Reg. vén. Comp., 11. fol. 109 et
4. Baum, Cunitz et Ed. Reuss, Joannis Calvini Opéra, tome X, parsprior, col. 87.
^ 81 — les deux professeurs en théologie exposaient « les livres de la saincte Escripture le lundi, mardi et mercredi, depuis deux heures après dîner jusques à trois, chascun en sa septmaine ». On a vu plus haut, enfin, à combien s'élevait son traitement.
Il ne nous reste plus maintenant, avant de raconter les circonstances qui amenèrent Daneau à quitter Genève, qu'à mentionner sa réception à la bourgeoisie. 11 fut reçu f/ratis le 16 janvier 1581, fort peu de semaines avant son départ pour Leyde.
La ville de Leyde faisait alors toutes sortes d'efforts et de sacrifices pour rendre son Université de plus en plus florissante. Elle adressait vocation aux hommes les plus éminents; et les offres qu'elle leur faisait prouvaient combien elle tenait à les attii>er.
En ce qui concerne la chaire de théologie, que le départ du professeur G. Feugueray (dont nous reparlerons) avait laissé vacante dès 1579,1e premier choix des magistrats de Leyde paraît avoir porté sur le célèbre Jérôme Zanchius\et cela dès le mois d'avril 1579 au p^us tard. Zanchius refusa. On s'adressa alors à Daneau, et, peut-être, bien qu'aucune preuve n'en existe dans les lettres à nous connues que Zanchius et Daneau échangèrent à cette époque, sur le conseil de Zanchius lui-même. Entons cas, dès le 8 mai 1579, Fr. Hotmau, à qui on avait offert une chaire de droit à Leyde, chaire ([u\\ refusa
I. Jérôme Zanchius jouissait d'une très grande réputation. Daneau lui-même nous en fournit la preuve dans la dédicace au comte palatin Jean Casimir de son Traité de l'Antéchrist. Il énuinère les adversaires les plus considérables de l'Antéchrist au moment où il écrit, et après avoir nommé Luther, Buliinger, Gaultier, il ajoute : « Je laisse à parler de plusieurs autres grans et très renommez personnages de nostre temps, comme de Jean Calvin, Théodore de Bèze, Hierosme Zanchiis très excellens et comme perpétuels antagonistes et adversaires de l'Antéchrist; » etc. Pour le dire en passant, les relations entre Zanchius et Daneau commencèrent justement à l'occasion de celte dédicace, Zanchius ayant écrit à Daneau pour le remercier, et celui-ci à son tour ayant répondu à Zanchius.
en recommandant H. Daneau, qui l'accopta; Fr. llotman, disons-nous, écrivait à Zanchius : « J'ai écrit à M. Daneau pour le prier d'accepter la place que vous n'avez pas cru devoir accepter vous-même^ . »
Ainsi donc, dès le mois de mai i 579, des offres avaient été faites à Daneau, et, par conséquent, Burmann se trompe lorsqu'il attribue l'appel de Daneau à Leyde à ce qu'en dédiant aux magistrats de cette ville son Commentaire sur le premier livre (les Sentences de Pierre Lombard^ il aurait attiré l'attention sur lui. Cette dédicace est du 4" septembre 1580; et si elle a précédé un second appel de Daneau, elle n'a fait que suivre le premi(ir- .
Il est vrai que la lettre de Hotman, dont nous venons de parler, n'est qu'incomplètem-ent datée, puisqu'elle ne porte pas d'indication d'année. Mais la date est facile à établir. En effet, après avoir exposé les motifs qui l'amènent à refuser la chaire qui lui est offerte, llotman ajoute : « Je les ai engagés à s'adresser à M. Daneau, etc ^. Or Daneau arriva à Leyde en. octobre 4579. La lettre de Hotman est donc antérieure à cette époque *.
Cette date est, en outre, confirmée par une lettre de Daneau lui-même au pasteur Gaultier, de Zurich. Dans cette lettre, du 47 mai 4579 ^, il raconte confidentiellement à son corrcs-
1. Cette lettre se trouve dans le même volume que les lettres déjà fréquem aient citées de Daneau à Zanchius, et parmi elles.
2. Burmann. Syllog. Epistolarum a Virislllustiibus scrlptamm, 1, p. 83 et suiv. Voy. Bibliographie, n" 32.