‹ Lambert DaneauChapitre 91 sur 136 · L. DAN/EUS Josiai Simlero · texte numérisé non relu

L. DAN/EUS Josiai Simlero

De Genève le 23 septembre [1575] ^ — Eœ- autogr. in Msc.

fol. XXIV, p. 386, Arch. Hott. Bibl. Carol. à Zurich.

Sommaire. — Votre bonté envers Bastingins m'engage à vous recommander anssiB anao. Vulcanius, dont vous ne tarderez pas à découvrir le mérite supé-

3. Voici le texte du Digeste. D. XLVII, XI, de extraordinarius criminibus § 9 ll'lp lib. IX, de of/icio Proconsulis] Sunt quœdam, quœ more Provinciarum coërcitionem soient admiltere, ulputa in provincia Arabia (jxottsî.ktiiov (lapiduiii positioncml crimen apellant, cujus rei admissum taie est : plerique inimicorum soient prœdium inimici axoTteXiÇEcv, id est lapides ponere indicio futuros, quod si quis eum agrum coluisset, malo leto perituriis esset insidûs eorum, qui scopulos [ïxotîIXo-j;. lapides | posuissent; quœ, res tanlum timorem habet, ut nemo ad eum agrum accedere audeat^ crudelitatem limens eorum qui scopelismon fecerunt. Hanc rem Prœsides exequ' soient graviter usqua ad po^nam capitis, quia et ipsa res mortem comminatur.

4. Au-dessus de ces derniers mots, et d'une autre écriture, on lit le non\ de Cravol ou Gravot. — Gravot est un nom giénois. Nous avons parlé ailleurs d'Étîeîine Gravot martyr de Gien.

1. Josias Simler, théologien zurichois ne à Cappel en 1030, mort ])roresseur a Zurii'h le 2 juillet 1576. Il succéda, comme professeur ordinaire, à Pierre iVartijr, et (ut un des nombreux théologiens mêlés aux discussions sur les deux natures du Christ. Marie deux fois, il était devenu par là successivement gendre de Bullinger et de Rod. Gaultier.

2. Ce no peut être 1576, puisque Simler était mort au mois de sej^tciiibrc de celle

rieur. — Nous avons lu la Supplique que vous avez adressée, au nom de nos Églises, aux Princes Allemands. Nous en avons tous été extrêmement satisfaits. J'avais préparé iine réponse à la troisième dissertation de controverse ' d'André Musciiliis sur la Cène du Seigneur. Mais M. Goulard m'ayant montré la réponse que vous aviez vous-même écrite, j'ai supprimé la mienne. — Vtilcanius pourra vous donner de nos nouvelles. En France on parle beaucoup de paix, et rien ne paraît pourtant moins probable. Un des meilleurs chefs protestants, Montb<~un, a été ignominieusement mis à mort. Besme, l'assassin de l'amiral, a été pris par les soldats huguenots, et a subi le sort qu'avait subi autrefois son illustre victime. Je viens de recevoir vos deux derniers ouvrages. Je vous en remercie, car je sais bien, particulièrement par l'étude que je fais de votre Ethique, à quel point la lecture de vos ouvrages m'est profitable. Je vous envoie ma Réponse à VEpitre du parricide Charpentier. Saluez très respectueusenient de ma part M. Bullinger. Je salue aussi Gaultier, Lavater et les autres. Hotman vous fait saluer.

Fecit tua in Bast'imjium' Immanitas V. Cl. ut liiinc quoque Bcnavenluram Vulcan'uuii' qui apud me una cum Badlmjio fere [lerannum vixit, commendarejam confidenter auderem. Est quidem jter se singularisque ipsius eruditionis nierito doclorum omnium iavore dignus, sed tuo priiesertim quem mire pi'opler assiduas tuas in omni literarum génère lucubi'ationes colit. Quantum igitur sit Yulcaniu8 œtatis nostrœ oi'namenlum vel ex sola degustatione cognosces, doleoque et mihi, cui privatim plurimum prol'uit, et Academice noslrce, tantum virum tam cito prœtei'que omnium spem eripi. Ceterum \Qiï^\um?> Siipplicationem' a te nostrarum Ecclesiarum nomine scriptam ad Principes Germanos, qua nihil dici po-

année-là; ce ne peut être 1574, puisque Touvrage contre fiurfwaeus dont il est question dans notre lettre ne parut qu'en 1575.

