Suasi ut cum D. Donello agercnt, etc
/(.. P. Th. Eyssell, op. cit. (voy. p. 19, note 3), p. 118.
5. Par un singulier hasard cette lettre (voy. n» 37) est non seulement incomplètement datée en ce sens qu'il n'y a pas l'année, mais même Daneau paraît s'être trompé en la datant. Il a mis XVI, Cal. JulL, cv qui serait le Ki juin. Mais Gaultier a écrit en tête : 17 maii 1579. Redilitae 25 Maii 1579. Et à la lia Junii. Au reste ce qui nous importe ici, c'est l'année. Or l'année est indiquée par Gaultier d'un côté, et de l'autre par l'envoi du De Amicitia chrisliana
pondanl qu'il vient d'être appelé àoccuper la chaire de théologie dans l'Université de Leyde. A cette première demande il a opposé un refus; et, sur de nouvelles instances, il a répondu qu'il ne s'appartenait pas, mais dépendait des autorités civiles et ecclésiastiques de Genève. Les raisons de ce refus qu'il donne à Gaultier sont entre autres, qu'il ne se sent pas à la hauteur de la tache, d'autant qu'il s'agit moins de continuer un enseignement que de l'établir, et aussi qu'il lui répugne d'aller dans un milieu où il aura tant de luttes à soutenir, notamment contre les anabaptistes.
En face de ce double refus, les magistrats de Leyde s'adressèrent à divers théologiens connus, tels que Henri Mollerus, Frehusius, Cruciger et Cartwright ^ Mais partout leurs offres restèrent sans écho. Ils se décidèrent alors à s'adresser de nouveau à Zanchius, qui refusa encore une fois ", puis à Daneau, qui fmit par se résoudre à accepter.
Nous devons à l'extrême obligeance de M. le D'du Rieu, de Leyde, la communication de quatre lettres qui nous permettent de savoir comment la chose se passa \
La première est adressée à Daneau par les magistrats de Leyde. Ils le remercient de la dédicace de son ouvrage, et lui envoient en don quatre pièces d'or. La lettre et les pièces d'or lui seront remises par le messager de la ville, lequel a ordre.
( Yoy. Bibl., 11" 25), dont la dédicace est datée du 1'^'' janvier 1579. C'est aussi en 1579, et le 21 mars, comme nous le savons par une de ses lettres, que Daneau envoya cet opuscule à Zanchius.
1. Curmann, oj). cit., et loc. cit. Nous citons ces noms dans Tordre où les a mis Burmann, sans prétendre indiquer ))ar là l'ordre dans lequel ils furent appelés.
2. Dans une lettre écrite le 27 oct. 15S0, de Béze félicite Zanchius de ne pas accepter {recte faceretejudico, etc.) la chaire de Leyde, à cause des services qu'il peut rendre où il est. Cette lettre se trouve dans le vol. déjà indiqué des Œuvres de Zanchius, et à la p. 172.
3. Ces lettres sont toutes reproduites dans la III'^ partie de celte élude, Voy. les n»« 43 à IG.
en même temps, de lui offrir la chaire de théologie, et de lui dire les conditions proposées par la ville. La lettre mentionne ces conditions.
La seconde lettre est adressée à Th. de Bèze. Les magistrats de Leyde lui communiquent le choix qu'ils ont fait de Daneau, et le prient d'user de son influence auprès de lui pour qu'il accepte cette vocation. Ou bien, si décidément Daneau persiste dans son relus, ils prient Th. de Bèze d'indiquer quelqu'un d'autre. Ces deux lettres sont datées du 1" décembre 1580. , La troisième est de Daneau. Il répond aux magistrats, et les remercie de leur lettre etde leur présent. Il leur annonce également qu'il accepte la vocation qu'ils lui adressent, et exprime l'espoir que la tâche ne sera pas trop lourde pour lui. Il demande, en outre, si le sénat de Leyde ne pourrait pas le recommander à des marchands de la ville allant h la foire de Francfort, afin qu'il puisse voyager plus vite et plus sûrement avec eux à leur retour. An reste, il est prêt à partir, et ne prendra que le temps de préparer ses malles. Il a gardé le messager de la ville pour lui servir d'interprète, parce qu'il ne sait pas parler la langue allemande. Enfin il ajoute qu'il amène avec lui sa famille, c'est-à-dire sa femme, trois enfants au-dessous de six ans et un domestique.
