‹ Lamennais, d'après des documents inédits [microform]Chapitre 21 sur 87 · VI · texte numérisé non relu

VI

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I transparente, afin que chacun pût y lire mes sentiments les plus secrets. On y verrait avec un dévouement plein d'amour pour le St-Siège, un respect profond pour Tépiscopat, et une soumission qui- n'a d'autres bornes que celle due avant toutpar tousles catholiques aux Pontifes Romains. Voilà sur ce point ma profession de ^c:, et ) espère y demeurer fidèle jusqu'à mon dernier soupir (i). Oh ! que Tétat du Catholicisme changerait parmi BOUS, si Ton aimait par-dessus tou.e chose Jésus- Christ et son Église ! Prions-le c 'allumer luimême ce saint amOiir dans tous les cœurs.

« Je vous réitère, Monsieur, l'assurance des sentiments respectueux et de la gratitude avec lesquels j'ai l'honneur d'être, etc.

« F. de la Mennais. »

Quinze jours plus tard, l'abbé Jean écrivait de Rennes à Madame de Vaufleury, à Laval.

(l) Esipoir dont personne n'a le droit de suspecter la sincérité, bien qu'il dût être si tôt, si cruellement, si volontairement déçu. L'esprit humain, souvent à son insu, est un abîme de faiblesses et de contradictions. En présence de lextrémc fragilité de notre pauvre nature, nous ne pouvons que trembler et redire avec Si Paul : « Qui se existimat stare vidtai ne caJat. » (i Cor. x. 12.}

« Rennes, le 24 Avril 1821.

« Madame,

« J'ai l'honneur de vous envoyer, comme Je vous

Tai promis en passant à Laval, mercredi dernier,

lalettrede mon frère àM. le marquisd'Albertos(i),

vous pouvez la montrer, mais sans en laisser

prendre de copie par personne, car on pourrait

Taltérer involontairement, ou la rendre publique,

ce qui n'est pas dans l'intention de mon frère :

il sait souffrir en silence et en paix ; les discussions

purement personnelles lui semblent avoir presque

toujours plus d'inconvénients que d'avantages.

« Je suis heureux de pouvoir vous offrir de nouveau. Madame, l'hommage du respect profond avec lequel je suis

« Votre très humble et très obéissant serviteur,

« L'ab. J.-M. de la Mennais. »

Lamennais était l'un de ces hommes à l'égard de qui on ne saurait demeurer indifférent, pour

^1) Celle que nous venons de lire.

= rit

peu qu'on s'occupe d'eux : profondément sympathiques ou antipathiques, on les aime ou on les hait à plein cœur, parce qu'eux-mêmes ne savent ni aimer, ni haïr à demi. C'est ainsi que nul, plus que lui, n'eut de partisans dévoués, enthousiastes, ou des adversaires plus irréconciliables : il symbolisait la cause dont il s'était fait le champion, dès lors les sentiments que l'on éprouvait à l'égard de celle-là se reportaient naturellement sur la personne de celui-ci.

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