3. Cet ouvrage, autant que nous pouvons le savoir, ne parut pas.

4. Jéréinie Bastingius, né à Calais eii 1554 de parents gantois réfugiés pour cause de religion, théologien distingué, helléniste, hébraisant, fut ministre à Anvers, jusqu'en 1585; habita ensuite Dordrecht, et devint enfin professeur à Leyde, où il mourut en 1598. — On voit qu'il avait été pensionnaire de Daneau. C'est à. lui, comme nous l'avons dit en son lieu, (lue Daneau dédia un de ses ouvrages. Voy. Bibliogr., n° 4.

h. Bonaventure Vulcanius, nom latinisé pour de Smet,né àBruges en 1528, secrétaire de François de Mendoza, évèque de Burgos dès 1559, puis de Ferdinand de Mendoza, son frère, archidiacre de Tolède, à partir de déc. 1566; rentré dans les Pays-Bas en 1570, mais pour peu de temps; établi à Bàle, puis à Genève, et publiant des traductions; puis à Anvers, où très probablement il se rend en passant par Zurich; enfin professeur de grec à Leyde, depuis 1578 et pendant Si ans. 11 y meurt en 1614. — D'après ce que dit Daneau, il semble avoir donné quelques leçons à Genève. Il y passa environ un an, et demeura chez Daneau. — il devint sans doute protestant après 157(1. Au reste, il eut toujours assez peu de religion.

test liuic et caiissoe et tempori convenientius. Itaqiie nobis iiniversis vehementer placuit, niihi vero impriinis, qui te nescio qua animi cvu-.vTàr/., vd potius inerilo tiio plurimum jampridem diligo. Hujus modi enim visa est, ut proplerea istorum lioniinum of,yÛMTy.Tw animi non possint irritari. Nova omnia a Smlderllno [Schmidelino] *^ hisnundinis Francof. expectamus, qiiaesi prodierint non modo tuum erit, sed omniïio necessarium ut illis respondeas. Hoc enim a te expectatur, quem Dominus tanquam Herculem quendam, et alhletaui invidum ad hujusmodi hominum monstra debellanda nostris leinporibus excitavit. Gum aliquando in manus meas Andrée Musculi (vix enim e tam lonpinquis rcgionibus ad nos istorum scripta deteruntur) tertia de Cœiia Domini disputatio incidisset responsum paravi, cum tuas ad superiora ejusdem scripta responsiones D. Goulardus'^ ostendisset, suppressi. Si quid tamen in posterum adversus eum meditaris, idque signifiées, quicquid opellaî nobis in ea re navatum est, mittam ad te, ut non tantum tuum judicium accédât, sed etiam ut de toto illo nugacis hominis scripto vcl omittendo vel jugulando constituas.

Quid novi hic geratur abunde tibi omnia narrabit Vuîcanius. In Gallia multus quidem de pace rumor, sed ejus ineundae desperala proisus ratio est, cum indies magis magisque utrinque intlammentur animi*. Nam nostros etiam audio in Germania vires novumque exercitura colligere. Hostes MonbruiHium^

6. Le texte porte, par erreur, S»nderti)io. Il s'agit du célèbre théologien wurtembergeois Jac. Andréae, né en 15"28, mort en 1590. J. A. était un ardent luthérien. Il eut la plus grande part à la rédaction de la Formule de Concorde. Dans les querelles dogmatiques qui séparèrent si profondément les deux grandes églises protestantes, il eut le rôle le plus actif. On le voit déjà à Paris en 1561, se rendant au colloque de Poissy, pour seconder le plan plus ingénieux qu'honnête du cardinal de Lorraine. On sait que les théologiens luthériens arrivèrent trop tard. Toute sa vie il a lutté pour le luthéranisme et contre la réforme. Daneau et lui eurent souvent alTaire l'un à l'autre. En 1586, il prit part, contre Rèze, au colloque de Jlontbéliard. Ajoutons qu'il a publié plus de 150 écrits.

7. Simon Goulard, de Sentis (I5i3-1G"28), pasteur à Genève depuis 1571 Voy. sur lui : France Protestante, V, 329 ss. — L'ouvrage qu'il montra à Daneau était peutêtre le suivant Responsio ad diias disputationes D. Xndreœ Musculi, de vera, reali, et suhstantiali prœsentia corporis Christi in Sacramento Altaris. Ti'^mï 1571.

8. La paix de Monsieur ne fut on effet signée que plusieurs mois après, le 6 mai 1576.

9. Charles du Puij-UJontbrun, intrépide capitaine huguenot, de la meilleure noblesse du Dauphiné. Voy. sur lui : France Prot. VI, 457 ss. et notamment p. 463 des détails sur sa condamnation et sur son exécution, le 1*2 août 1575. Il avait été fait prisonnier dans les derniers jours du mois de juillet, et sans doute, s'il n'avait eu l'honneur d'être

virum optimum et Ducem e nostris forlissimum quem e ^(w^st TToXpt'wv redeuntem iiiterceperant, vulneralum adhuc et pêne semimorlLiura contumeliose tamen trucidarunt. Caput illi sceteratoriim more publiée abscissum est, quo nostri magis lerrerentur. Sed hœc non suntconciliandaî pacis remédia, imoveremajoris incendii concitandi faces ardentissimas. Dominus sutc Ecclesia^ miserealur. Vides enim ex iis initiis, quse sit expectatio aut spes pacis. Bemius LoUtaringus ^" qui Ilamyralium Ileroem illuni nostiae œtatis singularem ex vulnere sclopi in lecl'ulo decumbentem cum armatorum caterva adgressus primus attigerat, a Rupellanis militibus captus est et pari pœna, plcbe etiam postulante, afYectus, qua Ghristiani nominis liostes in cadaver Ilamyi-alii, quia in vivum non poluerant, saBvierant in Lutetia. Ilœc te ignorare nolui, quse nobis sunt recentissima, et in quibus justaDei judicia cernuntur certe stupenda, per quoe ejusdem sccleris socii ad lesipiscentiam a Domino revocantur.

