CHAPITRE II Temple nouveau
A toute puissance on demande ses titres, et c'est ce sur quoi les Juifs interrogent Jésus : ils le somment de prouver son autorité, sa mission. Que leur répond-il? Délruisez ce temple, et je le relèoerai en trois jours. Sur quoi saint Jean remarque qu't/ parlait du temple de son corps.
De quelque manière qu'on entende la parole de Jésus, toujours est-il qu'il s'allègue lui-même en preuve de lui-môme et ne s'autorise que de soi.
Il est clair aussi qu'entre lui et le temple, il établit une relation qui spécifie cette preuve et en fait la force. Or, en effet, Jésus était le temple nouveau qui devait remplacer l'ancien temple; et ce temple nouveau, les Juifs, en tuant Jésus, croyaient le détruire à jamais.
Mais, trois jours après, Jésus le relèverait; trois jours après, du pied de la croix partiraient ceux rjui, propageant la doctrine du Maître, introduiraient les peuples dans le temple bâti par lui.
Quel signe plus désisif, plus éclatant que celui-là? Qui aujourd'hui en demanderait un autre? Qui interrogerait le Christ sur l'origine de son pouvoir? Qui mettrait en doute sa mission ?
Or c'est ainsi, et non autrement, que se justifie toute mission divine. Préparée peu à peu, elle se
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produit à l'heure où les besoins des peuples l'ont rendue nécessaire, où chacun appelle de ses vagues désirs quelque chose qui manque, où la société entière, dans l'attente, sent tressaillir en soi comme un fruit mystérieux...
Il y a encore, il y a partout des puissances ennemies qui, dans leur frayeur de l'avenir qu'il a promis au monde, se concertent pour détruire son temple, mais il le relèvera en trois jours, et du leur il ne restera pas pierre sur pierre.