La quatrième lettre est la réponse de Th. de Bèze aux magisrats. Il les félicite de leur zèle, et exprime tous, ses regrets que Daneau, ornement de l'église de Genève, leur soit enlevé; il n'aurait pu indiquer personne de mieux qualifié, et proteste que l'intérêt de l'église de Leyde a pu seul le décider à se laisser arracher un si exellcnt collègue et ami \
1. Environ sept ans plus tard, de Vièni ayant à exprimer son 0|)inion sur Daneau, attaqué par des tliéologiens lutliériensi disait : « Je n'ay point voulu produire en jeu en ceste dispute le U. Daneau, personnage très docte et vertueux défenso'ur de la vérité en cest argument, contre le D. André mesmcs :non seulemnt pource que je n'en avois aucune charge de luy qui estoit absent, mais aussi d'autant que je scay bien qu'il n'a que faire de ma défense en une si
De ces deux lettres, la première, celle de Daneau est du 56 janvier, et la seconde, celle Th. de Bèze, du i" février 1581 .
Nous ne pouvons mieux terminer le récit du séjour de Daneau à Genève qu'en reproduisant l'attestation suivante qui lui fut donnée au mouient de son départ par les autorités de Genève, et dont M. le D' du Rieu nous a également envoyé la copie:
Nous Syndicques et Conseil de Genève, savoir faisons à touts ceulx qu'il appartiendra. Gomme estants requis de la part de Spectable maistre Lambert Daneau, noslre bienaymé bourgeoys et professeur en Théologie en nostre église, de luy permettre de se retirer de ceste nostre cité pour aller faire service de la mesme profession en une aultre église, en laquelle il est appelle et luy octroyer par mesme moyen attestation de sa bonne conversation en nostre dicte cité et église, pour luy servir partout où luy sera expédient. A icelle requeste comme équitable enchnans, avons par ces présentes ouctroyéaudict Spectable Daneau nostre gratieulx et amiable congé, le retenans tousjours néantmoins du nombre de nos féaux bourgeois pour luy et les siens. En outre attestons par cesd. présentes que pendant que ledict Spectable Daneau a faict sa demeure en nostre ville tantexerceantle ministère de St. Evangille, que la profession de Théologie, il s'en est acquitté en toute fidélité et diligence, à nostre contentement et de toute l'Eglise. En foy et tesmoignage de quoy luy avons accordé ces présentes soubs nostre sceau commun et seing manuel de nostre secrétaire. ' Le 8 Féburier xv' lxxxi.
bonne cause. Car nous cognoissons assez en ceste Église de Genève quelle est son opinion sur ce poinct de doctrine, l'ayans ouy l'espace de quelques années annoncer de bouche et par escrit toute saine doctrine, jusques à ce que nous fûmes contraints de l'accorder aux instantes prières de l'escole de Leyden, qui le rcqueroit pour son docteur. » Réponse de M. Th. de Béze aux Actes de la conférence de Mombelliard, imprimés à Tubingue, Genève. Jean le Preux, 1587, V, p. 257.
Le principal estoiL scellé d'un grand sceau en cire rouge avecq les armes de Genève, sçavoir ung demi-aigle d'un costé et une clef d'aultre ayant en la circumférence le sceau commun de Genève. Dessoubs estoit escript, Par mesdicts Seigneurs Syndicques et Conseil, et signé Chevalier.
§ II. — VOYAGE ET ARRIVÉE DE DANEAU A LEYDE. DE L'UNIVERSITÉ DE CETTE VILLE. DÉTAILS SUR LE SÉJOUR DE DANEAU. CAUSES DE SON DÉPART.
Partis de Genève le 8 février 1581, Daneau et les siens arrivaient h Leyde le 13 mars * vers trois heures de l'aprèsmidi, et étaient reçus très cordin]emenl (peramanter) par les pasteurs, les professeurs et les magistrats de la ville.
Leur voyage n'avait pas toujours été très agréable. Sur le Rhin ils avaient essuyé de fort mauvais temps, et avaient même failli faire naufrage à son embouchure. Ils avaient aussi, paraît-il, été poursuivis par des pirates ^.
Mais de ces divers ennuis, le plus sensible à Daneau avait été l'accueil, très peu fraternel, en effet, qu'il avait reçu à Strasbourg. Il le raconte lui-même dans un de ses ouvrages ^, et nous donnerons d'autant plus volontiers quelques détails sur ce point, qu'ils mettront le lecteur en mesure de voh^ jusqu'où était poussée, au xvi° siècle, l'ardeur dogmatique.
Daneau, on le verra dans la IP partie de cette étude, était un des adversaires les plus infatigables et les plus ardents des ubiquitaires. Or, à cette époque, ceux-ci avaient la haute main à Strasbourg.
En descendant le Rhin, le bateau sur lequel voyageait le
1. Et non le 8 février, comme le dit à tort M. Eyssell (op. cit., p. 119 et n° 357). Voy. lettre à Gaultier, du 5 mai 1581, n" 49.