Accepi vero post lianim literarum partem jam exaratam, gratissimum munus tuum, nempe libellos illos duos, quos novissime edidisti; alterum VLd\'ei6us.]hidnaeiim^^ infelicem linereticum, Cbrisliani dogmatis interpolatorem : alterum adversus sacramentarios Germanos ex Patris BuUinrieri sciiptis '-. Quorum nomine tibi gratias ago vir mihi observandissime maximas. Ego vicissim quid rependam, non habeo, nisi me, quod res est, profitear jam plurimum in utriusque scripti lectione proi'ecisse ut in /Ethico tuo, quem assidue lego et diligenter. Valde enim placet. Mitto tibi munusculum, nempe /?esyyo>?.swm meum ad Carpenlarii parricidaî epislolam ^^ Ita enim bodie in nos et consiliis suis et manu sievit, ita

regardé par Henri III comme son ennemi particulier, il aurait été traité comme un prisonnier de guerre.

10. Besme, l'assassin de l'amiral, était tombé entre les mains des protestants. On avait pensé un instant à faire un échange entre Montbrun et lui. Henri lll n'en voulut point entendre parler. Besme réussit peu après à s'échapper. Mais bientôt repris, il fut mis a mort.

11. Voici d'après Nicéron (H. I. xxviii, 289 ss.) le titre de cet ouvrage : Asserlio Orthodoxœ Doctiinœ de Diialms iti Christo naturis opposita Blasphemlis Simonis Uudnœi, Tiguri 1575, 8°. Budnaeus était socinien.

12. Probablement l'ouvrage suivant : Ad septem acciisationis capita, quae quidam iiiquieti in capita coacervant ministroriim Tigurinae Ecclesiœ, H. Bullingeri Responsw, e Germanicoin Latimim versa per Josiam Simlerum. Tiguri, 1575, 8.

13. Voy. Bibliographie, n° 11 . Henri Bullinger, un des plus célèbres théologiens réformés de la Suisse, naquit à Bremgarten en 1501, devint pasteur à Zurich en 1528

in paU'iam furore quodam exarsit, ut eam piorsus perditam velit. Vellem hoc libelle recreaii posset Pater mihi venerandus D. Bulllngerus, quem officiosissime saliito, et superstitem Ecclesiae Domini diutis'ïime cupio. Saluto etiam perhumanifer D.D. mecs D.D. Gualtemm^'', Lavatenim^'' cl alios, Dominus Deus per iir;!i;-enitum filium suum, Dominum nostrum, tibi tuisque laboiibus benedicat. Vale, vir mihi observande. Datum Genevce IX Cal. Octob. (1575). Tuus ex animo et plus quam tuusL. Dan^us. Hottomauus " te salut at.

LAMB. DAN.EUS ad Josiara Simlerum.

De Genève le 19 décembre 1575. — Ex autogr. in Msc. vol. xxiv.

Arch. Hott. Bibl. Carol.

Sommaire. — J'ai reçu votre lettre, et aussi les Articles des Églises des Marches^ touchant la Cène du Seigneur. C'est Goulard qui me les a remis. 11 ne m'a pas encore été possible de les lire. Au premier abord il ne ma pas paru opportun d'y répondre. Toutefois je me propose d'essayer, me réservant de soumettre à votre jugement ce que j'en écrirai. Je répondrai article par article, plutôt que par un discours suivi. — Je crains bien que ci ne soit le repos qui ait amené en Allemagne de telles divisions quant à la foi. Les terribles épreuves de l'Église de France l'en ont tenue à l'abri jusqu'ici. Rien de

à Bremgarten en 1529, revint à Zurich en 1531 (aprèi la mallieureuse bataille de Cappel), y succéda à Zwingle comme Autistes, le 9 décembre de la même année, et y mourut le 17 septembre 1575, après un ministère aussi long que fructueux. — Daneau, on le voit, ignorait encore ce triste événement.

li. Rodolphe Gaultier (Walther ou Walter, Gualterus), né à Zuricii en 1519, devint prédicateur dans cette ville en 154-2, succéda à Bullinger comme Autistes en 1575 et mourut en 1586. Il était gendre de Zwingle.

15. Louis Lavater, né en 1527, dans le canton de Zurich, reçut une éducation particulièrement soignée et voyagea en Allemagne et en France. Rentré dans sa patrie, il devint prédicateur à la cathédrale en 15-50. Malgré l'offre qui lui fut laite, en 1564, <lc succéder, comme professeur en théologie, au célèbre Dibliaiider, il resta simplement pasteur, et exerça ces fonctions justju'à sa mort en 1586. — On trouvera ci-après des lettres de Daneau adressées à lui et au précédent.

16. François Hotman {France Protestante V, 525 ss.) professa le droit à Genève de 1573 à 1578. — Voy. ci-dessus, ch. iv, 8 I, au commencement.

Page 1