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examinés par des députés choisis par les États pour cela, et que s'ils sont imprimés, les États auront égard au travail et peine dud. Daneau.
L'avis de M. de Navailles fut adopté à la pluralité des voix.
Il est probable que cet ouvrage ne fut jamais imprimé. En tous cas, nous n'en avons vu l'indication nulle parrt.
A partir du 8 juin 1588, on ne trouve plus dans le registre des baptêmes indiqués plus haut, le nom de Daneau comme pasteur officiant. Peut-être cessa-t-il, à cette époque, d'exercer les fonctions pastorales. Cependant il ne quitta le Béarn qu'en 1593.
En 1591, il suivit l'Université, qui fut transférée d'Orthez à Lescar. Malheureusement les délibérations des jurats d'Orthez, depuis le 7 février, jusqu'au 13 mai 1591, manquent dans les registres ; et d'autre part nous n'avons rien trouvé à Lescar. C'est un incendie, croyons-nous, qui a amené la destruction de tous les documents autrefois déposés dans cette ville. Enfin, la lettre de Daneau, datée de Lescar, et que nous publions plus loin (n" 56), permet bien de constater qu'il était dans cette ville en 1592, mais ne contient aucun renseignement.
Les Mémoires de Gâches ^ nous donnent également la preuve de la présence de Daneau à Lescar. Voici, en effet, ce que nous y lisons (p. 450) :
« La ville de Castres députa Jacques Bissol, advocat, à Lesca, en Béarn, qui traita avec M*^'^ Lambert Daneau, professeur en théologie, qui ne voulut venir qu'à condition qu'on ne souffriroit point l'habitation d'Olaxe dans la ville.
Le Journal de Faurin' nous donne la date exacte de son arrivée (p. 210) :
1. Mémoires de Jacques Gâches sur les guerres de Religion à Castres et dans le Languedoc (1555-1610), publiés pour la première fois, etc., par M. Charles Pradel. Paris, Saiidoz et Fischbacher, 1879, 8".
2. Journal de Faurinsur les guerres de Castres. Première éd. conforme au
(( Le 29 du mois d'octobre, vendredy, la nuit, les poiies de la ville fermées, M. Daneau, ministre de la parole de Dieu, est arrivé en la présente ville de Castres, et a esté fait ministre naturel de lad. église. Monsieur le docteur Bissol, ancien de l'église, l'est allé chercher en Béarn, car il estoit là ministre et professeuF* ».
On vient de voir la condition faite })ar Daneau au sujet d'Olaxe, et ce fait demande une courte explication.
Gaspard Olaxe, ou d'Olaxa, était un Espagnol converti au protestantisme.il avait exercé les fonctions de pasteur dans plusieurs églises, et, juste avant de venir à Castres, à Sorèze. C'était un beau parleur, fort intelligent, et qui, grâce à sa nature méridionale, savait agir vivement sur les masses. Il vint prêcher à Castres, et l'effet de sa prédication fut tel, que les Castrais désirèrent immédiatement l'avoir comme pasteur. Quelques membres de l'Église trouvèrent cependant cette décision trop hâtive. Ils pensèrent qu'il aurait fallu, avant tout, prendre des renseignements sur son compte. Ils firent, en outre, remarquer que son orthodoxie n'était pas à l'abri de tout reproche. En réponse à ces hésitations, Olaxe, dans son prochain sermon, traita ces personnes de sots, manants, bêtes, idiots, hérétiques, ignorants. Ces injures devaient lui attirer, et lui attirèrent en effet, la faveur du vulgaire. Une lutte intestine s'engagea donc dans l'Église de Castres.
Pour remédier à ce mal, un colloque s'assemble dans cette ville en février 1593; mais il est réduit à l'impuissance par les (( mutineries populaires, » excitées, sinon conduites, par Olaxe. Ce premier colloque se borne à renvoyer l'affaire au colloque de Lauragais, assemblé extraordinairement à cet effet
manuscrit original, publiée par Ch. Pradel. Montpellier, imprimerie des Chroniques de Languedoc, Firmin et Gabirou, imprimeurs, 1878, 4°.
1. Il résulterait de là que Daneau aurait continué à remplir jusqu'au bout les doubles fonctions du ministère et du professorat.
