II PRÉFACE
Bongarsiana, voulut bien nous donner une première copie, qui ont été le point, de départ du présent volume. Nous nous étions d'abord proposé de les publier avec une courte introduction biographique ; mais peu à peu la matière s'est étendue à ce point, que les lettres de Daneau, qui devaient former le corps même de notre publication, en sont devenues une sorte d'appendice.
Parmi ceux qui nous ont encouragé à entrer dans cette nouvelle voie et nous y ont ensuite soutenu, il nous sera permis de nommer ]\1. le professeur M. Nicolas, de Montauban, dont nous ne saurions assez louer la constante bienveillance. S'il n'aimait pas aussi peu qu'il le fait de voir rappeler ses titres à la reconnaissance de tous ceux qui font appel à ses lumières et à sa complaisance, nous insisterions davantage. Mais nous savons qu'il met autant d'empressement à repousser les hommages qu'à les mériter.
Nous nous sommes efforcé d'être aussi complet que possible en tant que biographe, et en tant qu'éditeur des lettres de Daneau. En ce qui concerne cette deuxième partie de notre tâche, nous avons voulu publier non plus seulement les lettres conservées à Berne, mais encore toutes celles qu'il nous a été possible de trouver. Sans oser prétendre avoir publié toutes les lettres actuellement existantes, nous pouvons affirmer que nos recherches se sont étendues à toutes ou à peu près toutes les plus grandes collections publiques de l'Europe. Nous aurons lieu d'y revenir, et nous nous ferons alors un devoir et un plaisir de citer les noms de tant de personnes dont l'obligeance nous a fourni
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les moyens de publier les soixante lettres on environ qui forment la troisième partie de cet ouvrage.
En ce qui concerne la biographie proprement dite, et sans vouloir nous mettre « à genoux, dans une humble préface», peut-être nous pardonnera-t-on, ne fut-ce que pour expliquer les nombreuses et évidentes lacunes de cette étude, de dire quelques mots des difficultés que nous avons rencontrées.
Tout d'abord la vie de L. Daneau, si l'on en excepte quelques articles biographiques, dout le meilleur et le plus complet est celui de la France Protestante, n'a jamais été écrite. Lui-même, dans les dédicaces de ses ouvrages, ou dans ses lettres, est très avare de détails personnels. Semblable en cela à beaucoup d'écrivains du xvi° siècle, il pa- , raît surtout voir dans les lettres une occasion de disserter et écrire moins pour ses correspondants que pour le public. Aussi n'y a-t-il dans ses lettres que peu ou point de place pour les choses de la vie ordinaire, c'est-à-dire pour celleslà même qu'il serait si désirable de connaître.
En second lieu, la difficulté des temps où il vivait, en l'obligeant par suite des guerres ou des persécutions à quitter brusquement le lieu de sa résidence, lui fit perdre, comme nous le verrons, au moins deux fois sa bibliothèque, et avec elle, très probablement, un certain nombre de lettres ou de papiers dont quelques-uns auraient pu survivre et nous aider. Pour comble de malheur, en 1685, lorsque Lambert Daneau (petit-fils du nôtre), ministre de Pau, fut obligé de quitter la France, M. de Faucon de Ris, intendant de la Généralité de Bordeaux, fit saisir tous ses