‹ Lambert DaneauChapitre 57 sur 136 · Mémoires de Gâches, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Gâches, p

6. Dans une lettre à Grynée, du 27 août 1595 (voy. n''59), il ne se plaint pas encore d'être malade.

tant sans doute sa fin venir, il dicta son testament, que nous allons reproduire.

Il mourut le 11 novembre 1595, « fort regretté de tous, nous dit Gâches^, à cause de son mérite et des services qu'il avait rendus pour redresser et rétablir le bon ordre dans l'église de Castres ». Évidemment c'était dans ce but qu'on l'y avait appelé. On avait pensé, et avec raison, que son nom, sa réputation et son mérite le rendraient plus capable que tout autre de rendre la paix à une église aussi profondément troublée que l'était celle de Castres après le départ d'Olaxe.

Son successeur fut Jean-Baptiste de Rotan, d'Italie, qui venait de la Rochelle, où il était alors ministre. Il arriva à Castres le 31 octobre 1596, et y mourut le 28 août 1598'.

Voici enfin le testament de Daneau tel que nous le trouvons dans le tome I de Xà Bibliothèque des auteurs et écrivains... cF Orléans, de Dom Gérou {Msc. Orl., 467). Malheureusement Dom Gérou a copié sur une copie de l'original. Sa copie peut être fidèle; mais certainement son modèle ne l'était pas. D'autre part, l'original ne s'étant plus retrouvé, il ne nous a pas été possible de corriger toutes les erreurs de la copie. Cependant, grâce à M. Ch. Pradel, le savant éditeur des Mémoires de Gâches, nous avons pu apporter quelques améliorations, notamment dans les noms propres.

L'an 1595, après midi, dans la ville de Castre et au collège de la ditte ville, sénéchaussée de Carcassone, régnant très chrétien Henri, par la grâce de Dieuroy de France et de Navarre, par moy notaire et témoin soussigné, constitué en personne, messire maistre Lambert Daneau, natif de Baugency, baillage d'Orléans, docteur es droit et professeur en la sainte théologie, à présent ministre de la parole de Dieu en cette église de

\. Mémoires de Gâches, p. 159.

2. Mémoires de Gâches, p. 461, et note 1; Journal de Faurin, p. 221.

Castre; lequel gissant dans son lit, détenu decertaine maladie corporelle, toutefois bien sain et dispos de son entendement, esprit, mémoire et connoissance, considérant qu'il est ordonné il tout homme de mourir une fois, et que l'heure de la mort est incertaine à tous, de son bon gré après l'invocation du nom de Dieu, a fait et ordonné son dernier et nuncupatif testament et disposition de ses biens, comme s'ensuit : premièrement le dit sieur Daneau rend grâce à Dieu de ce qu'il lui a fait cette grâce de l'avoir appelle à sa sainte conoissance, et de l'avoir honoré en son église de la charge de pasteur et professeur en la sacrée théologie, laquelle il proteste qu'il a escritet enseigné sainement et selon l'analogie de la foy en laquelle il veut vivre et mourir étant à l'heure qu'il est des élus de Dieu par le témoignage qu'il a en sa conscience, par l'esprit d'adoption qui lui a été donné, lequel est la vie de nostre héritage ; suppliant ce bon Dieu de lui faire sentir et cueillir le fruit de son adoption lorsqu'il lui plaira recueillir son âme pour la faire participante de l'héritage éternel qu'il a préparé à tous ses enfans en son fils Jésus Christ Notre Seigneur, le suppliant qu'il lui plaise en faveur d'ycelui lui pardonner tous ses péchés. Et venant à la disposition de ses biens temporels, le sieur Daneau, testateur, ordonne et laisse par aumosne pie aux pauvres de l'église de Castre, la somme de dix écus payables dans un an après son décès et distribuable par les anciens du Consistoire : pkis à Delphine sa chambrière, en récompense des services qu'elle lui a fait, lui donne et lègue cinq écus sols payables de mesme après son décès; plus reconoissant les agréables services qu'il a reçu de demoiselle Claude Péguy, sa femme, a confirmé et confirme la donation par lui à elle faitte, retenue par M. Vincent de La Borde, notaire royal en la sénéchaussée des Landes, siège Saint-Séver, le 6 juin 1584, et insinuée en la cour de M. le Sénéchal et juge ordinaire de Castre, le 13 juillet dernier passé. Item adonné et légué àMarie Daneau, femme de Daniel

de La Borde, marchand, demeurant à Despont [Départ?] en la ville d'Orlhès la somme de cent écus, outre la dotte par le testateur à elle constituée et jugée payable dans un an après son décès, laquelle sommelui donne et lègue avec la ditte dotte par droit d'institution héréditaire, portion légitime, supplément d'ycelle, et moyennant il la fait et institue son héritière particulière que ne puisse plus rien demander sur lesdits biens. Et parce que l'héritier héréditaire est le chef de toute la famille, ledit sieur Daneau a fait, institué et de sa propre bouche comme son héritier universel et général de tous et chacun sesbiensmeubleset immeubles, présens et à venir, savoir : Josias Daneau, son fils légitime et naturel et de ladite dame de Péguy, sa femme, pour en faire et disposer à sa volonté, en la vie et en la mort ; et en cas advenant que ledit Josias Daneau décédât sans enfans de son légitime mariage, ou faire testament, ledit testateur lui a substitué et substitue la ditte de Péguy, sa femme, et mère dudit Josias, et ce pour en faire et disposer à son plaisir et volonté, sauf la somme de 200 escus, qu'il lègue au collège de Castre et pauvres de l'Église réformée d'ycelle par moitié, à chacun payable après la mort d'ycelle, assignés à prendre sur les biens et debtes qu'il a au pays haut du Langue d'oc; et laisse laditte Péguy tutrice dudit Josias, son fils, sans rendre compte de son administration. Et ce veut et ordonne estre son dernier nuncupatif testament, contenant sa dernière volonté et disposition de ses biens, qu'il veut valoir par disposition de droit, coutume du pays, ou autrement.Et eu a requis et prié tous les témoins sous nommés estre record, et à moy Jean Bonnefond (1. Bonafous), notaire de laditte villelni en retenir acte, ce quoy ay fait et récité es présence de M. B enoist Balarand, ministre de la parole de Dieu en l'église de castre; Jean Brissol (Bissol), garde-note de la ville de Castre; Jacques Yissol (Bissol), docteur ; Jean Gaubel (Bonel?), Pierre Vimerie (Domerc), Jacques Rascan (Rascas), Jean Sévéraq, docteur; sire François de

Radurée (?), bourgeois; Jean ba Brunie (La Prune), tous habilans de Castre, soussignés avec le testateur et moy Jean Bonnefond, notaire. Daneau, Balarand, Abessal {sic), Bissol, Savaray (sic), Gaubel, Rimerie [sic), La Prune, Rodoiric (sic), Rascas et Bonnefond. notaire.

Ainsi signé sur les registres dudit Bonnefond, de l'année 1595, duquel le présent extrait a été tiré par moy Jacques Cavaillé, notaire royal de laditte ville de Castre, acquéreur de l'office et papiers ayant appartenus audit Bonnefond, audit Castre. Ce onze may 1065. En foy de quoy j'ai signé : Cavaillé, notaire.

Page 1