I^MENNAIS
commandera toujours, d'une façon spéciale, à tous ceux qui tenteront plus tard de réconcilier Féli avec TEglise, mais tous ne Técouteront pas. Nombre de prétendus guérisseurs n*obéissant qu'à leur zèle indiscret s'appliqueront moins à verser l'huile sur les plaies du blessé, à Texemple du bon Samaritain, qu'à les irriter par un pansement inintelligent et brutal, et les rendront incurables.
L'abbé Teysseyre continue de donner à Jean des nouvelles du pauvre Féli :
« Ce 17.
« Votre bon frère languit toujours,
on croit même qu'il dépérit depuis quelque temps; il demande toujours d'aller à la Chênaieet moi, je refuse toujours impitoyablement cette demande, craignant que la mélancolie ne le ronge encore dans la solitude. // est simple et docile comme un petit enfant ^avec l'esprit le plus indépendant et l'ima^
d'après des documents inédits to
gination la plus vive que je connaisse. Cependant quelques personnes semblent croire que Tair de la campagne et Téloignement du théâtre des affaires où tout le tourmente et le crucifie pourrait être utile à sa santé. Pesez cela devant Dieu, car vous le connaissez mieux que personne. Il travaille à son ouvrage sur Tlndifférence qui sera de nature à produire une grande impression. »
La docilité d'un enfant jointe à Tesprit le plus indépendant, voilà ce qui caractérise Lamennais à cette époque. La première ne lardera pas à disparaître; le second seul restera et restera jusqu'à la fin. Lamennais était de ces hommes qui passeraient volontiers leur vie tout entière dans les limites du cercle de Popilius, à la double condition de les tracer eux-mêmes et de les franchir quand bon leur semblerait, mais qui se sentiraient à Tétroit dans un royaume dont il leur serait interdit de dépasser la frontière.
Voici une dernière lettre du saint abbé Teysseyre, à M. Jean de Lamennais, elle est dy i j janvier 1817,