‹ Lambert DaneauChapitre 47 sur 136 · Motley, op. cit., II, 1GG-1G · texte numérisé non relu

Motley, op. cit., II, 1GG-1G

± Motley,. op. cit., III, 503. Cf. IV, 39.

3. Brandt, op. cit., p. 264. Cf. la dédicace de Daneau mentionnée ci-dessus.

4. Duthenus (1590) est surtout célèbre par la traduction en flamand de tous les ()saumes de Marol et de de Bèze. Cette traduction, qui devint si popu-

grand tort d'encourager, ou même de diriger, alors que leur mission eût été de les éviter et de les calmer ^

Avant d'aller plus loin, et de raconter ce qui concerne le séjour de Daneau à Gand, nous devons dire que notre tâche est extrêmement simple sur ce point, puisqu'elle se bornera presque exclusivement à reproduire des fragments d'un travail publié par M. le professeur Paul Frédéricq, de Gand.

En 1878 il a communiqué à la Société pour le progrès des études 'philologiques et historiques de cette ville, une Note sur V Université calviniste de Gand\ Nous ne saurions mieux faire que de donner ici certaines parties de cette substantielle étude. Nous y sommes, d'ailleurs, bien obligés, puisque, à l'exception de la dédicace dont nous avons parlé, et d'une seule lettre de Daneau à Th. Ganter, lettre qui ne contient rien qui puisse nous servir ici, nous ne possédons aucun détail sur le séjour de notre théologien dans la capitale de la Flandre orientale l

Après avoir brièvement rappelé les circonstances troublées de la ville de Gand, M. Frédéricq dit (p. 3) : Le 4"=' juillet 1578, le magistrat supprima le séminaire catholique qu'avait fondé le premier évêque de Gand, et le remplaça par un séminaire protestant confié à des ministres calvinistes. Ce fut le point de

laire grâce à l'influence personnelle de son auteur, mais qui est loin, paraît-il, d'être irréprochable, parut en 15GG. Voy. Bovet, Histoire du Psautier (Neufchâtel et Paris, 187'2)p. 93 et suiv., et p. 306. — Dathenus avait été Carme. i. Sur les excès coinmis, et sur le rôle de Dathenus et des chefs populaires à Gand, voy. Brandt, op. cit., I, 266; Motley, op. cit., IV, 177 et suiv., 271 et suiv., 348 et suiv.

2. Depuis que cette intéressante brochure a paru, nous avons reçu de l'auteur une lettre où il dit que l'école gantoise n'était pas une Université proprement dite, mais une école de théologie avec un cours préparatoire de langues mortes. C'est ce qu'on appelaitdans les Pays-Bas un Aihenacum illustre. Nous conserverons cependant cette appellation, puisque c'est celle que M. Frédéricq a employée.

3. Nous devons également nientionner ici les précieux renseignements qu'a bien voulu nous donner à plusieurs reprises l'éminent bibliothécaire de l'Université de Gand, M. Vander Haeghen.

départ de l'Université gantoise. Le 6 octobre suivant s'ouvrit un cours de théologie, confié au ministre Jacques Kimedonck. Le

professeur fit sa première leçon à 8 heures du matin Il

annonça qu'il ferait son cours tous les jours, sauf le jeudi, qu'il expliquerait l'épître de Paul aux Ephésiens, et qu'un autre professeur enseignerait la grammaire grecque Le lendemain et

les jours suivants Kimedonck continua ses explications, parlant assez lentement pour que ses auditeurs pussent écrire sous la dictée. A la fin de chaque leçon, il rendait grâces à Dieu. Dans la suite, il expliqua aussi les épîtres de Paul aux Golossiens et aux Galates et les épîtres de Pierre. Le 13 octobre 1578, Kimedonck expliqua les Dialectica Valerii K »