à Caraman au mois de mars suivant. Olaxe est invité à y comparaître. Il refuse sous prétexte qu'il est seul ministre à Castres et indisposé; qu'il a des causes de récusation contre plusieurs de l'assemblée, et qu'il ne peut s'exposer en chemin sans risque de sa vie, aguettée par ses ennemis; protestant que si on ne le renvoie pas à un autre colloque ou synode prochain, il en ira mal aux opposans à jeur retour à Castres, et que le peuple leur courra sus'. Le colloque de Lauragais ne l'en condamne pas moins, le 58 mars 1593.
Le consistoire de Castres voulut d'abord obéir au colloque. Mais bientôt il changea d'avis, et Gâches nous laisse entendre que des questions de personnes et des rivalités de familles ne furent pas étrangères à ce retour en arrière. Olaxe et le consistoire en appelèrent alors au synode provincial qui fut tenu à Montauban au mois de mai suivant. Mais au moment d'y comparaître, Olaxe s'esquiva, laissant ses anciens amis du consistoire être censurés, et lui-même être condamné par ce synode. Ajoutons enfin que le synode national de Montauban (1594) confirma cette double condamnation.
Et voilà pourtant l'homme qu'un récent historien du Protestantisme dans r Albigeois ne craint pas de montrer comme un des défenseurs de la libre conscience, et presque comme un martyr de fanatisme! On ne saurait être plus indulgent, et, à vrai dire, il semble plus juste de l'être moins ~\
Le seul fait qu'Olaxe n'était pas d'une orthodoxie intacte, et qu'il ne s'était pas incliné devant l'autorité des conseils ecclé-
1. Voy. Mémoires de Gâches, p. 441 et suiv. D'après Faiirin (p. iOl), Olaxe y serait allé, mais trop tard. « Et sur la fin de lad. assemblée, led. Olaxe s'y achemina, bien accompagné de gens à cheval; mais il arriva tard, car ils estoient prêts à se départir; ils avoient les disputes faites, et tous les papiers dud. Olaxe, et jugé. »
2. Camille Rabaiid, Histoire du Protestantisme dans l'Albigeois et le Lauragais (Paris, Saiidoz et Fischbacher, 1873), ip. 18"2 et suiv., et notamment p. 185.
siastiques, suffit au contraire à expliquer la réserve expresse de Daneau. Et quand plus tard (29 juillet 1594) Olaxe essaya de revenir à Castres, Daneau et son collègue Balaran se mirent à la tête de ceux qui le forcèrent à s'éloigner.
Par suite du départd'Olaxe et de la mort du ministre Marsan (16 févr. 1593), Daneau se trouvait seul pasteur à Castres. L'Église demanda, sur son conseil très probablement, à la vénérable compagnie des pasteurs de Genève de lui envoyer un nouveau ministre. La lettre écrite à cette occasion, et que nous donnons dans la HT partie de cette étude, est du 2 novembre 1 593.
Nous ne savons ni si elle reçut une réponse, ni quelle. En attendant, le ministre Balaran, qui desservait l'église d'Eymet (colloque du Périgord), fut prêté à Castres, sa ville natale. Il y arriva le 6 novembre 1593, et y resta jusqu'au 3 février 1594. M. Bissol, le même qui avait été chercher Daneau en Béarn, accompagna Balaran pour le demander à son église et à son colloque. Il obtint, ce en grande difficulté et peine, que led. Balaran.... serviroit en Castres l'espace de deux ans, et puis se rendroit en son église. » Balaran rentra à Castres le 18 mars. Il fut ensuite demandé pour être ministre « naturel y> de cette ville, au synode national de Montauban, « à cause, dit Faurin, du défaut de ministres (|ue nous avions, et pour le soulagement de M. Daneau à cause de sa vieillesse ; ce que led. Bissol a peu obtenir en toute difficulté; mais enfin l'a obtenu*. »
Pour le dire en passant, le nom de Daneau paraît deux fois dans les actes du synode national de Montauban. Une première fois parce qu'il se trouve au nombre des ministres protestants choisis par le synode pour entrer en conférence avec les théologiens catholiques, conformément à l'offre faite