LETTRES ET APPRÉCIATIONS ÉPISCOPALES. VII
là mes regrets de n'avoir pu réussir. Si vous avez su dépeindre noire grand évéque de Perpignan comme philosophe, comme poëte, vous avez su le montrer admirable dans son épiscopat.
Je vous remercie de nous avoir peint le cœur aimable, la nature fine et délicate, l'esprit rempli de pénétration de votre héros, cpie Sainte-Beuve appelait « l'un des hommes les plus « savants, les plus distingués et les plus vraimenl aimables « que puisse citer lÉglise de France ».
Si Sainte-Beuve, mon cher chanoine, eût connu vos pages si bien inspirées, il vous eût décerné les mêmes éloges, et je vous les décerne à sa place.
Agréez, mon très-cher chanoine, l'assurance de mes meilleurs sentiments.
f Ferdi>î.\nd, Gard. Doxnet, Archev. de Bordeaux.
Bordeaux, le 22 novembre 1882.
Mon bien cher chanoine,
Dans votre lettre du 4 novembre, accompagnant la biographie de NN. SS. Gerbet et Salinis, vous vous félicitez de ce que je vous ai donné une preuve que la mort de Sa Grandeur Mgr de la Bouillerie n'a point diminué la bienveillance qu'EUe avait su m'inspirer pour vous. Certes, sa seule recommandation était pour moi un titre sûr, mais vous en avez d'autres et auxquels on ne saurait résister : votre piété, votre talent et votre ardeur infatigable pour le travail. Lamennais, Gerbet et Salinis, Lacordaire, et tout récemment encore notre si regretté Coadjuteur, n'accusent-ils pas en vous une fécondité inépuisable d'esprit et de cœur, et un louable emploi des instants que vous laissent vos fonctions à la Faculté théologique d'Aix?
Quant au volume que vous m'avez envoyé en hommage, et qui est intitulé Gerbet et Salinis, je vous félicite d'avoir ainsi uni ces deux hommes éminents que Dieu avait créés pour ne faire qu'un cœur et qu'une âme.
vni LETTRES ET APPRÉCIATIONS ÉPISCOPALES.
Il y avait là un éciieil sérieux, celui de vous répéter, pour ainsi dire, à chaque page. Cet écueil, vous l'avez évité, et vos deux héros, vivant de la même vie du cœur, conservent cependant leur physionomie particulière, physionomie ravissante qui inspire la plus haute estime et pour leurs vertus et pour leur magnifique talent.
Je vous remercie également d'avoir rappelé, avec ime délicatesse exquise, ce que j'ai fait pour l'abbé de Salinis dans une circonstance vraiment critique. C'est, en effet, un de mes plus doux souvenirs que celui d'avoir deviné les services que ce grand cœur pouvait rendre à l'Église en général, et à l'église de Bordeaux en particulier.
Recevez donc, mon très-cher chanoine, et mes félicitations et mon approbation d'ailleurs si bien méritée.
7 Ferdinand, Card. Donnet, Arckev. de Bordeaux.
Lettres de Son Éminence le cardinal Guibert,