Le professeur de Gand constate ensuite, à l'aide des Registres des résolutions des échevins de la Keiire'\ qu'il y avait un professeur d'hébreu. Il nomme, parmi les autres professeurs, Adrien Damman, ou Dammant, pour le latin, et Lucas Claeysone pour le grec; ce dernier était aveugle. Vers la fin de l'année 1582, l'Université de Gand vit encore venir, comme professeur de philosophie, Alexandre Ratloo, qui, comme Daneau, avait quitté l'Université de Leyde. A côté de l'Université, le magistrat de Gand établit une école latine dont le recteur fut Chrétien de Rycke. Ajoutons enfin qu'il ressort des détails donnés par M. Frédéricq, tant sur les bourses instituées pour les étudiants pauvres, que sur le traitement des professeurs, que la ville de Gand faisait de grands sacrifices en faveur de son Université.

Venons-en maintenant à ce qui concerne Daneau. Nous citons textuellement (p. 10) :

1. Il s'agit sans doute ici d'un ouvrage de Cornélius Valerius, d'Oudewatcr, mort en 1578, « qui prétendait, dit Moréri, qu'il fallait emprunter les lumières delà dialectique pour pouvoir bien enseigner les sciences ». Voy. 18" Ed., VIII, lettre V, p. 17.

2. Les 2t écliovinsde Gand formaient deux bans'de i2chacun : les échevins de la Keare^ et ceux de la Gedeeleoii des Pnrchons.

En 1582, l'Université calviniste s'adjoignit un nouveau professeur de théologie, qui jouissait d'une grande réputation. C'était le docteur Lambert Daneau, ou Danaeus, de Beaugency, près d'Orléans. Il quitta l'Université de Leyde pour celle de Gand, et les échevins de cette dernière ville lui remboursèrent ses frais de voyage (5 livres gros). Le 30 mai % il ouvrit son cours à trois heures de l'après-midi, dans l'église des Dominicains, en présence du président du conseil de Flandre, Adolphe van Meetkerke, de quelques conseillers et du magistrat de Gand. Daneau s'exprima en latin. Il commença par invoquer l'assistance du Saint-Esprit; puis il loua les autorités présentes d'avoir fondé à Gand une école des sciences divines, à l'exemple de l'Église d'Alexandrie (comme le rapporte Origène), de celle de Rome et de l'empereur Gharlemagne, qui, d'après Daneau, avait fondé l'Université de Paris. Il déclara ensuite qu'il avait quitté Leyde à cause des dissensions théologiques qui y régnaient et qii'il se proposait de retourner en France (c'est nous qui soulignons), sa patrie, lorsqu'il avait reçu des nobles seigneurs du magistrat gantois l'invitation de venir faire un cours à l'Université calviniste. Il se mit à discuter quelques points de controverse relatifs à l'Église, et annonça que ses leçons auraient lieu les lundis, mercredis et vendredis de chaque semaine, l'après-midi. Il ajouta qu'il avait sucé la moelle des sciences divines de la bouche de son vénérable maître Th. de Bèze, et qu'il avait composé une dissertation .sur le Pater ^ qu'il dédiait (il faut lire, comme on l'a vu plus haut, qiHl avait dédiée) au magistrat de Gand.

l.Nous avons dit plus haut qu'il y était tlrrivé vers le 20. — Ce fut à la demande des ministres protestants de Gand que la ville couvrit ses frais de voyage. Voici le paragraphe du compte communal (août 1581 à août 1582) oïl ce détail se trouve mentionné, fol. 381 : Payé à Olivier Alaerdt la somme de cinq livres gros pour les employer à payer les frais supportés par le docteur Lambertus Dhanius {sic), voyageant de la ville de Leyde en Hollande jusque dans cette ville, à la demande des ministres protestants.

