Notamment la France protestante, IV
3. Voici ce qu'écrit Helmichius (op. cit., lettr. XIV, p. 34); Danaeuin conati fuimiis hue vocare : sed non sttccessit. Lilerae enim a Leijdensibns ad Magistraium noHrum scriptae fiierant, quae déclarant eum neque a se neque ab Ordinibits neque ab ipso Principe dimissum :ac praeterea optimum hune virumseditionis atque ambitionis acerbissimis verbis gravissime accusant. Perspicis istorum hominum ingenium et malig nos mores. Hinc factum ut Magistratus noster ab hac deliberatione abstinuerit : ea potissimum de causa, quod nondum ab Ordiuibus dimissuni intelligerent. Non puto Ordines
tantumdedecus in Hollandiant commissuros ut eum abire patiantur Cette
lettre est datée d'Utrecht, le 12 avril 1582. — Lettre de Juste-Lipse à Th. Gauler, dans Epist. a Gabbema edit., p. C83.
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d'y rentrer. Cependant, cédant aux sollicitations des magistrats et des pasteurs calvinistes de Gand, il s'arrêta dans cette ville et y enseigna la théologie, en même temps qu'il y fut pasteur de l'église wallonne. Son séjour à Gand, commencé le 20 mai 1582. dura jusqu'au 7 mai 1583, c'est-à-dire à peu près une année ^
Ce n'était pas la première fois que Daneau venait à Gand. Il y avait été appelé, dans le courant de l'année 1581, pour présider une distribution de prix. L'accueil qui lui fut fait lui plut tellement, qu'il crut devoir dédier, par reconnaissance, son Conimentairc sur V oraison dominicale ' aux magistrats et aux pasteurs de cette ville. Cette dédicace, du 1"' janvier 1582, où est mentionné le voyage dont nous venons de parler, donne en outre quelques détails sur l'organisation de l'Église calviniste de Gand. 11 y avait alors à Gand douze pasteurs, parmj lesquelsDaneau cite Bolliuset Kimedonck,et l'Eglise elle-même était divisée en six paroisses, dirigées chacune par deux pasteurs, assistés d'anciens et de diacres, qui avaient la charge de réprimer les scandales, et de distribuer les aumônes.
La ville de Gand avait de très bonne heure compté de nombreux protestants. Au temps des grands prêches pubhcs (156G), un prédicateur célèbre, Hermann Modet, avait réuni, dans une prairie proche de Gand, des auditoires de sept à huit mille per-
1. Lettre de M. Vander Haeghen, bibliothécaire de l'Université de Gand. — Lettre de M. le D'' du Rieu.
2. Voy. Bibliographie, n'^ 42. — Daneau reçut un présent delà ville en retour de sa dédicace. En effet, dans le compte commuaal de Gand (août 1581 à août 1582), au fol. 330, on lit : 4 Payé au docteur Daneay (sic) la somme de quatre livres, tiois escalins, quatre deniers gros, pour le coût d'une demi-aime devin, qui lui fut offerte, parce qu'il a dédié certain livre à Messieurs les échevins, et pour ses autres services rendus à la ville. » C'est la traduction littérale du flamand. Mous devons la connaissance de ce renseignement comme d'ailleurs de la plupart de ceux qui concerneat le séjour de Daneau à Gand, à M. Paul Frédéricq, professeur à l'Université de Liège.
sonnes. A la même époque, chose triste à dire, les iconoclastes y avaient aussi ravagé les églises ^
Lorsque, en 4568, la persécution sévit dans les Flandres et le Brabant, la ville de Gand ne fut pas épargnée, et ce fut là que le ministre protestant Giles de Meyer, entre autres, subit une mort horrible.
Quelques années plus tard (1570), lorsque les Espagnols eurent pris, pillé et mis à feu et à sang la ville d'Anvers, les Flandres, le Brabant et autres provinces se soulevèrent. Naturellement Gand suivit le mouvement, bien que sa citadelle fût occupée par les Espagnols. Ce fut là que fut signé, peu de jours après, le fameux traité qui devait unir d'une part les États de Brabant, des Flandres, d'Artois, de Hainaut et leurs associés, et d'autre part la Hollande, la Zélande et leurs confédérés. Ce traité est connu dans l'histoire sous le nom de Pacification de Gand \
Cette Pacification rouvrit les portes de Gand à une foule d'exilés pour cause de religion, qui, malheureusement, apportèrent de leur exil, avec le souvenir des persécutions qu'ils avaient essuyées, des animosités, un grand désir de vengeance et une grande intolérance. Ces sentiments sont certainement blâmables et peu chrétiens; mais on ne saurait refuser aux réformés de Gand des circonstances atténuantes.
Leur influence devint bientôt prépondérante, et il est triste à dire que si elle se manifesta d'abord dans le fait de leurs réunions religieuses de plus en plus nombreuses et de plus en plus fréquentes % et par leurs efforts pour obtenir le libre exercice de leur culte, elle se manifesta aussi par des excès de tous genres que certains de leurs ministres, comme Dathenus% eurent le