‹ Lamennais, d'après des documents inédits [microform]Chapitre 57 sur 87 · II · texte numérisé non relu

II

Or, en fouillant ce trésor inappréciable, nous avons trouvé des documents du plus haut intérêt que nous jugeons à propos de publier dès à présent, bien que cela nous oblige à remanier complètement ce qui reste encore à imprimer de notre manuscrit. Nous pensons que personne ne nous saura mauvais gré, la cause étant toujours pendante, d'introduire de nouveaux documents, de nature à la faire mieux connaître et à permettre par suite au lecteur, désireux de porter sur Lamennais un jugement aussi éclairé qu'impartial,

de ne prononcer son verdict qu\iprès avoir entendu' tous les témoins à charge et à décharge.

La halle que nous venons de faire ne nous aura pas été inutile, si nous avons su en profiter pour retremper notre courage : c'est l'oasis où se repose le voyageur déjà fatigué par un long chemin, avant de reprendre sa course et de s'enfoncer dans les profondeurs d'un désert aride et brûlant où il ne doit plus rencontrer désormais que tristesse, amertume et désolation.

Lors du dernier voyage de Féli à Rome, M. Jean de Lamennais écrivait de Redon, le 22 Mars i832,

i>'après des documents

INEDITS

" ^°"' ^°^'ons de chez le Pape n„; reçus avec infiniment de bonté et au, n.

" ''onné à chacun une médaille I,;Car-.

« «a bénédiction pour toi et n °""'

- qui son, A ^ ""■ '°"' ^'' <="fantS

qu. sont dans tes écoles. Nous avons été présen « tés par le cardinal de Roh.n • ^

» toutes sor,. A u ' 'î"' ^ "^^ pour nous

toutes sortes de bons procédés. Nos ennemis

«enaient fort à ce que nous n'eussions padaT

'-'.enceetdepuisnotrearrivéeilsassuraienthautr " """7'^ "°- "•- -n-ons pas. Elle nou a .;

« ccordee de très bonne grâce, surlademandeVu

-nous en avons faite directement au cardinal Ber «nettt. On a aussi remué ciel et terre pour enfpé

les ront néanmoins, nous en avons la certitude " Seulement, il est à croire que cet examen sera

(l) Elle doit être placée av:,nt . n , ..,

Placée avant celle pubhée page 298 du L^ volume.

« long, à cause de la lenteur avec laquelle tout se <( fait ici et de l'importance de la chose elle-même. «Tu recevras cette Ititre «e peu tard parce « qu'elle voyagera avecLacordaire, qui part aprèsce demainpour retourner à Paris. Montalembertqui «« tient à voir Htalie plus en détail ne partira qu'en « Août ou Septembre, et moi, je reste pour suivre « notre affaire. J'irai loger chez le P. Ventura dont « le zèle et l'amitié sont au-dessus de ce qu on peut « dire... (i) »

« Je vous prie de communiquer cette lettre à M. Blanc, qui lui-même la communiquera à M. le Recteur de Malestroit.

« A bientôt...

« Tout à vous, cher ami,

« Jean. »

Lamennais avait publié sa lettre de soumission à TEncyclique du ,5 Août i832. L'évêque de Pamierslui écrivit â ce sujet la lettre suivante- il lui avait d'ailleurs lui-même écrit quelque temps auparavant.

(.) Cf. Forgues II. p. 23, et la note i. - Blaizc. Il, p. ,00.

d'après des documents inédits

« Pamiers, 2 octobre i832.

« Monsieur l'Abbé,

" ^^ ^'"'' ''°"°r^'"« que j'ai reçue de vous souscrite (sic) par les généreux émules de vos gloneux travaux, me flatte au-dessus de toute expression.

" En nViutéressant, M. J'Abbé, au succès de vos .mmenses entreprises pour la défense de la , f "°^ P'"'"' «"^q"ée de nos jours par toutes les forces réunies de l'enfer, j'ai voulu en quelque sorte satisfaire au cri de ma conscience, en même temps qu a une partie de l'infinie reconnaissance que vous devront à jamais les Catholiques de tous les pays.

« Votre déclaration si prompte, si simple, si franche, s, respectueuse, publiée d'après le désir présumé, je crois, plutôt que formel, du Chef suprême de l'Église, déclaration qui n'est d'ailleurs que l'expression fidèle des sentiments et des principes qui se manifestent à chaque page de vos sublimes écrits, vous élève, M. l'abbé, au lugement de tout être qui sait penser, de toute la

hauteur dont vous voudriez pouvoir descendre, sans manquer à la foi, ou plutôt elle vous maintient dans le titre d^minemment catholique (sic), titre bien supérieur à celui de premier génie du siècle, que personne na pu vous disputer : voilà les consolations que. vous emporterez dans votre retraite. « Cette retraite, M. labbé, ne sera pas de longue durée; bientôt, j'en ai le plus vif pressentiment, oui bientôt, mais après une courte et vive tourmente, les catholiques, pêle-mêle avec les fauteurs de tout désordre de quelque genre qu'ils soient, iront, la rougeur sur le front, vous arracher i Toue solitude, pour rétablir dans toute sa splendeur le fanal qui parait avoir été destiné par la Providence, dans ces derniers temps, à éclairer et à conduire les fidèles à travers les nombreux écueils de la mer si houleuse de ce monde.

« Votre digne ami, M. Combalot, qui nous a tous charmés et enlevés dans une retraite ecclésiastique, la plus belle et la plus féconde en heureux résultats qui ait jamais été faite ici, nous a ftit Comprendre tout ce qu'il était possible d'espérer d'un sujet formé sous un si habile Maître;

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