Tel est le résumé de cette leçon d'ouverture que nous donne Philippe van Campene % qui, probablement, se trouvait dans l'auditoire. Du reste, le chroniqueur contemporain ne fut pas enthousiaste de Daneau. Voici comment il s'exprime à son égard: « On peut dire de lui avec vérité : Parturiunt montes, nascitiir ridiculiis mus . Kimedonckétait,àmon sens, beaucoup plus savant et plus intelligent que ce Daneau qui lisait ses leçons dans un cahier. »

Cette observation, peu favorable à Daneau, comme on le voit, est intéressante en ce qu'elle montre qu'on attendait beaucoup de lui; ce qui prouve en faveur de sa réputation. De plus, elle confirme, par un reproche, il est vrai, ce qu».' nous avons dit de sa manière d'enseigner : il lisait dans un cahier. C'est là certainement une manière peu attrayante d'enseigner. Reste à savoir si ses avantages ne compensent pas ses inconvénients.

(( Le résumé, continue M. Frédéricq, que van Campenc nous donne d'une autre leçon de Daneau, n'est pas de nature à nous représenter le nouveau professeur comme bien fort en logique. Le i" [juin 1882], dit notre auteur, il expUqiia le moi Ecclesia, disant qu'il vient du grec et signifie une assemblée, une réunion, à savoir de chrétiens; l'assemblée des Juifs s'appelle synarjofja. Il poursuivit en se demandant si une telle Église existe sur terre, et il répondit oui. En effet, de même qu'il y a un soleil, un air et une mer, ce que nous enseigne l'écriture sainte, de même celle-ci nous prouve plus clairement encore qu'il y a une Église »...

l.Th. van Campene, en \^{\a.Campanacm, avocat au conseil de Flandre cl licencié iilrlusquejurh, a écrit une chronique latine intitulée: Diarium rerum Gandavensium ah anno 157(), ad annum 1586, encore manuscrite, mais que M. Frédéricq se propose de publier in extenso, avec une traduction flamande et des notes tirées d'autres chroniques contemporaines, et surtout des Archives communales, dans la Collection des Bibliophiles tjantois.

— IIG —

Ce raisonnement est bien certainement tronqué. Sous la forme que lui a donnée Ph. van Gampene, il est môme incompréhensible. Mais on peut aisément comprendre ce que Dancau a voulu dire, si l'on se rappelle la manière dont les Pères, et notamment Saint-Gyprien et Saint-Augustin, comprennent et démontrent l'unité et la perpétuité de l'Église chrétienne visible.

M. Frédéricq mentionne encore le nom de Daneau à propos de quelques soutenances de thèses. « Le 14 juillet [1582], ditil p. 15,à deux heures de l'après-midi, quarante propositions furent affichées dans l'église des dominicains. Le même jour, elles furent soutenues sous la présidence de Daneau par un jeune homme de Lille, nommé Dominique Baude ^ , qui plus tard fut professeur h Leyde. Trois contradicteurs se présentèrent. L'une de ces thèses portait que l'observation des commandements de Dieu est impossible, puisque personne, en dehors de Jésus-Ghrist, ne les a accomplis complètement... Cette dispute théologique finit vers les cinq heures; beaucoup de

ministres, de personnesde qualité etde bourgeois y assistèrent

Le 3 novembre, on vit le jeune comte palatin Jean défendre 40 thèses sous la présidence de Daneau. Van Gampene nous apprend qu'un petit nombre seulement de cesthèsesfut abordé; elles se rapportaient à la quatrième partie du catéchisme calviniste néerlandais ^ . Cette discussion commença à deux heures de l'après-midi, et se prolongea jusqu'à cinq heures, après quoi Daneau remercia Dieu, qui par sa miséricorde et sa faveur avait permis que la vraie doctrine chrétienne|fLit établie, et il remercia de même le magistrat qui en avait fourni les moyens. »

1. La France protestante lui a consacré un article ; il s'appelait Baudier. Il était né à Lille le 8 avril 15G1, et mourut le22 août 1G13. — \oy. France prot., 1" Ed., 1, col. 983etsuiv.

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