CHAPITRE III Voix de l'esprit
Il y a des doctrines de la chair et des doctrines de l'esprit. Gardez-vous des premières, elles conduisent les peuples à la servitude par l'écoïsme et la corruption.
Qui ne s'inquiète que du corps ne travaille que pour le corps, forge les fers avec lesquels il sera bientôt enchaîné! Malheur à qui entre dans la vie des sens, oubliant celle de l'âme!
Un homme, une nation qui en est là, qui s'est enfoncée dans la matière et s'en nourrit et s'en engraisse, savez-vous ce qu'elle fait? Elle prépare un festin pour les vers.
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veni ; c'est par elles que ce qui était 'mort renaît.
Ecoutez donc la voix de l'esprit, vous qui voulez renaître, qui voulez sortir du tombeau du vieux monde, plein de pourriture et d'ossements.
On ne sait doi^i elle vient, car ce n'est la voix de rien de connu ; elle ne part point des chaires publiques, des lieux où s'assemblent les hommes pour écouter le bruit stérile d'un enseignement sans vertu; elle est comme le soulïle du désert, dont personne ne peut dire : Il est né là.
On ne sait où elle va, ici aujourd'hui, ailleurs demain, partout où clic rencontre des oreilles attentives et des cœurs préparés. On ne sait où elle va, où elle conduit ceux qui se laissent guider par elle.
Sur son passage, les morts se lèvent et marchent vers une terre que leurs yeux ne voient point, mais qu'ils pressentent comme l'oiseau voyageur pressent les rivages où il trouvera un plus doux soleil et une pfiluro plus abondante.
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lui dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise.
La nature humaine aspire au Vrai, au Bien, à quelque chose que les yeux ne voient pas, que les mains ne touchent pas, pur aliment de l'âme ellemême; elle a soif de la vie : Jésus vient apaiser cette soif éternelle.
Ecoulement du Verbe divin, sa parole est la fontaine d'eau jaillissante où tous les peuples se désaltéreront, car ils voyagent sous un ciel brûlant...
CIJAPITKE V L'envoyé de Dieu
Au temps de Jésus, l'humanité était en grande soiiflrance. Elle souffrait de l'oppression, elle souffrait de la corruption, et, ses croyances s'étant éteintes, elle souffrait du vide ténébreux qui s'était fait au dedans de son âme.
A ces époques d'angoisse, elle sent que, pour revivre, elle a besoin d'un remède puissant, de quelque chose d'en haut, elle attend l'Envoyé de Dieu, et, lorsqu'il paraît, elle ne sait ce qu'il est, et lui-même ne le sait pas, car, s'il se sent homme, il se sent aussi au-dessus de l'homme par la vertu qui est en lui.
C'est ce qui se voit dans les paroles que Jésus adressait aux Juifs. 11 est sûr de soi, de sa
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mission. Sa foi est complète, absolue, comment (Jeviendrait-elle celle du monde?
Il croit donc en soi; mais qu'est-il? Il est le Fils de l'homme, il est le Fils de Dieu; et tout cela est vrai, il ne saurait douter qu'il soit Dieu et que Dieu soit en lui ; il ne saurait non plus douter qu'il soit homme et que Ihumanilé soit en lui.
Et ainsi, en se disant Fils de Dieu, et en se disant Fils de Ihomme, il dit ce qu'il sait, et il le faut croire. Mais croire pourquoi? Sur quel témoignage? Sur le témoignage de Jean? Il y a un plus grand témoignage que Jean : le témoignage des œuvres, qui est le témoignage de Dieu même.
Et quelles sont ces œuvres qui rendent témoignage que Jésus est vraiment envoyé par le Père?
« Tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fils de Dieu, et s'en iront, ceux qui ont fait le bien, dans la résurrection de la vie; ceux qui ont fait le mal, dans la résurrection du jugement. »
Or, les nations ont-elles entendu dans leurs sépulcres, dans la pourriture où elles gisaient, la voix du Fils de Dieu? S'en sont-elles allées, celles qui ont fait le bien, qui ont pris sa parole, dans la vie; celles qui ont fait le mal, qui ont repoussé sa loi dans la résurrection du jugement?
Est-ce que celles-ci ne sont pas tous les jours jugées sous vos yeux? Est-ce que les autres n'ont pas en elles-mêmes une vie qui s'épand, (jui déborde
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comme une mer que ne contiennent plus ses rivages?
Voilà les témoignages des œuvres, le témoignage du Père? Qu'il vous sulTise, et ne demandez point comme les Juifs endurcis un signe dans le ciel.
Vous avez sur la terre un signe qui se voit d'un de ses pùles à l'autre.
cuAPiTnE vin La femme adultère et la loi de grâce
Les Scribes et les Pharisiens, cherchant un prétexte pour accuser Jésus, croient le trouver dans sa douceur même et sa miséricorde. Ils lui amènent une femme surprise en adultère, et rappelant que la loi de Moïse ordonnait qu'elle fût lapidée, ils lui demandent ce qu'il dit lui-même.
Que répondra Jésus? Dira-t-il : Qu'on fasse ce qu'ordonne la loi? 11 dément ses maximes, il autorise des rigueurs contraires à l'esprit de son enseignement, à sa conduite si pleine d'indulgence et de compassion tendre, il n'est plus celui qui vient non pour perdre, mais pour sauver, non pour condamner le pécheur, mais pour qu'il se repente et quii vive.
bira-t-il : Renvoyez celte femme? Aux yeux du peuple, il viole la loi, il se déclare contre Moïse, le protecteur du péché même.
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Que fera-t-il donc? Il se tait, et, se baissant, il écrit sur la terre avec le doigt. Il se tait, parce quil sait qu'on nel'interroge qu'avec une intention mauvaise, que pour abuser de sa réponse, quelle quelle soit. Il écrit sur la terre, parce qu'il n'y a point là de cœur oîi il puisse écrire ce qu'il y a dans le sien.
Cependant les Scribes et les Pharisiens, les hypocrites continuent de le presser; il faut qu'il s'explique.
Alors il se redresse; le Fils de l'homme reparaît dans sa majesté : Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre. Et tous s'en vont; tous, les plus vieux d'abord, fuient devant leur conscience que le Christ vient d'évoquer.
La femme reste seule avec lui : « Où sont ceux qui vous accusaient? Quelqu'un vous a-t-il condamnée? — Personne, Seigneur. — Ni moi non plus, je ne vous condamnerai. »
Voilà le pardon, la loi de grâce, la loi du Christ, humaine et divine au même degré : « Allez et ne péchez plus. )> Voilà la réprobation du péché et le repentir qui l'efface.
Comprenez maintenant la justice et comprenez la charité! Voire frère a failli, soit; qui ne faillit point? et qui de vous osera lui jeter la première pierre'^ Ne soyez pas plus endurci que les Pharisiens et les Scribes; au souvenir de vos propres fautes, de tout ce qu'il y a d'infirme en vous, sortez du temple et laissez voire frère seul avec Jésus.