamment a esté déclaré aud. Daneau qu'il estait accommodé à Vandeuvres et approché de la ville afin que s* il es toit requis de faire leçons en reschole, il lepeust faire plus commodément. Il a accepté de faire ce qu'il pourroit, se voulant gouverner en tout et partout par la Compagnie. » Ne semble-t-il pas résulter du passage souligné par nous que Daneau n'avait pas encore professé i ?
Ce qui fut dit fut fait. Cependant Daneau ne fit que passer à Vandœuvres. Il y était depuis quatre semaines à peine lorsque mourut le pasteur Gilles Chausses. Une place, à Genève môme, devint vacante, et Daneau fut immédiatement appelé à l'occuper.
(( Le vendredy 25 juillet [1574], dit le Registre, fut esleu en la place de M. Chausses, M. L. Daneau, ministre de Vandeuvres, et ce pour cause de la profession en théologie en laquelle il peult aujourd'hui aider l'eschole plus qu'aucun aultre de la Compagnie, de laquelle il s'en feust peu choisir quelqu'un qui
1. Reg. vén. Comp., II, fol. 87, r». Il se présente ici une petite difficulté qu'il ne nous est pas possible de résoudre. D'un côté le ref/istre que nous venons de citer est formel : c'est bien le 25 juin 1574 que Daneau a fait leçon en latin. De l'autre nous le voyons dater de Gien, le 1'=' juillet 1574, la traduction en latin de son Traité des sorciers. La seule supposition que nous puissions faire, est qu'il a daté de Gien, tout en étant à Genève, parce qu'il avait antérieurement écrit le Traité à Gien ; mais cette supposition n'est guère qu'une défaite.
aultrement eust semblé plus propre pour le ministère de la ville, à sçavoir M. Jacquemot, lequel a esté exhorté de se préparer pour une aultre fois non seulement pour le ministère de la ville, mais aussy pour servir à l'eschole quand il plaira à Dieu de l'appeler. De quoy il s'est excusé honnestement et a déclaré qu'il désiroit de profiter au village autant qu'il plairoit à Dieu, recognoissant mesme la charge estre plus grande qu'il ne la peust porter. Led. Daneau s'est excusé aussy de ceste vocation sur quelque infirmité qui mesme de nouveau luy estoit survenue en sa personne et qui sembloit le pouvoir empescher de servir à l'Esglise à cause de la contention de la voix qui y est nécessaire, et qu'il estoit prest de demourer là où il est autant qu'il plairoit à la Compagnie. Les frères se sont arrestés à l'élection qu'ils avoient faicte, se reservans cependant ce poinct de pourvoir à luy cy-après, et le mettre où il seroit jugé le plus propret »
C'est ainsi que Daneau devint tout à la fois pasteur et professeur en théologie à Genève. Il devait remplir ces dernières fonctions jusqu'à son départ pour Leyde.
Il nous reste maintenant à rapporter quelques particularités sur son séjour, tirées tant des Registres de la Compagnie que de ses lettres. Commençons par les Registres.
Quelques jours avant d'être nommé pasteur à Genève, Daneau avait eu une assez désagréable affaire à l'occasion d'une servante. Voici ce que disent les Registres :
« Le 7' juillet [1574] fut vuidée en la Compagnie un affaire touchant M. Daneau, lequel avoit esté blasmé par quelque servante. Or combien qu'il n'y eust fondement ne grande apparence à lad. accusation, si est-ce que la Compagnie en a député de la Compagnie pour ouyr lad. servante. Laquelle a désavoué le tout. Il restoit de la poursuivre pour la faire chastier. A quoy il n'y